ARCHIVÉ - Meilleures normes en sécurité aérienne grâce à une approche scientifique
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Le 05 mai 2005 — Ottawa (Ontario)
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| Aéronef expérimental employé pour la recherche sur la corrosion attribuable au vieillissement et pour des études analogues. |
Dans quelle mesure un avion est-il sûr? Au bout du compte, cette sûreté dépend de la manière dont il est conçu, testé puis entretenu. Au dire de l'équipe du programme des aéronefs vieillissants de l'Institut de recherche aérospatiale du CNRC (IRA-CNRC), âge et usure peuvent aussi agir sur la sûreté de l'appareil. De concert avec des chercheurs du monde entier, les membres de cette équipe s'efforcent d'établir comment l'âge et l'environnement affectent les organes des aéronefs et les matériaux dont ils sont faits. Ces travaux devraient aider les concepteurs et les équipes de maintenance à adopter une approche plus scientifique à l'entretien des avions.
« Le but du programme sur le vieillissement des aéronefs est d'anticiper ce qui pourrait survenir quand un appareil prend de l'âge », déclare Nick Bellinger, chef du groupe des structures à l'IRA-CNRC. Une tâche intimidante si l'on songe qu'il faut tenir compte du type de modèle, des matériaux, des procédés de fabrication, de l'usure, du nombre d'heures de vol, des conditions environnementales et de la détérioration liée à l'âge. « Quand on crée un avion, on lui fait subir des essais à grande échelle, explique le chercheur. De ces essais, on peut prévoir où des fissures apparaîtront alors que l'aéronef prend de l'âge. Mais ce faisant, on oublie la détérioration qui peut résulter des conditions ambiantes. »
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| Exfoliation. Le métal se délite à la surface de l'aile d'un avion à la suite d'un stress induit de manière artificielle. |
Une équipe de chercheurs de l'IRA-CNRC a compris qu'on avait besoin d'une approche plus exhaustive pour évaluer la sûreté des appareils. Elle a donc mis au point le procédé HOLSIP (pour Holistic Structural Integrity Process ou processus holistique d'analyse de l'intégrité structurale) qui permet d'appuyer les évaluations sur des bases scientifiques. « Le procédé HOLSIP est un nouveau paradigme sur la durée de vie sécuritaire qui nous aidera à mieux établir quand telle ou telle pièce doit être inspectée, a poursuivi M. Bellinger. Les analyses sur l'appareil nous apprennent comment la corrosion ou le temps l'affectent, ce qui pourrait nous amener à ne pas toujours chercher au même endroit. » Le procédé HOLSIP s'inscrit dans un projet coopératif auquel participent David Hoeppner, de l'Université de l'Utah, et Craig Brooks, de la société Analytical Processes and Engineering Solutions, du Missouri. Chaque année, le CNRC co-organise un atelier où quelques-uns des plus grands spécialistes de la sécurité aérienne du monde viennent discuter de la sûreté des aéronefs. Tenu en mars cette année, l'atelier portait sur la nucléation, soit la naissance des fissures sur les composants des aéronefs.
Le procédé HOLSIP et d'autres outils d'analyse mis au point par l'équipe du CNRC ont été présentés au monde de l'aérospatiale à l'occasion de l'Aging Aircraft Conference de 2005, qui s'est déroulée en février dernier à Palm Springs, en Californie. « Nous avons monté un kiosque traitant principalement du vieillissement des appareils ainsi que des technologies et méthodes que nous avons conçues pour aider les gens à mieux évaluer ce qui se passe dans l'avion », poursuit Nick Bellinger. Les ministères de la Défense britannique, australien, américain et canadien ont d'ores et déjà adopté le procédé HOLSIP. Concepteurs et sociétés de maintenance pourraient également se retrouver parmi les utilisateurs de cet outil.
« Une gestion de l'intégrité structurale des appareils tenant compte des incidences distinctes et combinées de la surcharge, de la fatigue et des dommages accidentels ou environnementaux fait partie de la politique actuelle qui s'applique aux avions militaires du Royaume-Uni et elle constitue l'objectif des recherches à venir. Dans l'élaboration de cette approche, nous ne pouvons passer sous silence l'importante contribution et aide du CNRC. »
R.B. Eckersley
Ministère de la Défense du R.-U.
« On garde les aéronefs en vol plus longtemps que prévu principalement à cause de ce qu'il en coûterait pour les remplacer, reprend le chercheur. La méthode que nous avons inventée permet d'établir quoi faire lorsqu'on découvre des dommages inattendus. Doit-on réparer? Peut-on laisser les choses telles quelles? Et s'il faut remplacer la pièce, dans combien de temps le problème réapparaîtra-t-il? »
Le CNRC oeuvre avec des collaborateurs des secteurs privé et public pour essayer de résoudre la gamme de problèmes liés au vieillissement des appareils, y compris les dommages résultant de la corrosion et de la fatigue. En élaborant des modèles mathématiques et des outils pratiques servant à prévoir et à évaluer la sûreté des aéronefs, les chercheurs du CNRC espèrent que l'industrie aérospatiale abandonnera l'approche voulant qu'on ne répare que ce qui casse, pour une approche plus proactive sur le plan de la maintenance. Cette façon de voir résultera sans aucun doute par des économies de temps et d'argent et ultimement par une amélioration de la sécurité aérienne.
Liens suggérés :
- Domaines de recherche du CNRC: Aérospatiale
- L'Institut de recherche aérospatiale du CNRC
- Structures des aéronefs vieillissants, Institut de recherche aérospatiale du CNRC
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