ARCHIVÉ - Un demi-siècle de service pour un chercheur du CNRC

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Le 04 octobre 2004 — Ottawa (Ontario)

Si M. Keith Ingold, chercheur émérite au CNRC, avait sa propre carte de collection comme en ont les athlètes professionnels, les auteurs célèbres et même certains artistes canadiens, on y retrouverait quelques chiffres étonnants.

M.  Ingold.

Carrière : chercheur depuis 50 ans au CNRC.
Publications : 520 pour l'instant
Influence : classé parmi les chimistes les plus cités par Thompson ISI.
Intérêts en recherche : chimie des radicaux libres, d'une grande importance en chimie industrielle (production de lubrifiants qui ne se dégradent pas et de polymères comme le polystyrène) et en santé humaine (on associe les radicaux libres au cancer et aux maladies cardiovasculaires).
Principaux honneurs : 33 majeurs dont l'Ordre du Canada, le prix Izaak Walton Killam et la médaille d'or en sciences et en génie du Canada de 1998.
Actions au nom de la science : premier humain a avoir pris de la vitamine E deutériée, à savoir sciemment modifiée avec du deutérium (un isotope de l'hydrogène employé dans les réacteurs nucléaires) pour en suivre le trajet dans le sang.

Des admirateurs se sont récemment réunis à Ottawa pour souligner les succès du scientifique et lancer la Série de conférences Ingold, ainsi baptisée en son honneur. M. Ingold a lui-même donné le coup d'envoi à cette série d'exposés.

Keith Ingold a débuté sa carrière au CNRC en tant qu'étudiant post-doctoral à ce qui s'appelait alors la Division de la chimie. Pour les profanes, la chimie est cette science qui s'intéresse à la structure, à la composition et aux propriétés de la matière ainsi qu'aux réactions entre les composés. La simplicité que suppose cette explication réductrice est trompeuse, car les possibilités – la synthèse de nouvelles molécules aux propriétés différentes, par exemple – sont pratiquement infinies. Ainsi, non seulement compte-t-on une multitude de réactions chimiques différentes, mais chacune de ces réactions engendre des composés intermédiaires qui réagissent avec d'autres substances. Les radicaux libres font partie de ces composés intermédiaires et M. Ingold y a consacré les 50 dernières années de sa vie (lire l'encadré pour en savoir plus sur les radicaux libres).

 
 
Radicaux libres
 
 

Un radical libre est une molécule ou un atome possédant un électron privé de son compagnon.

 
 

L'absence d'un électron signifie que le radical libre peut « attaquer » les molécules ou les atomes voisins pour leur ravir l'électron qui lui fait défaut, donc les endommager et susciter d'autres réactions.

 
 

Si on les maîtrise cependant, les radicaux libres peuvent devenir un instrument fort utile.

 
 

Les fabricants de plastique (polystyrène, polyéthylène, polypropylène) recourent aux réactions chimiques initiées par des radicaux libres pour obtenir leurs produits.

 
 

À son arrivée au CNRC, l'un des premiers projets de Keith Ingold consistait à étudier les phénomènes d'oxydation dans les huiles à moteur, réaction chimique commandée par les radicaux libres. Durant l'oxydation, l'huile perd vite ses propriétés lubrifiantes, si bien qu'à l'époque, l'huile devait être renouvelée fréquemment et en grande quantité. Si le moteur des automobiles d'aujourd'hui tolère des températures plus élevées et fonctionne plus longtemps sans changement d'huile, on le doit en partie aux travaux de M. Ingold. Ce dernier a expliqué que personne avant lui n'avait vraiment cherché à comprendre le fonctionnement des radicaux libres.

« On le connaissait, mais de manière fort générale. Or, savoir qu'une chose existe n'est pas très utile. Je voulais en apprendre davantage sur le phénomène. Par exemple, identifier les réactions, préciser leur vitesse et voir si on pouvait les freiner avec des anti-oxydants », a-t-il expliqué. L'introduction des anti-oxydants en chimie industrielle mise à part, M. Ingold a contribué à des études majeures qui ont clairement démontré la puissance de la vitamine E comme anti-oxydant chez l'être humain, découverte qui pourrait avoir des répercussions sur la santé.

L'envie de définir et de quantifier avec précision les mécanismes dans lesquels interviennent les radicaux libres sous-tend l'ensemble de l'oeuvre et de la carrière de Keith Ingold. Elle explique aussi pourquoi les travaux du chercheur sont si souvent cités. De ses efforts est née une sorte de « manuel » à l'intention des autres scientifiques qui étudient et cherchent à modifier les radicaux libres. « Mon travail, a poursuivi le chimiste, consiste à réfléchir et à développer mon raisonnement jusqu'à la découverte d'outils et de méthodes qui aideront d'autres chercheurs à effectuer des expériences utiles dans leurs propres tentatives en vue de résoudre un problème. »

M. Keith Ingold
M. Keith Ingold

Cette démarche a notamment débouché sur l'élaboration d'une technique de dosage des radicaux libres par un spectromètre à résonance paramagnétique électronique désormais couramment employée dans le monde, ainsi que sur la création de la première source chimique écologique du radical anionique d'un superoxydant, principal radical formé chez l'être humain.

À l'aube de sa cinquantième année au CNRC, M. Ingold n'envisage pas mettre un terme à ses réflexions, ni à ses rêveries sur des problèmes en chimie et leurs solutions, si bien qu'il continuera de concourir et de collaborer aux projets que poursuivent d'autres chercheurs du CNRC et ses partenaires de l'extérieur.


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