ARCHIVÉ - Eliezer Gileadi reçoit le Prix et la Bourse Herzberg

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Le 04 mars 2004 — Ottawa (Ontario)

Questions et réponses

CNRC : Dans votre discours d'acceptation du prix Olin Paladium 2003, vous avez souligné la nécessité pour les chercheurs de remettre en question les hypothèses et de rester « alertes et critiques ». Pouvez-vous élaborer davantage sur ce point et nous dire quelle sorte d'impact cette attitude a eu sur vos travaux?

Eliezer Gileadi
Eliezer Gileadi

Eliezer Gileadi : J'aime utiliser la devise suivante : pour créer, il faut d'abord critiquer les idées reçues. C'est l'idée que j'ai pratiqué pendant toutes les années consacrées à la recherche et à l'enseignement. On doit respecter ce que les autres ont fait et l'apprendre minutieusement, tout en gardant un esprit ouvert à la possibilité que des erreurs ont pu être commises et que des points importants ont pu passer inaperçus. En bref, c'est ma recette pour le progrès.

CNRC : Vous travaillez dans la recherche qui a trait aux piles à combustible depuis les années 1960 et vous avez vraisemblablement une vue unique du secteur. Pouvez-vous partager certaines de vos idées concernant les perspectives d'avenir pour la technologie des piles à combustible?

Eliezer Gileadi : Les piles à combustible sont probablement l'une des nouvelles technologies les plus prometteuses, mais la promesse est encore assez éloignée de son aboutissement. La recherche sérieuse sur les piles à combustible, qui a commencé vers 1959 et se poursuit avec une intensité variable depuis ce temps-là, n'a pas encore mené à un produit convenable applicable à son marché le plus lucratif, celui de la voiture électrique. On a fait des progrès importants et certains projets de R-D industriels ont mené à des produits apparentés. Une nouvelle compréhension de la théorie et de la pratique des électrodes poreuses de diffusion de gaz nécessaires aux piles à combustible ont amené des améliorations significatives dans les électrodes utilisées dans différentes piles.

CNRC : À votre avis, quels sont les principaux défis techniques auxquels sont exposés l'industrie ou les domaines qui nécessitent des améliorations?

Eliezer Gileadi : Le meilleur combustible est sans conteste l'hydrogène. Mais les problèmes inhérents associés à l'entreposage et au transport de ce combustible peuvent être insurmontables. Le meilleur combustible suivant est le méthanol. C'est un liquide, qui se prête bien à l'entreposage et au transport en utilisant l'infra-structure qui existe déjà pour la distribution de l'essence. Mais son activité dans les piles à combustible est très inférieure à celle de l'hydrogène et c'est là que se situe le défi. Alors :

  • Il faut trouver de meilleurs catalyseurs qui sont moins dispendieux.
  • Il faudra développer des membranes qui peuvent retenir l'eau à des températures élevées (150-200 ºC).
  • Il faudra régler les problèmes de gestion de l'eau des deux côtés de la membrane, du transfert de chaleur et de la réactivation des catalyseurs in situ.

Dans l'ensemble, il faudra que se produisent plusieurs percées scientifiques dans les domaines de la catalyse, de la technologie des membranes et d'autres aspect des piles à combustible avant que celles-ci puissent réellement faire leur apparition sur le marché des consommateurs.

CNRC : On décrit souvent les piles à combustible comme des systèmes qui réunissent un grand nombre de technologies pour créer un produit. Quelles sortes d'applications prévoyez-vous pour ces technologies à l'extérieur des usages immédiats dans les systèmes de piles à combustible?

Eliezer Gileadi : Le développement des piles à combustible est effectivement un sujet interdisciplinaire qui exige la participation de nombreuses disciplines, à partir de la théorie des catalyseurs, en passant par l'électrochimie, la corrosion, la science des matériaux, jusqu'au transfert de chaleur et à l'hydrodynamique. Il est difficile de deviner quelles retombées pourraient découler d'efforts considérables de développement investis dans les piles à combustible. Il n'y a cependant pas de doute qu'il y aura de nombreuses technologies nouvelles dont on pourra retracer l'origine au développement des piles à combustible.

CNRC : Vous est-il déjà arrivé de collaborer avec le CNRC dans le passé?

Eliezer Gileadi : Chaque été ou presque depuis 1993, je me rends à l'ITPCE-CNRC où je donne des conseils et procure mon aide sur une vaste gamme de projets de recherche. Ainsi, j'ai participé au développement d'un nouveau système de spectroscopie (ATR-FTIR ou spectroscopie par transformée infrarouge de fournier à réflectance totale atténuée) beaucoup plus sensible et plus polyvalent que les systèmes actuellement en usage. D'autres projets concernaient la recherche de catalyseurs plus efficaces et moins onéreux pour les systèmes de piles à combustible à basse température dotées de membranes échangeuses de protons (MEP), notamment celles fonctionnant au méthanol, à savoir les piles à méthanol à combustion directe (PMCD). J'espère que cette collaboration se poursuivra même lorsque j'arriverai au terme de ma bourse Herzberg, en 2004.


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

Restez branché

Flickr Abonnez-vous