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Volume 17, Numéro 3
septembre 2012

Contrer la pénétration du radon dans les bâtiments

Gaines servant à la dépressurisation active de la dalle du sous-sol et moniteur de radon

Figure 1. Gaines servant à la dépressurisation active de la dalle du sous-sol et moniteur de radon

Une recherche scientifique récente réalisée par le Bureau de la radioprotection de Santé Canada estime qu’environ 3 000 décès dus au cancer du poumon au Canada chaque année pourraient être associés à une exposition au radon à l’intérieur des bâtiments. Selon une étude nationale, environ 7 % des maisons canadiennes ont des niveaux de radon qui dépassent la directive de Santé Canada.

Le radon est un gaz radioactif incolore, inodore et insipide qui provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans le sol. Il peut pénétrer dans un bâtiment partout où celui-ci est en contact avec le sol, souvent à travers les fondations. Les concentrations de radon varient considérablement d’un bâtiment à un autre.

Le Conseil national de recherches du Canada et le Bureau de la radioprotection de Santé Canada ont lancé une étude en laboratoire qui s’échelonnera sur plusieurs années pour réduire les risques pour la santé associés aux gaz radioactifs émanant du sol. En se basant sur les résultats de cette étude, les chercheurs élaboreront des solutions pratiques qui pourront être adoptées par les propriétaires, les entrepreneurs et les gestionnaires de petits bâtiments, et par tous ceux qui sont responsables de la réglementation du bâtiment.

Au cours des trois prochaines années, les chercheurs du CNRC et de Santé Canada tenteront de répondre aux questions clés suivantes :

  • Est-ce que le radon peut être réintroduit dans un bâtiment à partir des sorties d’air des ventilateurs d’extraction utilisés pour réduire le radon dans des bâtiments voisins? Cet aspect est particulièrement important dans les secteurs densément peuplés où les prises d’air, les portes et les fenêtres sont habituellement situées près des sorties d’air de bâtiments adjacents.

  • Est-ce que des membranes et des fondations de béton améliorées offrant une perméabilité réduite au radon peuvent aussi réduire les concentrations de radon au sous-sol ou au rez-de-chaussée?

  • Est-ce qu’un ventilateur actionné en fonction des concentrations réelles de radon peut aider à réduire les concentrations intérieures de radon au sous-sol ou au rez-de-chaussée tout en économisant l’énergie?

  • Est-ce que la pression négative créée par un ventilateur de dépressurisation utilisé pour contrer la pénétration du radon augmentera le risque de refoulement des appareils de combustion situés au sous-sol et la migration des polluants du garage attenant vers l’intérieur du bâtiment?

Une approche intégrée pour trouver des solutions

Le Bureau de la radioprotection de Santé Canada est le partenaire du CNRC ainsi que le principal bailleur de fonds fédéral pour ce projet. Son mandat est de réduire au minimum l’exposition de la population canadienne aux contaminants radioactifs (http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/radiation/radon/index-fra.php).

Cette recherche conjointe sur les technologies d’atténuation profitera de l’expertise de modélisation unique du CNRC et de son Laboratoire de recherche sur l’air intérieur, qui est équipé d’un système à la fine pointe pour détecter le radon et suivre son déplacement au moyen de gaz traceurs (figure 1). L’équipe de chercheurs travaille sur une approche intégrée qui inclut la gestion de la ventilation et la pressurisation comme moyens d’assurer que les maisons canadiennes sont à la fois sûres, saines et éconergétiques.

Ces activités sont réalisées dans le cadre du Programme de réglementation de la qualité de l’air du gouvernement du Canada, dont le but ultime est d’améliorer la santé de tous les Canadiens. Le CNRC appuie cet objectif en évaluant des solutions techniques et des innovations éconergétiques qui ont une bonne chance d’être adoptées par les constructeurs, les rénovateurs et les propriétaires de maisons et qui sont intéressantes pour l’industrie canadienne de la construction dans son ensemble. Le CNRC désire aussi aider l’industrie à mettre au point des ventilateurs plus efficaces et plus durables. Le mandat du CNRC dans ce contexte est de faciliter l’adoption des nouvelles connaissances et des solutions techniques innovatrices par les intervenants du secteur de la construction.

Cet automne, Santé Canada et le CNRC présenteront divers scénarios d’atténuation et solliciteront les commentaires des parties intéressées pour guider leurs travaux de recherche. Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec Mme Liang (Grace) Zhou : liang.zhou@cnrc-nrc.gc.ca ou 613-991-1220.