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La marée rouge

L'intoxication par les mollusques

Lorsqu'on mange des mollusques empoisonnés, on s'expose à un certain nombre de problèmes. Les symptômes pourront être aussi bénins que des maux d'estomac, ou une sensation de picotement autour de la bouche et des lèvres. Plus inquiétant, l'ingestion de toxines des mollusques pourrait être la cause d'un arrêt de la respiration, d'une paralysie musculaire ou même causer la mort.

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Beaucoup aiment manger des fruits de mer, mais les mollusques populaires comme les palourdes et les moules peuvent parfois être nuisibles pour les êtres humains. Chaque année, des épidémies de « marée rouge », une croissance soudaine d'algues toxiques, cause une fermeture partielle de l'industrie canadienne du mollusque en contaminant les espèces populaires, comme les palourdes et les moules, avec des toxines dangereuses.

Les épidémies de toxines telles celles véhiculées par l'Alexandrium tamarense, qui cause une intoxication paralysante par les mollusques, ne sont pas seulement un danger pour la santé, mais elles représentent aussi un problème économique – une préoccupation grave pour les entreprises fondées sur la culture des mollusques.


Les dangers de la table

L'Alexandrium tamarense, un des organismes responsables de l'intoxication paralysante par les mollusques.La marée rouge se produit lorsqu'il y a une efflorescence soudaine des algues – une augmentation rapide de la croissance des algues (plantes microscopiques) dans un plan d'eau. Les algues deviennent plus concentrées et semblent modifier la couleur de l'eau, d'où son appellation de « marée rouge », même si certaines efflorescences sont vertes ou brunes ou même si elles ne causent aucune décoloration de l'eau. 

Certaines proliférations d'algues produisent des toxines qui peuvent s'accumuler dans les palourdes, les huîtres et autres organismes filtreurs qui se nourrissent de plancton en filtrant de grands volumes d'eau qu'ils pompent à travers leurs feuillets branchiaux (organes d'alimentation). Ces toxines peuvent parfois nuire à des mollusques délicats, mais d'autres sont résistants aux toxines et peuvent rapidement les accumuler dans leurs tissus. Lorsque les êtres humains mangent des mollusques empoisonnés aux toxines, ils peuvent être très malades et éprouver des symptômes allant des maux d'estomac à la paralysie.


L'observation de la sécurité des mollusques

En 1987, un épisode particulièrement grave d'une nouvelle toxine des mollusques a mené à ce qu'on appelle maintenant une intoxication par phytocoxine amnestique (IPA). L'épidémie a causé la mort de trois personnes et des centaines ont été malades. L'industrie du mollusque de la côte Est fut complètement fermée. En quatre jours de travail, les scientifiques du CNRC d'Halifax ont identifié la toxine responsable de l'épidémie et mis au point une méthode qui a servi à l'Agence canadienne d'inspection des aliments pour effectuer un suivi des niveaux de toxines.

Des efforts comme ceux-là ont permis d'exercer une surveillance sur les élevages de mollusques, d'émettre des avertissements et d'ordonner des fermetures lorsque les niveaux de toxines sont trop élevés. Les avertissements ont pour but de maintenir les mollusques empoisonnés à l'écart de l'approvisionnement alimentaire et sont très efficaces dans la protection du public, qui peut consommer à nouveau des mollusques lorsque ces derniers sont sains.

Le CNRC est présentement à mettre au point des technologies analytiques qui permettront de lancer un avertissement précoce de l'apparition prochaine de toxines grâce à la détection des algues toxiques trouvées dans l'eau et des toxines présentes dans les mollusques. Les éleveurs de mollusques pourront un jour utiliser de telles méthodes sur place, arrêtant la cueillette bien longtemps avant que les mollusques ne deviennent toxiques. Si les mollusques sont laissés dans l'océan, ils éliminent la toxine une fois que l'algue toxique est partie, ce qui ferait qu'on n'aurait aucune perte de produit.


Les organismes filtreurs dans l'avenir

Scientifique du CNRC en train d'analyser des toxines marines.Le CNRC a également franchi un pas important pour prévenir la souffrance humaine et économique produite par les marées rouges et pour mieux comprendre la façon dont les toxines sont transformées à travers la chaîne alimentaire.

Les scientifiques ont récemment identifié une mutation génétique dans les myes qui accroît leur immunité aux toxines et qui cause en elles une accumulation de niveaux élevés de toxines, dans des régions qui ont été exposées aux marées rouges pendant plusieurs années. D'autres myes qui n'ont pas cette mutation accumulent des niveaux de toxines beaucoup plus faibles.

Il est à souhaiter que cette caractéristique génétique, source d'une faible accumulation de toxines, puisse être transférée à d'autres mollusques au moyen de l'élevage contrôlé dans les alevinières, à l'avenir. Cette amélioration pourrait avoir un impact positif à la fois sur les pêcheries maritimes et sur la sécurité humaine.