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BOUM!! Détoner une bombe au nom de la sécurité

Tous les jours, au Canada, les employés responsables de la sécurité dans les aérogares redoublent d'efforts pour garder les voyageurs à l'abri du danger – surtout des attentats à la bombe. Si c'est le cas, comment a-t-on réussi à miner un 747 et à le faire exploser sans que quiconque le sache?

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L'activité s'inscrivait dans une expérience de grande envergure réalisée à une installation de CNRC Aérospatiale, à Ottawa! Une fois toutes les précautions prises, on a déclenché la machine infernale – dissimulée dans un ordinateur portable, lui-même placé dans la soute d'un vieux Boeing 727 ayant servi au transport de passagers.

Les pompiers de la ville et de l'aéroport d'Ottawa étaient sur les lieux pour l'essai.
Les pompiers de la ville et de l'aéroport d'Ottawa étaient sur les lieux pour l'essai.

Le CNRC et plusieurs entreprises canadiennes spécialisées dans les technologies permettant de mieux gérer catastrophes et situations dangereuses ont collaboré à la réalisation de cette expérience particulière. La déflagration délibérée d'un explosif dans la cabine pressurisée d'un avion était une première pour le Canada.

Pourquoi détruire un appareil en parfait état?

Cet événement, unique en son genre, a rassemblé maintes sociétés de recherche canadiennes, leur donnant la rare chance de présenter leurs technologies à ceux qui surviennent les premiers sur les lieux d'un drame, notamment la GRC, les pompiers et la police, sans oublier le ministère de la Défense nationale. En testant leurs technologies ensemble, ces sociétés ont pu voir comment les intégrer afin de réduire davantage les risques dans les cas d'urgence et de procurer des outils adéquats aux équipes d'intervention.

Les premiers à arriver sur la scène ont pu voir de près divers systèmes telle une caméra montée sur un casque qui capte les images vidéo sur place puis les transmet à un ordinateur éloigné afin que les spécialistes de la planète y aient accès instantanément.

Il y avait de quoi satisfaire tout le monde : du robot renifleur de bombe à une trousse complète, de la grosseur d'une valise, qui se loge dans le coffre d'une auto et permet d'établir une communication phonique, vidéo et numérique par satellite en l'espace de quelques minutes. « De nombreux experts dans l'industrie pourraient prêter assistance à la police et aux services de secours du monde entier », a déclaré Bob Smith, représentant de Frontline Robotics en défense et sécurité, dont la technologie de robotique a été illustrée durant l'expérience.

On a aussi vu fonctionner un dos d'âne qui filme les plaques d'immatriculation des véhicules pénétrant dans un périmètre sécurisé pour en comparer le numéro à celui des véhicules autorisés, gardé dans une base de données. Une autre démonstration portait sur une technique de cartographie laser permettant d'obtenir rapidement un modèle 3D du champ de décombres. « On voyait toute la scène », a déclaré le constable Jean Vermette, de la GRC. « C'était plus précis qu'une photo numérique et les données étaient vite relayées à l'enquêteur principal, à la recherche de suspects, sans risque d'interception. »

Est-ce R2D2?

Une des vedettes de la journée a sans nul doute été un robot miniature rappelant le R2D2 de la Guerre des étoiles, doté de capteurs pour détecter les bombes dans la soute à bagages ou la cabine de l'avion. Les robots de Frontline Robotics rehausseront la sécurité aux Jeux Olympiques de Vancouver, en 2010.   

Dans cette simulation, un robot « renifle » les bagages à la recherche d'explosifs. Les robots de ce genre figureront parmi les mesures de sécurité instaurées aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.
Dans cette simulation, un robot « renifle » les bagages à la recherche d'explosifs. Les robots de ce genre figureront parmi les mesures de sécurité instaurées aux Jeux Olympiques de Vancouver, en 2010.

Et ensuite?

Le test terminé, CNRC Aérospatiale examinera les dommages causés à l'appareil pour déterminer le type de fractures résultant d'une explosion et mieux les différencier de celles attribuables à une usure normale. De telles connaissances s'avéreront utiles lors d'enquêtes ultérieures sur des accidents. « Nous aurons un point de référence advenant le cas où on nous demande d'établir si la perte de l'appareil résulte ou non de la détonation d'une bombe », explique Ron Gould, l'agent technique de CNRC Aérospatiale qui a organisé le test.

À la fin de la journée, tout le monde était sorti gagnant de l'expérience. « Chacun a utilisé la technologie de son voisin pour accroître l'efficacité de la sienne, conclut M. Gould. C'était formidable. »