
Jalal Hawari
Travail : Chef de groupe, chimie environnementale et analytique – Institut de recherche en biotechnologie, Montréal (Québec)
Recherche : restauration de l'environnement, bioproduits
Langues : Anglais, Français, Arabe
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Projets en cours
Pour y parvenir
La partie de mon travail que je préfère
La vie dans un laboratoire de recherche
Un diplôme pour passeport
Après les heures de travail
Si j'avais un million
En tant que chef du groupe de la chimie environnementale et analytique, je dirige une équipe multidisciplinaire d'environ 16 scientifiques parmi lesquels figurent des chimistes, des microbiologistes, des biologistes et des ingénieurs. Une de nos tâches consiste notamment à étudier la pollution du sol, de l'eau et de l'air puis à échafauder des stratégies pour voir comment éliminer les polluants de l'environnement. Nous avons aussi commencé à nous servir des microorganismes et des matières premières renouvelables pour mettre au point de nouveaux « bioproduits » écologiques.
« J'aime faire partie d'une équipe et contribuer à des découvertes qui amélioreront la vie des gens. »
Depuis 1993, je travaille sur un projet de restauration de l'environnement pour le ministère de la Défense nationale. Ce dernier aimerait connaître le degré de contamination qui découle de l'usage des explosifs et comprendre l'incidence écologique de ces derniers sur les organismes vivants, des bactéries aux animaux, en passant par les arbres. Le projet se poursuit toujours, ce qui donne une idée de sa complexité et de la masse de données scientifiques que nous en avons tirées. L'idée est de caractériser les composés chimiques présents aux endroits contaminés et d'établir comment ils se déplacent dans le sous-sol jusqu'à la nappe phréatique. Ensuite, nous examinons les bactéries qui peuplent les sites pollués, les isolons et déterminons en laboratoire comment s'en servir pour décomposer les explosifs et d'autres contaminants éventuels ou comment les amener à le faire.
Ce travail nous a valu des contrats de recherche de diverses sources du gouvernement américain, notamment le Programme stratégique de recherche et de développement sur l'environnement et le Bureau de la recherche navale. Nous avons précisé le cycle de dégradation du RDX, un des explosifs les plus couramment utilisés. Nous étudions aussi les sédiments marins – nous avons prélevé des échantillons jusqu'à une profondeur de 200 à 300 mètres dans l'océan, examiné la population d'unicellulaires et déterminé comment les microorganismes interagissent avec les polluants. Résultat : nous avons découvert des bactéries inconnues, non seulement qui décomposent les explosifs, mais aussi qui synthétisent de nouveaux bioproduits, inoffensifs pour l'environnement.
Dans le cadre d'un autre projet, nous nous sommes intéressés à la fabrication de produits utiles à partir des réserves de sucre que renferme la sève de l'érable. Nous avons donné de la sève d'érable à des bactéries assimilant le sucre et constaté qu'elles synthétisent un polymère naturel qui pourrait servir d'emballage biodégradable pour les aliments et à d'autres applications. Il ne nous manque plus qu'un partenaire industriel pour commercialiser le procédé. La beauté de la sève d'érable est qu'elle est stérile et possède la concentration de métaux et le pH idéaux pour faire croître les bactéries.
L'équipe se penche aussi sur la lignine – un des résidus les plus abondants en agriculture. Nous aimerions trouver comment la convertir en bioproduits utiles ou en bioénergie.
Pour y parvenir : le chemin qui mène au CNRC
J'ai grandi dans un village où ma mère fabriquait son propre savon avec de l'huile d'olive. La science m'a intéressé dès le secondaire. J'ai effectué un B.Sc. en chimie à l'Université de Jordanie, à Amman, puis suis parti en Angleterre y poursuivre des études de deuxième cycle. J'ai décroché un doctorat au Collège universitaire de Londres, que j'ai complété par deux années d'études postdoctorales. Des chercheurs du CNRC venaient à Londres donner des exposés, à l'occasion. C'est ainsi que j'ai appris l'existence du CNRC. J'y suis arrivé en 1983, à l'ancienne Division de la chimie d'Ottawa. J'ai déménagé mes pénates à l'Institut de recherche en biotechnologie du CNRC, à Montréal, en 1987.
La partie de mon travail que je préfère
J'aime faire partie d'une équipe et contribuer à des découvertes qui amélioreront la vie des gens. J'aime savoir que j'accomplis quelque chose d'utile pour les Canadiens dont les impôts paient mon salaire.
La vie dans un laboratoire de recherche
Je quitte la maison à 8 h et rentre vers 20 h. Je travaille donc près de 12 heures par jour au CNRC et il m'arrive souvent d'allumer l'ordinateur à mon arrivée, chez moi.
Je m'entretiens tous les jours avec les membres de l'équipe. Je me renseigne sur l'avancement des travaux, examine les données scientifiques et réponds aux coups de téléphone et aux courriels. Je collabore aussi avec des chercheurs des É.-U., du R.-U. ou du Canada. Cela fait, il m'arrive de travailler sur un manuscrit ou de rédiger un rapport pour les clients qui financent nos recherches.
Parfois, on m'invite à des colloques ou me demande de donner un exposé, mais la plupart de mes déplacements se rapportent à nos projets de recherche. L'an dernier, je suis allé à quelques reprises en Norvège, au Pérou et à Washington (D.C.). Je me suis aussi rendu à Cincinnati et à Baltimore, et ai fait trois voyages au Canada.
Jalal après les heures de travail
J'adore écouter de la musique. Côté exercice, je préfère marcher ou prendre les transports en commun que la voiture pour me rendre au bureau. Un temps, j'ai joué au tennis, mais à présent, je me contente de la marche.
Vacances : Les années impaires – 1983, 1985, 1987, etc. –, je prenais quelques mois l'été pour aller voir ma mère. Cela s'est arrêté à son décès, en 1999. Désormais, je m'autorise quelques jours de congé lors des colloques ou me détends à la maison avec ma femme. Nos voyages, quand nous en faisons, nous amènent habituellement au Moyen-Orient.
Livres : J'aime les livres historiques. Récemment, j'ai apprécié Tuesdays with Morrie, de Mitch Albom, qui présente la vie sous l'angle d'un mourant. Ses idées rappellent beaucoup celles de Gibran Kahlil Gibran, l'écrivain libanais à qui on doit Le Prophète.
Musique : J'adore la musique classique, et encore plus Pavarotti. Depuis qu'il est mort, la vie a perdu son sens!
Télévision : J'aime les chaînes Découverte et Historia, ainsi que les bulletins d'information. Savoir ce qui se passe dans le monde est important pour moi.
Cinéma : Je préfère lire le livre duquel le film s'inspire ou le résumé du film.
Si on m'accordait une subvention de recherche d'un million, j'engagerais d'autres chercheurs et utiliserais l'argent pour trouver et caractériser de nouvelles bactéries capables de fabriquer des bioproduits.
Si je gagnais le million à la loterie, je le partagerais avec les membres de ma famille. Au fil des ans, ma femme et mes deux enfants m'ont laissé tellement de liberté pour employer mon temps à la recherche, que je voudrais les en remercier à ma manière.
Pour en savoir plus sur les recherches de Jalal Hawari, visite le site :
De la cabane à sucre à la bioraffinerie
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