
Stéphanie Côté
Travail: Astronome - Institut Herzberg d'astrophysique du CNRC, Victoria (Colombie-Britannique)
Recherche: Galaxies naines, matière noire
Langues: Français, Anglais
Renseigne-toi sur...
Projets en cours
Pour y parvenir
La partie de mon travail que je préfère
La vie dans un laboratoire de recherche
Après les heures de travail
Si j'avais un million
Essentiellement, j'ai deux boulots. Je fais ma propre recherche en astronomie et je travaille aussi pour l'observatoire Gemini, un ensemble de télescopes jumeaux de 8 mètres situés à Hawaï et au Chili. Je suis responsable de la liaison pour les astronomes canadiens qui veulent utiliser les télescopes Gemini.
Projets en cours
Ma propre recherche porte sur le plus grand mystère de l'Univers – la matière noire. Elle constitue jusqu'à 95 % de la matière de l'Univers, mais elle est invisible. Vous pouvez seulement la calculer à partir du mouvement des galaxies et des autres corps célestes.
J'étudie la matière noire en me servant des galaxies naines. Ces galaxies sont environ 10 fois plus petites que notre Voie Lactée, mais elles contiennent beaucoup plus de matière noire. Les galaxies naines sont un peu comme des tasses à espresso de matière noire, et notre galaxie serait plutôt comme une tasse à cappuccino.
Mon principal succès en recherche jusqu'à maintenant a été la découverte de nouvelles galaxies naines. Notre galaxie, la Voie Lactée, fait partie d'un groupe de plus de 30 galaxies appelées Groupe Local. Le Groupe Local comprend plusieurs galaxies naines. Je me suis dit que ce n'est probablement pas unique de cette façon, et j'ai observé les deux groupes de galaxies les plus proches, les groupes du Sculpteur et du Centaure. J'ai trouvé environ trois douzaines de galaxies naines que personne n'avait vues avant.
J'étudie maintenant la matière noire dans ces galaxies et leur rotation. Cela peut nous en apprendre beaucoup sur la façon dont l'Univers a évolué.
Pour y parvenir : le chemin qui mène au CNRC
J'aime la science depuis que j'ai trois ans. À l'âge de 13 ans, j'ai lu un livre intitulé The First Three Minutes de Stephen Weinberg. L'idée du Big Bang et de toute l'histoire de l'Univers s'est vraiment emparée de mon imagination.
Après ça, j'ai économisé mon argent de poche pour m'acheter la revue Scientific American tous les mois. Je lisais aussi l'équivalent français – La Recherche.
Lorsque je suis entrée à l'université, j'étais inquiète du marché du travail, et je voulais étudier l'énergie solaire ou la fibre optique – quelque chose qui pourrait se commercialiser. Mais dans mon deuxième semestre, j'ai pris un petit cours d'initiation à l'astronomie et ça m'a accrochée.
J'ai fait mon baccalauréat en sciences à l'Université de Montréal. Puis j'ai fait une maîtrise en astronomie, aussi à Montréal, tout en passant quelque temps à travailler aux Pays-Bas. Enfin, j'ai fait mon doctorat en Australie. Le ciel du sud est moins observé, et il était plus facile d'y faire des découvertes.
Après mon doctorat, j'ai fait des travaux post-doctoraux à Munich et ici, à Victoria. Puis j'ai décroché le poste aux observatoires Gemini, où je suis depuis onze ans.
La partie de mon travail que je préfère
Je pense que j'ai le plus beau travail en astronomie, c'est-à-dire d'être l'interface entre les astronomes canadiens et l'observatoire Gemini. Je les aide à faire des préparations détaillées pour leurs observations et à profiter de ce que ces puissants télescopes peuvent faire.
Mais le meilleur de tout ça, c'est que c'est généralement moi qui va à Hawaï ou au Chili et qui fait les observations elles-mêmes. C'est moi qui ai tout le plaisir, et j'ai le bonheur de voir la science la plus emballante au moment où elle se produit.
La vie dans un laboratoire de recherche
Étant astronome, j'organise mon temps à ma guise. Quand j'arrive au bureau, je répond d'abord aux courriels de mes collègues canadiens qui aimeraient savoir s'ils peuvent utiliser les télescopes Gemini. Ensuite, je commence toujours par mes tâches concernant Gemini, afin de m'assurer que les programmes des télescopes seront prêts le plus vite possible, mais j'effectue aussi mes propres recherches tous les jours.
Un des mythes concernant les astronomes, c'est que nous passons toutes nos nuits au télescope. En fait, une astronome va faire des observations au télescope quatre ou cinq fois par année. Ça vous prend le reste de l'année à interpréter les données que vous recueillez pendant ces quelques nuits. La plus grande partie de nos journées se passe devant un ordinateur à analyser les images brutes que nous avons reçues.
Un autre mythe, c'est que les astronomes sont tous de vieux messieurs chauves. J'ai vu quelques-uns de ces types-là, et c'est vrai qu'il y a moins de femmes, mais la situation est en train de changer. Au Canada, environ 15 % des astronomes qui travaillent sont des femmes. Dans les programmes de doctorat, environ 25 % sont des femmes; il y aura donc plus de femmes astronomes dans l'avenir.
Stéphanie après les heures de travail
On dit que l'astronomie est une passion, mais pour moi, c'est une obsession. Je ne me donne pas de limites conscientes, je travaille constamment. Je dis que je suis une boulimique du travail sur la voie de la guérison.
Ces jours-ci, mon fils de deux ans prend beaucoup de mon temps après le travail, ce qui m'oblige a me montrer encore plus efficace durant la semaine. Je réussis quand même à faire quelques heures de plus la fin de semaine pendant ses siestes .
Exercice : Je suis folle du tango. Aussi, mon ami aime la danse sociale, et nous avons l'habitude d'aller danser en fin de semaine. J'aime aussi les randonnées et le géocaching, et Victoria est un endroit merveilleux pour ça.
Lectures : J'ai des piles de livres, particulièrement sur l'histoire et l'archéologie. En plus, je lis des romans français pour ne pas perdre mon français. Lorsque j'étudiais en Australie, j'ai passé presque deux ans sans parler ma langue.
Cinéma : Mon ami et moi sommes des accros du cinéma. J'aime les films de garçons – des choses avec de l'action ou des histoires de détectives. Le meilleur film que j'ai vu récemment, c'est The Life of Others.
En fait, en astronomie, un million de dollars, ça ne suffit pas! Les télescopes jumeaux Gemini coûtent chacun 110 millions de dollars à construire.
Mais, avec un million, je pourrais acheter 20 nuits de temps d'observation sur l'un des plus gros télescopes. J'assemblerais une grande équipe d'observation pour un de mes projets fétiches, celui de me servir des quasars comme « lampes de poche » pour étudier les gaz qui entourent les galaxies. Parce qu'un quasar est très brillant, vous pouvez voir les gaz qui passent devant, de la même façon que vous pouvez voir de la fumée devant le faisceau d'une lampe de poche. Ces gaz peuvent nous permettre de comprendre comment les galaxies se forment.
Intéressés à l'observatoire Gemini? Tu pourras en apprendre d'avantage à l'adresse http://www.gemini.edu/
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