
Anne Barker
Travail : Ingénieure – Centre d'hydraulique canadien du CNRC à Ottawa (Ontario)
Recherche : Génie des régions froides
Langues : Français et anglais
Renseigne-toi sur...
Projets en cours
Pour y parvenir
La partie de mon travail que je préfère
La vie dans un laboratoire de recherche
Projets d'avenir
Après les heures de travail
Si j'avais un million
Je fais partie du Groupe des technologies des régions froides au Centre d'hydraulique canadien du CNRC. Notre tâche consiste à examiner les problèmes techniques attribuables à la glace pour les clients du gouvernement et du secteur privé, qui financent nos services.
« En tant qu'ingénieure, j'aime pouvoir accomplir des recherches intéressantes et acquérir des connaissances scientifiques puis les appliquer pour en faire profiter les entreprises et le grand public. »
Projets en cours
Un projet concerne l'évacuation d'ouvrages extracôtiers comme les plateformes d'exploitation pétrolière et gazière de l'Arctique. Nous devons établir comment en faciliter l'évacuation toute l'année, pas seulement en l'absence de glace durant la belle saison. Nous échafaudons des stratégies d'évacuation pour les périodes où les ouvrages sont figés dans la banquise et où les glaçons agissent sur la structure en se déplaçant. Nous cherchons des solutions pour aider les gens à quitter la plateforme dans diverses situations.
Dans le cadre d'un autre projet, nous examinons comment favoriser la formation de glaçons autour des ouvrages de haute mer. Ceux-ci stabilisent la structure en absorbant une partie des contraintes exercées par la glace quand elle bouge, la banquise par exemple, ce qui pourrait causer des dommages. Nous essayons de voir comment produire des glaçons pour qu'ils grossissent et restent longtemps en place. Comment faut-il s'y prendre? Les glaçons ne devraient-il se former que d'un côté de l'ouvrage afin que les brise-glace puissent accoster de l'autre côté pour approvisionner la plateforme ou en permettre l'évacuation, ou devraient-ils entourer toute la structure?
Pour y parvenir : le chemin qui mène au CNRC
Je travaille au CNRC depuis 1998. Mon père était ingénieur et ma mère, enseignante. Ces deux professions m'attiraient donc quand j'étais petite. Au secondaire, nous avions des amis scientifiques, si bien que le génie m'a vraiment séduite. Au début, je penchais pour le génie chimique, mais je n'ai pas très bien réussi mes cours de chimie de première année. En revanche, tous les cours concernant l'eau me passionnaient. J'ai donc opté pour le génie civil.
Après une maîtrise en génie civil à l'Université Queen's, avec concentration en génie côtier, un professeur m'a signalé qu'un poste s'était ouvert au Centre d'hydraulique canadien du CNRC. Je connaissais le CNRC grâce aux cours de l'université. Nous avions même visité le Centre d'hydraulique. Le CNRC est l'un des rares endroits au Canada où l'on peut entreprendre des recherches en génie côtier dans un laboratoire.
La partie de mon travail que je préfère
Mes collègues et la variété des activités. Mon supérieur immédiat fait en sorte que nous vivions de nouvelles expériences et nous affecte à des projets variés. En tant qu'ingénieure, j'aime pouvoir accomplir des recherches intéressantes et acquérir des connaissances scientifiques puis les appliquer pour en faire profiter les entreprises et le grand public.
La vie dans un laboratoire de recherche
Ma journée est presque réglée comme du papier à musique. D'habitude, j'arrive au CNRC entre 7 h 30 et 8 h et je quitte le bureau vers 16 h 15, pour récupérer mon fils à la garderie. Je commence la journée en triant mon courriel pour savoir si j'ai reçu du travail, de nouvelles propositions ou des demandes d'information. Je passe la plupart du temps à l'ordinateur. Parfois j'exécute des modèles numériques et j'analyse des données, ou je rédige des rapports, des exposés pour des conférences ou des articles pour des revues scientifiques, ou encore je prépare de nouveaux projets de recherche. Je participe aussi à de nombreuses réunions et j'assiste à au moins un colloque chaque année.

Au cours des deux dernières années, je me suis rendue dans l'Arctique pour des recherches sur le terrain. J'adore. La première année, nous y sommes allés à la fin de mars et, l'an dernier, à la fin d'avril. L'objectif était de suivre l'évolution des champs de glaçons à cette période de l'année. Nous nous sommes installés à Inuvik et avons affrété un hélicoptère pour survoler la banquise. Nous étudions les glaçons afin d'en établir les dimensions et prenons des photographies ainsi que des relevés à divers endroits à partir du système mondial de localisation (GPS).
Nous avons recueilli toute l'année des images satellite des champs de glaçons. À présent, nous les examinons pour savoir s'il est possible de les repérer sur les clichés, d'en comparer la hauteur et d'estimer le volume de glace qui repose sur le plancher sous-marin, un facteur qui déterminera si la banquise se disloquera et partira au gré du courant au lieu de rester en place de longues années. S'il est possible d'effectuer ces calculs à partir des photos obtenues par satellite, il ne sera plus nécessaire d'envoyer des gens sur place pour prendre des relevés.
De retour au CNRC, nous utilisons parfois le bassin d'essais en conditions de glace – l'un des rares au Canada (il y en a un plus gros à l'institut de recherche du CNRC de St. John's). Nous y avons recouru une fois lors d'une étude de trois ans visant à déterminer la façon dont la glace affecte les aérogénérateurs extracôtiers au Danemark. En gros, on remplit le bassin d'eau, on refroidit la pièce à une température de ‑15 °C, on installe la maquette de l'ouvrage auquel on s'intéresse, on pousse la glace contre elle et on enregistre ce qui se passe.
J'aimerais faire plus de recherches sur les énergies renouvelables. Si le Canada installe des aérogénérateurs dans les Grands Lacs, la glace posera des difficultés. Pour ce qui est du perfectionnement professionnel, j'aimerais en apprendre davantage sur les problèmes techniques associés à la glace.
Anne après les heures de travail
J'aime tricoter – c'est un passe-temps qu'on emporte avec soi partout où l'on va.
Lecture : Il y a quelques années, j'ai organisé un club de lecture avec des amis. J'aime les livres de Nick Hornby et les mystères du genre Agatha Christie. La série des Harry Potter m'a également beaucoup plu.
Vacances : Une fois, je suis partie visiter la Nouvelle-Zélande et les îles Cook pendant cinq semaines. À présent, quand un colloque m'amène dans un lieu exotique, j'essaie souvent de prolonger mon séjour d'une semaine. Je passe aussi du temps au chalet familial durant l'été.
Exercice : Avant la naissance de mon fils, je jouais beaucoup au hockey sur gazon et je faisais du patin à roues alignées, de l'arrêt d'autobus jusqu'à la maison ou le long du canal Rideau, près de chez moi. Aujourd'hui, je m'efforce de marcher ou de patiner pendant la pause du midi.
Musique : J'aime écouter la musique classique à Radio-Canada. Mon iPod contient des chansons de Feist, de Be Good Tanyas et de Josh Rouse. Les morceaux les plus entraînants de Madonna me plaisent aussi.
Télévision : J'enregistre des émissions comme Dr. Who ou Battlestar Galactica, ou je les regarde sur DVD.
Cinéma : Je préfère les films d'action. J'ai hâte de regarder Casino Royale sur DVD.
Si on m'accordait une subvention de recherche d'un million, j'irais étudier les aérogénérateurs en mer. Je travaillerais aussi davantage dans l'Arctique, ce qui est très onéreux. Louer un hélicoptère coûte parfois jusqu'à 15 000 $ par jour.
Si je gagnais le million à la loterie, j'en investirais la majeure partie. Je continuerais de travailler parce que j'aime ce que je fais, mais je voyagerais davantage pour refaire le plein.