Un passionnant développement survenu dans les années 70 a trait à la découverte de cyanopolyacétylène dans le milieu interstellaire grâce au télescope de l'Observatoire Algonquin de radioastronomie (OAR), près du lac Traverse, dans le parc Algonquin, en Ontario. Ce travail réclama la collaboration d'un petit groupe de spécialistes en spectroscopie des hyperfréquences, Harry Kroto et Takeshi, et de radioastronomes, Lorne Avery, Norman Broten et John MacLeod.
Le spectre d'hyperfréquences du cyanodiacétylène, H(C=C)2 CN, fut le premier à être mesuré au laboratoire puis à être détecté dans le milieu interstellaire. L'étape suivante consista à préparer du cyanotriacétylène et à en établir le spectre d'hyperfréquences. Par la suite, on le retrouva lui aussi dans le milieu interstellaire. Les plus grosses molécules de la série sont difficiles à obtenir en laboratoire en raison de leur nature explosive, même si l'on peut prévoir leur spectre d'hyperfréquences avec une certitude raisonnable.
De fait, on a subséquemment découvert le cyanotétra-acétylène et le cyanopenta-acétylène et vérifié leur place dans la série, car les fréquences observées constituent une suite presque régulière, avec des écarts proportionnels aux dimensions de la molécule. Ces molécules ont toutes une configuration linéaire et sont les plus longues jamais trouvées dans le milieu interstellaire.