Conseil national de recherches Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Les dunes de Titan

Avertissement L'information sur cette page a été archivée et n'est conservée qu'aux fins de référence, de recherche ou de tenue de dossiers. Visitez le nouveau site du CNRC pour y trouver les informations les plus récentes.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.


Ken Tapping, le 3 mai 2012

Dans le ciel, cette semaine…

> Vénus domine toujours dans la partie ouest du ciel après le coucher de soleil.

> Mars brille haut, au sud, près de Regulus, l’étoile la plus scintillante de la constellation du Lion; à l’est, Saturne luit très près de Spica, la plus vive étoile de la constellation de la Vierge.

> La Lune sera pleine le 5 mai.

a

Imaginez ce paysage étrange, luisant dans la pénombre… Le ciel est marron et l’air imprégné d’une brume orangée tirant sur le brun. Il fait glacial, soit autour de moins 180 degrés Celsius. Pourtant, il bruine. À pareille température, ce n’est pas de l’eau qui tombe du ciel, mais des gouttelettes d’éthane et de méthane liquides. Devant vous, aussi loin que porte le regard, d’immenses dunes allant jusqu’à deux kilomètres de hauteur s’étirent vers la gauche et la droite en une version gigantesque de celles qui émaillent les déserts terrestres. Vous aurez besoin d’une combinaison spatiale pour vous prémunir contre le froid et vous protéger de l’atmosphère, essentiellement constituée d’azote et d’un brouillard d’hydrocarbures. Pas d’oxygène ici. La poignée de « sable » que vous ramassez n’est qu’un mélange de glace et d’hydrocarbures. Bien sûr, vous n’êtes pas sur Terre, ni sur Mercure, Vénus, Mars ou la Lune. Vous êtes sur Titan, le plus gros satellite de Saturne, sixième planète du système solaire, la Terre en étant la troisième. 

Titan se distingue aisément dans les télescopes. C’est un objet ressemblant à une étoile rosâtre/brunâtre, collé à Saturne, ce corps modérément brillant qui luit ces jours-ci dans la partie est du firmament, la nuit, près de Spica, l’étoile la plus éclatante de la constellation de la Vierge. Impossible de ne pas reconnaître Saturne même avec un petit télescope. C’est la seule planète du système entourée d’un jeu d’anneaux spectaculaire. 

Christiaan Huygens a découvert Titan en 1655. On s’est vite rendu compte que ce satellite était unique. En effet, il est le seul dans le système solaire à posséder une atmosphère digne de ce nom. À vrai dire, Titan est enveloppé d’une brume brun-orange si épaisse que sa surface reste invisible de l’espace. Lors de son passage, la sonde Voyager n’a révélé qu’une boule baignée dans un brouillard brunâtre. 

Nous n’en savions pas davantage jusqu’à l’arrivée de la sonde Cassini, en 2004. Conçue pour passer des années à explorer Saturne et ses lunes, Cassini était dotée d’un système de cartographie radar capable de transpercer les nuages de Titan. Elle transportait aussi une deuxième sonde, baptisée Huygens. Lorsque Cassini est arrivée suffisamment près de Titan, Huygens s’en est détachée et a réussi à atterrir, prenant des photos tout au long de sa descente. Des terres sont apparues, et ce qui ressemblait à des lacs et à des mers d’hydrocarbures liquides. Huygens a échoué dans le lit d’un affluent asséché et a renvoyé des photos de rocs érodés non pas par de l’eau, mais par du méthane et de l’éthane liquides. Sur Titan, l’eau n’existe qu’à l’état solide. C’est du roc, à l’instar d’autres minéraux. 

Pendant que Huygens s’affairait sur son petit bout de terrain, Cassini transperçait le brouillard de Titan avec son radar pour cartographier cet étrange univers, révélant des volcans, des montagnes, des plaines et, près de l’équateur, un immense système dunaire couvrant des centaines de kilomètres. 

Avec toutes les réactions de chimie organique qui s’y déroulent, l’existence de la vie sur Titan ne manque pas d’intriguer. Malheureusement, nous n’aurons vraiment de réponse à nos interrogations que le jour où un être humain posera réellement le pied sur son sol, plutôt qu’en imagination.