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La quête d’un nouveau Graal

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Ken Tapping, le 25 janvier 2012

Dans le ciel, cette semaine…

> Jupiter brille toute la nuit dans la partie sud du firmament.

> Vénus gagne en éclat. Sa blancheur est spectaculaire au sud-ouest, peu après le crépuscule.

> Mars apparaît vers 21 h. Saturne se lève à minuit.

> La Lune entrera dans son premier quartier le 20 janvier.

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Des siècles durant, nos aïeux astronomes ont étudié la Lune, en ont tracé des cartes et ont donné un nom à tous les éléments du relief qu’ils pouvaient y voir. Certes, il y eut quelques erreurs. Ainsi, les zones plus sombres furent appelées « mers », bien qu’en réalité, il s’agisse d’immenses champs de lave. Quoi qu’il en soit, tous les éléments, hormis les plus petits, ont été identifiés puis nommés. Grâce aux missions spatiales Apollo, nous possédons mêmes des échantillons du sol lunaire, qu’il est possible d’examiner de près dans les laboratoires terrestres.

Une profonde frustration pour ceux qui recourent aux télescopes terrestres pour observer notre satellite est qu’on n’en voit jamais qu’un côté. Une moitié de la Lune nous reste immuablement cachée. Si vous avez déjà essayé la danse sociale, sans doute avez-vous vécu pareille situation : vous faites constamment face à votre partenaire tout en valsant d’un coin à l’autre de la salle avec lui. La Lune doit ce « blocage rotationnel » aux marées. La gravité terrestre déforme légèrement notre satellite, lui donnant la forme d’un œuf dont l’extrémité pointue nous fait face. À l’époque où la Lune tournait plus rapidement sur elle-même, cette déformation continuelle a supprimé l’énergie qui permettait une telle rotation, ralentissant peu à peu notre satellite jusqu’à ce que cesse le malaxage gravitationnel et que son orbite autour de la Terre se stabilise, la même face nous illuminant pour le reste des temps.

Il est raisonnable de croire que la face cachée de la Lune ressemble assez à sa face visible et qu’y prédominent en surface de vastes champs de lave solidifiée, environnés de montagnes et de cratères sculptés par des milliards d’années de bombardement météoritique. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’à l’arrivée de Luna 3.

Luna 3 ou Lunik 3 est un engin spatial lancé par les Soviétiques le 4 octobre 1959, soit exactement deux ans après Sputnik 1, le premier satellite de facture humaine mis en orbite autour de la planète. Luna 3 a frôlé la Lune, en route vers l’espace, et les caméras qui se trouvaient à bord ont renvoyé les premières photos de la mystérieuse face cachée. Ces images nous ont appris que nous nous leurrions. L’autre face est montagneuse et criblée de cratères, et les champs de lave y sont petits et rares. Bref, sa « géographie » est presque l’inverse de ce que l’on observe sur la face visible.

Pour l’instant, nous ignorons absolument pourquoi. Rien n’indique que le phénomène de la tectonique des plaques existe sur la Lune. La croûte de notre satellite n’est donc pas refaçonnée en permanence. Une théorie veut qu’à un moment quelconque de sa jeunesse, la Lune ait été heurtée par quelque chose de taille comparable, si bien que le côté qui a accusé l’impact n’a pas du tout le même aspect que l’autre. Une mission spatiale entreprise par la NASA nous permettra vraisemblablement de vérifier le bien-fondé de cette théorie. Baptisée Gravity and Interior Laboratory ou GRAIL (le mot « Graal », en anglais), cette mission consiste en deux engins spatiaux qui tourneront autour de la Lune et mesureront l’attraction gravitationnelle avec une grande précision. Il sera donc possible d’établir de quoi est fait l’intérieur de notre satellite. En plus de concourir à décoder le passé de la Lune, ces sondes spatiales nous en apprendront davantage sur l’histoire de la Terre, alors que le déplacement des plaques tectoniques a tout effacé à la surface.