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Ken Tapping, le 12 octobre 2011
Dans le ciel, cette semaine...
> > Jupiter apparaît
vers 19 h et Mars autour
de 2 h
> Mars apparaît vers 2 h.
> La Lune sera pleine
11 octobre et entrera dans son dernier quartier le 19.
« Je me rappelle encore très distinctement cette veille : l’observatoire obscur et silencieux, la lanterne, jetant une faible lueur sur le plancher dans un coin, le déclenchement régulier du mécanisme du télescope, la fente mince du dôme, et sa profondeur oblongue que rayait la poussière des étoiles. »
Dans l’observatoire obscur ne brillait que la faible rougeur des ampoules disséminées çà et là. La forme sombre du télescope pointait vers le haut, dans la noirceur du dôme, jusqu’à la fente pratiquée à son sommet. Le ciel semblait gris par contraste, avec les étoiles et la piste scintillante de la Voie lactée qui le zébrait.
Mosaïque de l’hémisphère de Valles Marineris. Montrant l’entière formation et son système de canyons, long de plus de 3000 kilomètres et d’une profondeur de 8 kilomètres par endroits. Photo : NASA/NSSDC
Le premier paragraphe est tiré du roman de H. G. Wells « La Guerre des mondes » et décrit la première observation des points lumineux annonçant le départ des envahisseurs de Mars vers la Terre. Le second, nullement de la main de H. G. Wells, relate ma récente visite à un antique télescope de l’observatoire de Flagstaff, en Arizona. Qu’ont-ils en commun?
Dans cette photo envoyée par le Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA, on peut voir des chenaux de ravines dans un cratère des hautes terres du sud de Mars. Les ravines qui sortent des falaises de roc proches de la bordure du cratère (coin supérieur gauche) présentent des sinuosités et des motifs tressés typiques de canaux tracés par l’eau. Photo : NASA/NSSDC
Lorsqu’il observa Mars dans son télescope, en 1877, l’astronome italien Giovanni Schiaparelli signala avoir vu des traits évoquant des canaux, à la surface de la planète. Il émit l’hypothèse qu’il s’agissait de cours d’eau ou de canyons, canali, en italien. Quand ce rapport atteint le monde anglophone, une erreur de traduction transforma le terme en « canaux », ce qui est fort différent. En effet, si les chenaux ont une origine naturelle, les canaux, en revanche, sont des ouvrages d’ingénierie évolués. L’idée fit néanmoins son chemin, car d’autres indices militaient pour l’existence de vie sur la planète rouge.
Primo, Mars ressemble plus à la Terre que n’importe quelle autre planète du système solaire. Mars possède une atmosphère, une surface désertique et des calottes polaires. Un autre phénomène bien connu est sa « phase d’assombrissement ». Au printemps, les calottes polaires rétrécissent tandis qu’une zone sombre progresse vers l’équateur. L’explication avancée pour ce phénomène était que l’eau issue de la fonte des pôles stimulait la croissance de la végétation. L’idée de Martiens doués d’intelligence, bâtissant des canaux afin de mieux gérer de maigres ressources hydriques dans un monde aride fut très facile à vendre.
Homme d’affaires florissant, Percival Lowell était littéralement passionné par Mars. En 1894, il avait enfin amassé suffisamment d’argent pour se construire un observatoire. Il choisit pour site une colline surplombant Flagstaff, en Arizona. L’observatoire fut consacré à l’étude de la planète rouge. Lowell ne ménagea pas ses efforts. Chaque fois que Mars passait à proximité de la Terre, il profitait de l’occasion pour peaufiner ses cartes des canaux, des oasis et des jonctions susceptibles d’indiquer la présence de cités martiennes. Sans doute servit-il de modèle à l’astronome de « La Guerre des mondes ».
Cette photo de la surface martienne montre plusieurs chenaux dont la largeur varie de 1 à 10 mètres, situés sur un escarpement du bassin d’impact Hellas. Photo : NASA/JPL-Caltech/Université de l’Arizona
Bien sûr, ces cartes n’étaient le fruit que d’une vision déficiente et d’une imagination fertile. Pourtant, l’idée qu’il y avait de la vie sur Mars persista jusqu’au début des années 1960, lorsqu’une sonde Mariner, passant à proximité, envoya des photos de montagnes, de cratères et de déserts. Mais aucune de canaux, de villes, ni de Martiens. Une des véritables percées réalisées à l’observatoire Lowell date de 1930, lorsque Clyde Tombaugh découvrit Pluton. Que Lowell ait eu raison ou pas, j’ai tout de même eu plaisir à regarder à travers son télescope!