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Ken Tapping, le 27 octobre 2010
Dans le ciel, cette semaine...
> Jupiter et Uranus, qui continuent de se faire la cour, surgissent vers 17 h..
> Saturne rase l'horizon, à l'est, peu avant l'aube.
> La lune entrera dans son dernier quartier le 30 octobre.
Quelque chose d'étrange survient parfois à minuit, le 31 décembre. Au lieu de sonner douze coups à 11:59:58, 11:59:59, 00:00:00, pour souhaiter « Bonne et heureuse année » un peu partout sur le globe, les horloges électroniques qui servent d'étalon au temps comptent 11:59:58, 11:59:59, 11:59:60, 00:00:00. Une seconde de plus s'est faufilée dans le cours du temps, une « seconde bissextile ».
Depuis le début de l'humanité, ou presque, nous essayons de percer les mystères du temps. Le monde gagnant en complexité, nous avons dû saisir ce concept avec une précision de plus en plus grande. Nous l'avons d'abord fait en examinant le ciel, et les déplacements du Soleil, de la Lune et des étoiles. Inventer une horloge et un calendrier assez fiables et cohérents n'était pas une mince affaire à l'époque. Des milliers d'années plus tard, le travail se poursuit encore.
La difficulté réside dans l'année elle-même, c'est-à-dire le temps que la Terre met pour effectuer une révolution complète autour du Soleil. Il ne s'agit pas en fait d'un nombre entier de jours. Nos aïeux ignoraient tout de l'orbite terrestre, mais ils étaient conscients de la succession des constellations, qui dépend de la course suivie par la Terre sur son orbite. Un jour correspond au temps que prend la planète pour accomplir un tour sur elle-même par rapport au Soleil.

L'Homme devait connaître la date et l'heure pour se mettre au pas avec la nature, savoir quand semer et quand récolter, quand le Nil sortirait de son lit, et quand le gibier passerait ou le saumon reviendrait frayer. Nous préférons que le calendrier indique un nombre entier de jours et que certains événements reviennent à date fixe, notamment l'arrivée du printemps, le solstice d'hiver et les fêtes tel Noël. Il fallait donc trouver une astuce. Une des premières modifications apportées au calendrier fut celle décidée en 46 av. J.-C. par Jules César. Celui-ci conçut une année de 365 jours à laquelle on ajouterait un jour tous les quatre ans, donnant 365,25 jours à l'année moyenne. À vrai dire, l'année compte environ onze minutes de moins. L'erreur a grossi peu à peu, si bien qu'au Moyen-âge, près de dix jours décalaient le calendrier. Face à la nécessité d'harmoniser les fêtes religieuses, le pape Grégoire procéda donc à une nouvelle rectification en 1582. Il ajouta les jours manquants et perfectionna la règle de Jules César en stipulant qu'on ajouterait une journée au calendrier tous les quatre ans, sauf les années se divisant par 400. Ce changement rectifia dans une large mesure les erreurs du passé, jusqu'à ce qu'arrivent les horloges atomiques, qui marquent le passage du temps avec précision, sans recourir au déplacement des corps célestes. La règle du pape Grégoire fut donc modifiée pour qu'on ajoute une " seconde bissextile " au besoin, de manière à garder horloges et calendriers au diapason de la nature. Tout allait bien jusqu'à l'avènement des systèmes de navigation par satellite comme le système mondial de localisation ou GPS.
Les satellites GPS sont essentiellement des horloges en orbite. Un navigateur GPS établit l'endroit où il se trouve en mesurant le temps que les signaux émanant de plusieurs satellites mettent à parvenir à son récepteur. Quand on a mis sur pied le système cependant, on n'avait pas tenu compte du fait que les horloges devraient être ajustées par l'addition d'une seconde bissextile. Mal régler les horloges aurait pour corollaire des accidents graves, voire le chaos.
Nous voici donc confrontés à un dilemme : laisser le temps s'écarter petit à petit de la cadence des jours et des années, ou résoudre d'une manière quelconque le problème du GPS. La polémique se poursuit.