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Ken Tapping, le 29 septembre 2010
Dans le ciel, cette semaine...
> Vénus et Mars rasent l'horizon à l'ouest après le crépuscule.
> Jupiter et Uranus demeurent près l'un de l'autre et apparaissent vers 19 h.
> La Lune entrera dans son dernier quartier le 30 septembre.
La nuit, ces temps-ci, la grande arche de la Voie lactée traverse le ciel et d'immenses nuages de poussières et d'étoiles luisent au sud, là où se situe le cœur de la galaxie. Quand on les examine, surtout avec des jumelles, on croirait pénétrer loin dans notre galaxie. Rien n'est plus faux.
En recourant aux méthodes dont je parle plus bas, nous avons découvert que la Terre se trouve dans une spirale aplatie d'étoiles, de gaz, de poussières et de planètes et qu'elle est située environ aux deux tiers de la Voie lactée, vers sa frange. La Voie lactée a près de 100 000 années-lumière de diamètre et mesure quelque 30 000 années-lumière d'épaisseur en son centre, mais beaucoup moins à l'endroit où nous sommes. Les étoiles qui illuminent notre firmament ne sont guère éloignées. À peine quelques milliers d'années-lumière nous séparent de ces voisines. La poussière d'étoiles dont est composé le ruban de la Voie lactée se trouve plus loin, bien qu'il demeure relativement proche. D'autre part, quand on regarde vers le cœur de la galaxie, seul un fragment de celui-ci est visible. De vastes nuages de gaz, de poussières et d'étoiles nous le cachent.

Heureusement, les ondes radio traversent aisément ces nuages et c'est la radioastronomie qui nous a permis de cartographier la galaxie pour en déterminer l'aspect. Les relevés de radioastronomie ont toutefois révélé quelque chose d'inattendu. Quelque chose de fort étrange occupe le cœur de la Voie lactée. Une vive source d'ondes radio, très compacte, s'y est installée. D'autres observations indiquent que l'intensité de cette source varie de mois en mois, ce qui laisse croire à sa petite taille. Pour qu'elle soit si vive, cette source doit libérer une quantité phénoménale d'énergie.
L'orbite des astres qui tournent autour du centre d'une galaxie est drôlement utile pour estimer la masse totale de celle-ci et sa répartition. On le fait en déterminant la vitesse à laquelle ces étoiles s'approchent ou s'éloignent de la Terre. Si elles s'en approchent, leur couleur tire davantage sur le bleu, selon leur vitesse; de même, si elles s'en éloignent, leur couleur tend vers le rouge. La vitesse à laquelle les étoiles tournent autour de la galaxie dépend de la force gravitationnelle exercée par la masse totale située dans leur orbite. Au centre de nombreuses galaxies figure quelque chose de petit mais d'incroyablement massif, ce qui est le cas de la Voie lactée. La masse de ce petit objet est quatre millions de fois plus importante que celle du Soleil.
Les rayons infrarouges et les rayons X captés par les engins spatiaux nous permettent de voir à travers les nuages de poussière. Ces observations révèlent un grand dégagement d'énergie et des étoiles gravitant autour d'un objet petit et massif. Seule possibilité : un trou noir. Les trous noirs convertissent la masse en énergie avec une formidable efficacité, une efficacité proche de 100 %. L'intensité des ondes radio et la variation des autres émissions dépend du rythme auquel le trou noir gobe les étoiles et la matière qui s'approchent trop de lui.
À présent que nous recueillons des données sur d'autres galaxies et en apprenons peu à peu davantage sur leur formation, il semble de plus en plus que les trous noirs ne sont pas une espèce de cancer dévorant le cœur des galaxies qui les abritent. Ils pourraient bien constituer le principal ingrédient à l'origine de leur création et de leur cohésion subséquente. Malgré cela, il est rassurant de savoir que ce « bon trou noir » est si loin de nous.