L'information sur cette page a été archivée et n'est conservée qu'aux fins de référence, de recherche ou de tenue de dossiers. Visitez le nouveau site du CNRC pour y trouver les informations les plus récentes.
Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.
Ken Tapping, le 22 septembre 2010
Dans le ciel, cette semaine...
> Cherchez Mercure dans les premières lueurs de l’aube. Vénus et Mars rasent l’horizon à l’ouest, après le coucher du soleil.
> Jupiter et Uranus, toujours assez près l’une de l’autre, apparaissent vers 19 h.
> La Lune sera pleine le 23 septembre. À 19 h 9 (HNP), le 22 septembre, le Soleil traversera l’équateur pour progresser vers le sud avec l’équinoxe d’automne, qui marque officiellement la fin de l’été.
Chesley Bonestell fut sans doute l'un des meilleurs illustrateurs de science-fiction de tous les temps. Dans les années 1940 et jusque dans les années 1950, ses œuvres figuraient dans les magazines et les ouvrages scientifiques. Talent mis à part, Bonestell dut largement sa réputation à la manière dont il intégrait les données scientifiques les plus récentes à son art. Il en résultait des illustrations présentant les progrès scientifiques de l'époque d'une façon que chacun pouvait apprécier. Ses tableaux montrent aussi de manière étonnante comment les idées ont évolué au fil des quelque soixante dernières années. Une des peintures que je préfère illustre un vaisseau spatial posé à la surface de la Lune, les premiers astronautes posant pour la postérité, debout sur notre satellite.
À l'époque, on savait que le relief terrestre était érodé par la pluie, le sable soufflé par le vent ainsi que le gel et le dégel de l'eau dans les crevasses. On savait aussi qu'il n'y a pas d'atmosphère sur la lune, donc qu'il n'y pleut pas, ne vente pas, qu'il n'y a pas de chasse-sable élevée et pas de gel. On en avait conclu que rien n'en éroderait le relief. C'est pourquoi Bonestell a peint de hautes montagnes en dents de scie.

Maintenant que nous avons vraiment mis le pied sur la Lune, nous savons combien ces idées d'hier étaient erronées. En 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin sortaient du Lunar Lander pour découvrir un paysage de collines arrondies. Comment était-ce possible?
Même s'il n'y a pas d'air ni d'eau pour accélérer l'érosion, d'autres phénomènes tout aussi efficaces s'y substituent sur la Lune, tout en agissant plus lentement. La surface de notre satellite n'est pas recyclée comme celle de la Terre par la tectonique des plaques, de sorte que la majeure partie de son relief date de milliards d'années. Malgré leur lenteur, cependant, ces forces ont eu amplement le temps d'accomplir leur oeuvre.
En l'absence d'atmosphère, la Lune voit sa surface constamment exposée à l'érosion par les micrométéorites, grains de poussière qui voyagent à des dizaines de kilomètres à la seconde. Ces minuscules météores n'atteignent pas la surface de la Terre, car l'atmosphère les calcine ou les ralentit avant. En revanche, ils sablent peu à peu la surface lunaire, la lissant et l'arrondissant. En outre, l'atmosphère terrestre fait figure de couverture isolante en atténuant les écarts de température nocturne et diurne. Rien de tel sur la Lune. Des variations extrêmes - plus chaud que l'eau en ébullition le jour, plus froid que l'Antarctique la nuit - arrachent lentement des fragments aux monts lunaires pour les transformer en fine poussière.
Ces processus qui modèlent peu à peu la surface de la Lune nous aident à identifier les changements récents subis par le relief. Ainsi, les cratères comme Tycho et Copernic sont entourés de rayons de matériau pulvérisé par l'impact. Ces rayons s'érodent et se recouvrent graduellement. Selon les normes lunaires, ils sont relativement jeunes, soit moins de 100 millions d'années dans le cas de Tycho.
On a déclaré que les empreintes laissées par Armstrong et Aldrin à la surface de la Lune y resteraient pour l'éternité. Faux! Elles aussi finiront par disparaître. Cela se fera néanmoins très lentement, et sans doute seront-elles encore visibles quand l'espèce humaine aura causé sa perte.