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Ken Tapping, le 3 mars 2010
Dans le ciel, cette semaine...
> Mars luit haut dans le ciel, à l'est, peu après le coucher du soleil.
> D'un éclat doré moyen, Saturne apparaît vers 20 h.
> La Lune entrera dans son dernier quartier le 7 mars.
Comme beaucoup d'autres professions, l'astronomie suppose passablement de déplacements. Les astronomes assistent à des colloques, travaillent avec des collègues de l'étranger et visitent des observatoires pour explorer le ciel. Parfois, l'impatience les ronge lorsqu'il faut attendre à l'aéroport et supporter des retards imprévus, le décalage horaire et d'autres vexations. Cependant, comparativement à leurs collègues des siècles passés, les astronomes d'aujourd'hui n'ont pas vraiment de motifs à se plaindre.
En 1760, l'astronome français Guillaume Le Gentil quitta la France pour le Pacifique afin d'observer le transit de Vénus sur le disque solaire. Il y a peu de temps encore, de tels évènements étaient d'une importance capitale pour établir les dimensions du système solaire. Les transits de Vénus sont rares; ils surviennent par coups de deux, à huit années d'intervalle, puis plus d'un siècle s'écoule avant le suivant. Le voyage en voilier ayant suscité des retards, le premier transit se produisit par beau temps, tandis que l'astronome se trouvait encore à bord du navire, de sorte qu'il ne put effectuer d'observations utiles. Face aux tribulations associées aux déplacements sur de longues distances à l'époque et le risque de ne pouvoir assurer le financement d'un futur voyage, notre astronome choisit de rester sur place et d'attendre huit ans pour assister au transit suivant. Malheureusement, le beau temps n'était pas de la partie et il ne vit rien. Lorsque Guillaume Le Gentil revint finalement en France, onze ans plus tard, après avoir survécu aux tempêtes, à la fièvre jaune et à d'autres périls, ce fut pour découvrir qu'on le croyait mort et que ses parents se partageaient ses biens.
Les mésaventures de cet astronome ne sont pas exceptionnelles. D'autres scientifiques convaincus connurent eux aussi des déboires. Jean-Baptiste Le Chappe, par exemple, reçut des autorités russes la mission d'observer un transit de Vénus dans un coin reculé de Sibérie. Après que son navire se fut échoué, il décida d'accomplir les 6 000 km restants par voie de terre, en partie durant l'hiver russe. Ses observations terminées, il choisit d'observer le second transit, huit ans plus tard, d'où il serait visible, c'est-à-dire dans les mers du Sud. Il obtint ses relevés puis contracta une maladie tropicale qui l'acheva. Ses observations réussirent néanmoins à parvenir à bon port.
William Wales fut dépêché de Grande-Bretagne jusqu'à la baie d'Hudson pour observer un autre transit. Arrivé plusieurs mois à l'avance afin d'être prêt, il eut le bonheur de connaître les rigueurs de l'hiver canadien. Sa couchette n'était qu'un bloc de glace et le froid faisait se contracter les planches de sa cabine qui claquaient avec le tonnerre d'un canon. Dormir était pénible. Puis vint le printemps. La glace fondit, la température grimpa et arrivèrent les moustiques. Wales écrivit qu'il préférait l'hiver. D'autres astronomes se sont perdus, ont été tués par des autochtones, se sont retrouvés en plein conflit armé ou ont tout simplement disparu. Aujourd'hui, nous n'avons plus grand-chose à nous plaindre.
À vrai dire, l'ère des astronomes errants tire à sa fin. Tout d'abord, les instruments d'astronomie modernes doivent être maniés par des opérateurs d'expérience plutôt que par des astronomes de passage. En outre, il est de plus en plus fréquent, dans les observatoires, d'avoir plusieurs séries d'observations en attente et d'en choisir une ou l'autre selon les conditions et la performance de l'équipement. Une fois les observations effectuées, on relaie simplement les données par Internet. Pour vraiment travailler dans un observatoire, le secret est d'acquérir de l'expertise sur un appareil ou un logiciel précis. Nous nous reverrons à l'aéroport.