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Lacs, nuages et pluie

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Ken Tapping, le 24 février 2010

Dans le ciel, cette semaine...

> Mars brille haut dans la partie est du firmament après le coucher du soleil.

> Modérément lumineux et de couleur dorée, Saturne apparaît vers 20 h.

> La Lune sera pleine le 28 février.

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L'eau est une des choses qui rend la vie sur notre planète si agréable. Aux températures existantes, on la retrouve sous trois états : gazeux, liquide et solide. À certains endroits, telles les régions volcaniques, elle prend même la forme de vapeur.

Quand l'eau s'évapore à la surface de la mer et des lacs, elle absorbe de l'énergie solaire. Les mers chaudes, comme celles des tropiques, libèrent beaucoup de vapeur d'eau. Lorsque la température dans l'atmosphère descend suffisamment bas, cette vapeur se condense et libère la chaleur qu'elle a emmagasinée. C'est à cette chaleur qu'on doit la majorité des systèmes climatiques. Elle fait gonfler les nuages vers le haut et alimente les tempêtes. C'est aussi de cette façon que l'énergie se déplace d'un lieu à l'autre sur le globe. L'eau libère de la chaleur quand elle se transforme en glace et en absorbe quand la glace fond. Aux latitudes les plus hautes, ce mécanisme joue un rôle important dans la régulation de la température.

Dans le système solaire, il n'y a qu'un seul autre endroit où on trouve une substance qui agit comme le fait l'eau sur la Terre : il s'agit de Titan, le plus gros satellite de Saturne. De l'espace, la sonde Cassini a découvert une surface parsemée de lacs, à l'image d'une bonne partie du territoire canadien. À son atterrissage, la sonde Huygens s'est retrouvée sur le lit asséché d'une rivière. Il pleut sur Titan, et cette pluie engendre des cours d'eau éphémères; il y vente aussi et on y trouve des systèmes climatiques.

Cependant, Titan se trouve environ 9,5 fois plus loin du Soleil que la Terre et ne reçoit qu'un peu plus de 1 % de la lumière et de la chaleur qui irradient notre planète. La température à la surface de Titan est d'environ -178 degrés Celsius, de sorte que le liquide dans ces lacs ne peut être de l'eau. On pense qu'il s'agit d'un mélange de méthane et d'éthane, deux hydrocarbures. Le méthane est un gaz à effet de serre très efficace, ce qui explique pourquoi il est si indésirable dans notre atmosphère. Sur Titan cependant, le remède est idéal, car il empêche le satellite de se refroidir davantage.

À d'aussi basses températures, Titan ne peut avoir une atmosphère ressemblant à la nôtre. L'atmosphère de Titan consiste en un épais brouillard d'hydrocarbures. La lumière solaire réchauffe le méthane et l'éthane présents dans la haute atmosphère pour produire un bouillon de composés chimiques organiques. Ceux-ci étant généralement solubles dans les hydrocarbures, la pluie de méthane et d'éthane qui tombe à la surface les entraîne jusque dans les lacs.

Il y a des milliards d'années, notre atmosphère ressemblait beaucoup à celle de Titan : pleine de méthane et d'autres hydrocarbures, mais évidemment beaucoup plus chaude. La soupe chimique qu'étaient les océans a sans doute contribué à l'apparition de la vie sur notre planète. Les premières formes de vie ont utilisé les hydrocarbures, tandis que les plantes primitives libéraient de l'oxygène pour transformer le monde en ce qu'il est aujourd'hui.

Les lacs sur Titan ont plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Ils devraient donc être permanents et assez stables pour que la vie s'y développe. Le plus formidable serait qu'on y fasse atterrir un autre engin spatial pour effectuer des études plus longues et plus précises sur ce satellite, ses lacs et son atmosphère, ainsi que pour y chercher la vie. Quelques robots explorateurs feraient l'affaire. Toutefois, sachant comment l'être humain se comporte quand il tombe sur de grosses réserves de pétrole, il vaudrait mieux attendre que notre économie ne repose plus sur les hydrocarbures avant d'autoriser un débarquement en masse sur ce satellite.