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Rien que des lunes

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Ken Tapping, le 17 février 2010

Dans le ciel, cette semaine...

> Vénus et Jupiter rasent l'horizon au crépuscule. Mars luit très haut à l'est, dans le ciel, après le coucher du soleil.

> Assez lumineux et de couleur dorée, Saturne apparaît vers 21 heures.

> La Lune entrera dans son premier quartier le 21 février.

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Il y a quelques décennies, la seule lune du système solaire dont nous pouvions étudier la surface était la nôtre. Les autres n'étaient que des points ou des taches floues, visibles au télescope. Il n'est donc pas étonnant que la science-fiction, tout comme la science, présumaient que ces satellites ressemblaient plus ou moins à celui de la Terre. Peut-être étaient-ils plus petits ou plus gros, voire plus froids, mais étaient essentiellement identiques. La seule exception était Titan, la plus grosse lune de Saturne. De couleur brunâtre dans les télescopes, ce satellite est pourvu d'une atmosphère. En général, les lunes manquaient d'intérêt. Quelle erreur!

Notre lune n'est qu'une boule rocheuse dépourvue d'atmosphère et couverte de cratères d'impact ainsi que de vastes champs de lave solidifiée depuis des milliards d'années. De nos jours, la lune présente peu de signes d'une activité quelconque, volcanique ou autre. Phobos et Deimos, les deux satellites de Mars, sont également des boules de roc sans atmosphère, de taille plus modeste. Ils ont la forme d'une pomme de terre, faute d'une gravité suffisante pour les arrondir. Aucune surprise de ce côté-là.

La situation change quand on arrive à Jupiter. Ses quatre lunes principales – Io, Europe, Ganymède et Callisto – ont été découvertes par Galilée. Un examen effectué à faible distance par les sondes spatiales a cependant révélé des aspects fascinants de ces satellites. Io, Europe et Ganymède s'influent mutuellement en vertu des lois de la gravitation et interagissent avec Jupiter, ce qui les malaxe et les transforme, engendrant une chaleur colossale. Ce « chauffage de marée » modifie complètement la situation. Ce chauffage est le plus intense sur Io, la lune la plus proche de Jupiter, ce qui en fait le lieu le plus volcanique du système solaire. D'innombrables volcans à la surface de ce satellite crachent des coulées jaunes, orange, rouges et brunes de soufre en fusion qui tapissent le relief. Il fait un peu moins chaud sur Europe, la deuxième lune la plus proche de Jupiter. Europe est recouverte de glace, sous laquelle se cache un océan noir d'eau à l'état liquide. La chaleur et les composés chimiques qui se dégagent des cheminées volcaniques, sur le plancher océanique, pourraient très bien nourrir des populations de formes de vie étranges, comme celles observées près des cheminées hydrothermales au fond des océans de notre planète.

Un peu plus loin et encore plus froide, Ganymède possède aussi des volcans, et un océan liquide pourrait se cacher sous son épaisse couche de glace. Enfin, Callisto, beaucoup plus loin dans l'espace, ne connaît pas un grand réchauffement de marée. Peut-être y a-t-il de l'eau liquide à l'intérieur de ce satellite, mais c'est celui qui ressemble le plus à la boule rocheuse gelée qu'on imaginait.

Avant même qu'un engin spatial aille observer les choses de près, nous savions que Titan, la plus grosse lune de Saturne, était différente. Elle était manifestement dotée d'une atmosphère, et nous savons maintenant, au terme des observations effectuées en orbite et directement à sa surface, que cette atmosphère se compose de méthane et d'autres hydrocarbures. Il y pleut du méthane et de l'éthane qui forment rivières et lacs. La vie existe-t-elle sur Titan?

Les lunes d'Uranus sont des boules rocheuses. Miranda, la plus proche, donne l'impression d'avoir été pulvérisée avant que ses fragments se ressoudent. Triton, la lune le plus près de Neptune, ne manque pas non plus d'intérêt. On le doit une fois de plus au chauffage de marée. De l'espace, on remarque une multitude de geysers sombres éjectant des gaz et de la matière foncée dans une atmosphère ténue, où des vents violents les dispersent latéralement.