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Monts lunaires

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Ken Tapping, le 03 juin 2009

Dans le ciel, cette semaine...

> Saturne brille haut dans la partie australe du ciel en soirée.

> Jupiter apparaît vers 2 heures; Vénus et Mars se lèvent vers 4 heures.

> Il y aura pleine lune le 8 juin.

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Un des grands moments vécus par Galilée survint quand il braqua son télescope rudimentaire sur la Lune. Au lieu de la perfection divine qu'elle aurait dû refléter à l'instar des autres corps célestes, ainsi qu'on en était persuadé à l'époque, la Lune trahissait les mêmes imperfections que la Terre : des chaînes de montagnes et des cratères en émaillaient la surface. Aujourd'hui, n'importe quel télescope de qualité raisonnable montrera ce que découvrit Galilée, mais d'une manière beaucoup plus détaillée. La Lune est criblée d'une multitude de cratères, allant de quelques centimètres, tels ceux observés par les astronautes de la mission Apollo, à environ 200 km de diamètre. Des chaînes montagneuses et des champs de lave, naguère appelés « mers », couvrent près de 20 % de sa surface.

À notre époque, où il est question de tectonique des plaques et de zones de subduction, on sait assez bien comment sont nées les montagnes de la Terre. Sur notre planète, il y a deux types de cratères : ceux d'origine volcanique et ceux, plus anciens, d'origine météorique. Désormais, grâce aux astronautes de la mission Apollo et aux engins spatiaux qui ont étudié de près notre satellite, il est possible de comparer les cratères lunaires aux cratères terrestres, ce qui laisse apparaître d'intrigantes différences.

Ainsi, la Colombie-Britannique et le reste de l'Amérique du Nord se déplacent lentement vers l'ouest où elles butent contre le plancher de l'océan Pacifique et les îles qui s'y trouvent. Sous le choc, le bord de la plaque nord-américaine se plisse, engendrant des montagnes. Une partie du plancher océanique et des îles s'empile aussi sur la côte ouest, créant d'autres monts. Le reste glisse sous le continent pour former une zone de subduction. Loin sous le sol, là où le thermomètre atteint des températures incroyables, la matière fond, se mue en lave et en vapeur surchauffée qui remontent en bouillonnant à la surface, faisant entrer en éruption des volcans et libérant des flots de lave sur des centaines de kilomètres carrés. Le même phénomène se produit partout dans le monde où il y a des zones de subductions. Ces régions sont également celles où surviennent le plus de séismes.

L'eau semble jouer un rôle capital dans la tectonique des plaques et les zones de subduction. Or, la Lune est essentiellement privée d'eau et, pour autant qu'on le sache, n'a ni plaques tectoniques ni zones de subduction, et ce, depuis des milliards d'années. Sans zones de subduction, pas de mécanisme pour donner naissance aux volcans et aux chaînes montagneuses. Par ailleurs, on présume que la Lune est totalement solide aujourd'hui, y compris son coeur, alors que celui de la Terre est chaud et partiellement en fusion.

La Terre compte de nombreux volcans et peu de cratères d'origine météorique. On le doit au fait que le déplacement des plaques tectoniques a tendance à créer des volcans et à effacer les cratères creusés par les météores, à l'instar du climat. Sans plaques tectoniques ni intempéries pour les éroder, les cratères lunaires sont principalement issus d'une collision avec des météores et se sont accumulés pendant des milliards d'années. Certains impacts, dans un passé très lointain, étaient phénoménaux et ont libéré suffisamment de chaleur pour produire des lacs de lave de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre. Les monts lunaires qu'on voit aujourd'hui sont en réalité le bord de ces cratères qui se chevauchent ici et là pour constituer des chaînes montagneuses de taille respectable. Au cours des dernières décennies, nous en avons appris beaucoup sur la géologie de la Lune, de la Terre et des autres planètes. Le fait d'étudier leurs similitudes et leurs différences nous éclaire sur les forces fondamentales qui ont donné naissance aux montagnes.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.