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Ken Tapping, le 06 mai 2009
Dans le ciel, cette semaine...
> Saturne domine au sud, dans le ciel, en soirée.
> Jupiter se lève vers 3 h. Vénus et Mars apparaissent vers 5 h.
> Pleine lune le 8 mai.
Un soir, dans les années 1980, je me trouvais dans une voiture en compagnie d'un de mes amis, physicien de l'ionosphère, au fin fond du parc provincial Algonquin, en Ontario. Dehors, entre les arbres, nous avions installé un long câble en forme de boucle dont les extrémités pénétraient dans le véhicule. Elles y étaient branchées à un amplificateur très sensible et à un enregistreur, tous deux alimentés par une batterie. L'endroit que nous avions choisi était situé à au moins 50 km de la plus proche ligne à haute tension, car les parasites engendrés par les fils transportant l'électricité auraient pu compromettre notre expérience. Je me souviendrai toujours de la silhouette des grands pins se détachant sur un ciel étoilé d'une limpidité surprenante, ainsi que des sons incroyables sortant du haut-parleur. Avant d'y venir cependant, je dois remonter le cours du temps jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.
La Première Guerre mondiale fut une guerre de tranchées hautement technologique. De vastes réseaux de tranchées pourvus de casemates, de centres de communications et de quartiers généraux se faisaient face, séparés par une bande de terre criblée de trous d'obus appelée zone neutre. Les combats étant dans une large mesure statiques, les belligérants avaient aménagé chacun de leur côté d'importants systèmes de lignes téléphoniques pour faire circuler l'information et distribuer les ordres. On comprend qu'il aurait été utile de savoir ce que mijotait l'ennemi, c'est pourquoi on s'efforçait constamment de surprendre ses communications. Une façon de le faire consistait à étendre un fil le long des tranchées et à le brancher aux amplificateurs les plus sensibles disponibles afin de capter les signaux rayonnant des lignes téléphoniques. En effet, il est impossible de transmettre un signal par fil sans qu'une partie de ce signal se perde dans l'espace. Une interception électronique illicite de ce genre était donc tout à fait logique. Le stratagème fonctionnait, du moins une partie du temps. À la grande surprise des opérateurs, le fil captait d'autres bruits : sifflements, craquements, piaulements et longs coups de sifflet allant decrescendo. Au départ, on crut qu'il s'agissait du bruit des obus zébrant l'air. Cependant, on constata vite qu'il s'agissait de tout autre chose. On venait de découvrir une technique pour détecter ce qui se produisait dans le champ magnétique terrestre. Ces observations ouvrirent un nouveau champ de recherche qu'on applique désormais non seulement à la Terre, mais aussi aux autres planètes.
La Terre et quelques autres planètes sont entourées d'un champ magnétique. Les vents solaires repoussent ce champ, lui donnant la forme d'une larme allongée. Le frottement des vents solaires à la surface du champ magnétique engendre des ondes, un peu comme les rides créées par le vent lorsqu'il souffle sur l'eau. Parfois, ces ondes sont assez fortes pour briser les lignes du champ magnétique et accélérer les particules jusqu'à ce qu'elles acquièrent beaucoup d'énergie; les vents solaires perdent aussi constamment des particules à haute énergie. Enfin, la foudre fait vibrer les lignes du champ magnétique. Il en résulte un véritable concerto d'ondes dont les notes évoquent le cri d'animaux en train d'être nourris dans un zoo cosmique. Ces ondes suivent les lignes du champ magnétique vers la surface de la Terre. Certaines traversaient notre câble et ce sont elles que nous enregistrions. Ce n'étaient que stridulations, coups de sifflet, piaulements et bruits de tuyauterie. Nous faisons souvent jouer ces enregistrements lors de conférences. Invariablement, les gens pensent qu'il s'agit d'extraterrestres. Il s'agit évidemment d'un phénomène tout à fait naturel, mais quand on songe qu'il a pris naissance dans le vide apparent de l'espace, à des centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, par suite d'étranges mécanismes physiques, le terme « extraterrestre » n'est peut-être pas si déplacé que cela.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.