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Ken Tapping, le 22 avril 2009
Dans le ciel, cette semaine...
> Vénus, Mars et Jupiter frôlent l'horizon dans les feux de l'aurore.
> Nouvelle lune le 24 avril.
Depuis au moins un siècle, les astronomes sont persuadés que des planètes tournent autour d'autres étoiles. Après tout, notre soleil est une naine jaune typique, et il en existe d'innombrables comme elles dans le ciel. En outre, les théories actuelles sur la formation des étoiles tendent plus ou moins vers l'existence de planètes. Toutefois, les étoiles brillent très fort et on ne voit les planètes que parce qu'elles réfléchissent une fraction de la lumière qui les éclaire. En dénicher une reviendrait à essayer de distinguer un papillon de nuit voletant autour d'un lointain projecteur. Voir directement des mondes graviter autour d'autres astres paraissait donc une impossibilité au départ. C'est pourquoi les astronomes ont commencé à tester des méthodes de détection plus indirectes.
Bien qu'elles soient beaucoup plus massives que les planètes, les étoiles qui en sont dotées ont tendance à osciller légèrement, un peu comme si on regardait quelqu'un danser avec un partenaire invisible. Parfois on voit le danseur s'approcher, à d'autres moments il s'éloigne et on en déduit la présence d'un invisible partenaire. Chercher des planètes de cette façon est malaisé. Tout d'abord, l'effet est minuscule; ensuite, les mesures sont prises à la surface d'une balle pivotant sur son axe qui se déplace autour d'un soleil tournant lui-même autour du centre d'une galaxie. Néanmoins, la méthode fonctionne. Heureusement, des personnes ingénieuses ont imaginé une technique plus facile. En effet, on pourrait déceler une planète d'après l'infime variation de luminosité qui survient lorsque cette planète passe devant son étoile. La sensibilité des instruments contemporains fait en sorte que cette méthode donne de très bons résultats. À dire vrai, il est possible d'observer un bloc d'étoiles simultanément dans le ciel et d'attendre que l'une d'elles s'assombrisse très légèrement lorsqu'une planète arrive devant. Les astronomes amateurs chevronnés se sont mis de la partie et ont réussi eux aussi à découvrir des planètes. À présent, on en dénombre une centaine tournant autour d'autres astres. Cependant, jusqu'à présent, toutes avaient été détectées de façon indirecte. Mais ce n'est plus le cas.
Avant qu'elle parvienne jusqu'à un télescope, la lumière d'une étoile lointaine se sera détériorée. Rien ne l'aura affectée durant la majeure partie de son périple dans l'espace, mais la dernière étape l'amènera dans notre turbulente atmosphère, qui brouillera l'image tout en la faisant trembloter et miroiter. Et en plus tout télescope, aussi bon soit-il déformera encore cette image. Hormis le soleil, toutes les étoiles devraient ressembler à un point lumineux dans un télescope. Or, l'instrument et l'atmosphère lui donneront l'aspect d'une tache globulaire chatoyante entourée d'anneaux, qui camoufleront les objets peu lumineux à proximité. Heureusement, de nos jours, lorsqu'on peut mesurer les distorsions causées par l'atmosphère et l'instrument, il est possible de les annuler dans une mesure étonnante.
C'est ce qu'à fait l'an dernier Christian Marois, un des astrophysiciens de l'Institut Herzberg d'astrophysique du CNRC, à Victoria. Il examinait l'étoile HR 8799, astre anodin situé à 128 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Pégase. Puisqu'on ne peut jamais éliminer tout à fait les effets des données avant de posséder absolument toute l'information, l'éclat de cette étoile se résumait à un ensemble de stries colorées. Cependant, on apercevait nettement trois planètes sur l'image. Après que l'on se soit battu pendant plusieurs décennies avec des preuves indirectes, quelqu'un voyait enfin vraiment des planètes tourner autour d'une autre étoile. Cette réalisation constitue une nouvelle percée en astronomie et ajoute une dimension supplémentaire à l'étude des systèmes extrasolaires.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.