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Ken Tapping, le 1 avril 2009

Dans le ciel, cette semaine...

> Vénus réapparaît dans les premières lueurs de l'aube, qui camouflent aussi la plupart des autres planètes, celles-ci étant trop basses pour qu'on les voie aisément.

> La Lune entrera dans son premier quartier le 2 avril.

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Météores et météorites intéressent beaucoup les scientifiques. Tout d'abord, ces objets sont des échantillons de matériel issus d'un autre monde. Il peut s'agir de fragments de la Lune, de Mars ou d'autres planètes, voire de matériaux qui ont servi à former le soleil et les planètes. Peut-être même sont-ils des représentants venus du fin fond du système solaire ou de l'espace interstellaire.

Ce que les météores et météorites nous apprennent ne se résume pas à ce qu'on peut savoir en les tenant dans la main ou en les analysant au laboratoire. Les scientifiques veulent suivre leur course dans l'atmosphère, non seulement parce qu'on pourrait établir où ils ont percuté le sol, afin de les récupérer, mais aussi parce qu'on pourrait alors calculer leur orbite, donc leur trajectoire dans l'espace jusqu'à ce qu'elle croise la route de notre planète. En estimant leur orbite, on saura mieux d'où viennent ces cailloux ou ces morceaux de fer-nickel. Les scientifiques rêvent de détecter ces objets bien avant qu'ils pénètrent dans l'atmosphère, ce qui n'arrive pas très souvent. Néanmoins, c'est exactement ce qui s'est produit le 7 octobre 2008.

Le 6 octobre, on remarque un petit objet approchant la Terre. Baptisé 2008 TC3, on estime qu'il mesure quelques mètres de diamètre. D'après les observations, ceux qui l'ont découvert calculent qu'il pénétrera dans l'atmosphère le lendemain à 2 h 46 temps universel. Ils estiment en outre que le météorite entrera dans l'atmosphère au-dessus du Soudan et qu'en raison de ses dimensions, il formera sans doute une boule de feu très spectaculaire. Les passagers d'un avion, plusieurs satellites et de nombreuses personnes au sol ont effectivement pu observer ce spectacle. Fait curieux, le météore a explosé en une multitude de fragments très tôt dans sa traversée de l'atmosphère, à environ 37 kilomètres d'altitude. Possédant des données précises sur sa course, on a pu obtenir une bonne estimation de l'endroit où atterriraient les fragments. La NASA a transmis cette information, puis un professeur de l'Université de Khartoum et ses étudiants se sont mis en chasse et ont trouvé les fragments à l'endroit prévu.

Que l'objet se soit désintégré à si haute altitude laisse croire qu'il était fait d'un matériau relativement peu robuste, bref qu'il s'était formé sans subir de forte compression due à la gravité. La chose est particulièrement intéressante, car cet incident rappelle l'explosion survenue dans l'atmosphère au-dessus du lac Tagish, en Colombie-Britannique, en janvier 2000. L'incident avait engendré une boule de feu visible jusqu'au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Certains fragments contenaient des molécules organiques (à base de carbone). Cela ne prouve pas que la vie existe ailleurs dans l'univers, mais la découverte est encourageante.

De tels événements pourraient nous en apprendre davantage sur ce qui s'est produit en 1908 au-dessus de la Toungouska, en Sibérie. Un objet avait alors éclaté à très haute altitude, causant une explosion assez violente pour abattre les arbres à des milles à la ronde. Si les météorites de Khartoum et du lac Tagish étaient trop petits pour être vraiment menaçants, celui de la Toungouska était nettement plus gros. Le météore 2008 TC3 a été détecté 20 heures avant sa pénétration dans l'atmosphère, trop tard pour qu'on puisse faire quoi que ce soit. Combien de temps faudrait-il pour détecter un météore aussi gros que celui de la Toungouska avant qu'il nous heurte, et quelles mesures pourrait-on prendre?


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.