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Il nous a manqué de peu!

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Ken Tapping, le 11 mars 2009

Dans le ciel, cette semaine...

> On ne peut manquer d'admirer Vénus dans à l'ouest dans le ciel.

> Saturne se lève tôt dans la soirée. Quoique bien moins spectaculaire que Vénus à l'oeil nu, Saturne est beaucoup plus intéressant à regarder au télescope.

> Le 10 mars sera une nuit de pleine lune, appelée la lune des eaux de fonte.

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Le lundi 2 mars à 13 h 44 TU, nous avons bien failli être frappés par un astéroïde mesurant entre 20 et 50 mètres de diamètre. L'objet rocheux est passé à seulement 72 000 km de la Terre, soit environ un sixième de la distance qui nous sépare de la Lune, et moins de deux fois la distance à laquelle se trouve la ceinture où gravitent les satellites géostationnaires de télédiffusion et autres satellites importants. Si cet astéroïde avait heurté la Terre, l'impact aurait provoqué une catastrophe similaire à celle survenue à Toungouska, en Sibérie, en 1908. La chute d'une météorite dans cette région avait alors provoqué une gigantesque explosion, qui ravagea 80 millions d'arbres sur 2 000 km2 et fit trembler les verres dans les armoires jusqu'à Paris, à des milliers de kilomètres de là! C'était l'équivalent d'une bombe thermonucléaire dotée d'une charge de 10 à 15 mégatonnes de TNT.

Si l'astéroïde de Toungouska n'a pas eu l'impact dévastateur d'autres objets qui ont frappé notre planète dans un passé plus lointain, c'est seulement parce qu'il est tombé dans un lieu très isolé. S'il était tombé en Europe de l'Ouest ou sur la côte Est de l'Amérique du Nord, il aurait pu tuer des millions de gens et laisser une vaste zone en état de dévastation. L'objet qui nous a frôlés lundi n'était pas non plus le plus rapproché de ceux qui nous ont évités de justesse. À notre connaissance, le plus près que nous soyons venus d'un impact météoritique remonte à mars 2004, alors qu'un objet portant le nom de 2004 FU162 est passé à seulement 6 500 kilomètres de la Terre. Cet astéroïde mesurait à peine 6 mètres de diamètre, mais il filait à des dizaines de kilomètres à la seconde et aurait pu causer d'importants dégâts s'il était tombé dans une région densément peuplée. De nos jours, nous réalisons davantage la menace que posent les objets dont la trajectoire autour du Soleil croise l'orbite terrestre. Ils sont traqués au télescope par les astronomes, et les Nations Unies ont même créé un groupe de travail pour étudier le problème.

L'astéroïde de lundi, baptisé 2009 DD45, avait été détecté le samedi précédent par des astronomes de l'observatoire de Siding Spring, en Australie. Ces petits objets gris foncé ou presque noirs, éclairés seulement par la lumière du Soleil, sont très difficiles à détecter; c'est pourquoi nous n'avons souvent que quelques jours d'avis avant qu'ils n'arrivent dans nos parages, comme dans ce cas-ci. Mais même si on avait pu détecter cet objet plus tôt, nous n'aurions pas pu faire grand-chose pour éviter un désastre, à part tenter de déterminer à quel endroit sur la Terre il était le plus susceptible de tomber et évacuer tous les habitants dans un rayon de quelques kilomètres du point d'impact.

Les films de science-fiction qui nous montrent des astronautes intrépides allant à la rencontre d'astéroïdes pour les faire exploser avant qu'ils n'atteignent la Terre sont, et demeureront vraisemblablement, du domaine de la fiction. Faire exploser un astéroïde équivaut à remplacer une grosse masse menaçante par des millions de plus petites, tout aussi dangereuses. Modifier l'orbite d'une roche pesant plusieurs millions de tonnes n'est pas chose facile, et les fragments continueront leur course sans dévier de leur trajectoire originale, ne faisant ainsi que multiplier le danger. La seule option techniquement envisageable à l'heure actuelle consiste à identifier ces objets des années à l'avance et à tenter de modifier leur trajectoire en envoyant un petit engin spatial à leur rencontre pour y fixer un petit moteur-fusée. En utilisant le matériau de l'objet lui-même comme carburant, ce petit moteur-fusée pourrait appliquer une poussée suffisante pour modifier l'orbite de l'astéroïde et ainsi éviter un impact avec la Terre. Évidemment, avec un ou deux jours d'avis, cela n'est pas possible. Il reste beaucoup à faire pour mettre au point de meilleures méthodes de détection et de meilleures techniques de détermination de l'orbite de ces objets, puis pour trouver des options viables afin de les neutraliser avant qu'il ne soit trop tard. L'événement de lundi était un rappel important de Dame Nature concernant l'urgence de s'y mettre sans tarder.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.