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Un bolide dans l'Okanagan

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Ken Tapping, le 18 février 2009

Dans le ciel, cette semaine...

> Vénus brille toujours au sud-ouest, jusque très tard en soirée.    


> Saturne apparaît vers 20 h.


> Nouvelle lune le 24 février.

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Le soir du mardi 10 février et le lendemain matin, le téléphone sonnait sans arrêt à l'observatoire. Partout dans la vallée de l'Okanagan, des gens appelaient pour signaler ce qu'ils avaient vu dans le ciel. Voici un condensé de ces rapports, qui parlent d'une grosse boule de feu ou d'un bolide.

Vers 16 h 30, un objet extrêmement brillant semblable à une étoile a surgi dans le ciel au-dessus du nord ou du centre de la vallée. Au sud, on pouvait le voir jusqu'à Okanagan Falls, au sud de Penticton. Il laissait un trait de feu en traversant le ciel vers l'ouest et, selon quelques observateurs, le bolide a explosé en une multitude de fragments au moment où il rejoignait l'horizon à l'ouest. Un rapport venant de Hundred Mile House, environ 80 km au nord-ouest de Kamloops, parle de bruits d'explosion rappelant le tonnerre. De toute évidence, quelque chose a pénétré l'atmosphère terrestre à très grande vitesse. La friction l'a chauffé à blanc, sublimant une partie de sa matière, qui a pris la forme d'une traînée lumineuse. Puis, l'objet a éclaté.

Les deux principales explications sont qu'il s'agissait soit d'un objet de facture humaine retombant sur Terre, soit de l'arrivée d'un amas rocheux ou ferreux, datant de la formation du système solaire. Pour l'instant, rien n'est sûr, mais de solides indices tendent vers la seconde hypothèse. Tout d'abord, l'objet filait vers l'ouest. Or il est rare qu'on lance des engins spatiaux dans cette direction. On le fait plutôt vers l'est, car on profite alors de plusieurs centaines de kilomètres à l'heure sans l'action de la rotation terrestre. En effet, lancer un satellite dans l'autre direction signifierait combattre la rotation de la Terre. On en déduit que le bolide n'était pas de facture humaine. En outre, les observations laissent croire que l'objet plongeait vers le sol. Or, les satellites qui quittent leur orbite se déplacent presque horizontalement ou selon un très faible angle de chute durant la rentrée dans l'atmosphère, qui les consume. La seule exception concernerait les sondes spatiales ou les fusées de lancement d'une mission interplanétaire, mais il n'y a aucun candidat sur la liste. L'explication la plus plausible est donc qu'il s'agissait d'un amas rocheux peut-être de la taille d'une valise, se déplaçant à la vitesse de 30 000 à 100 000 km à l'heure.

Dans l'espace, l'amas était glacé. En pénétrant l'atmosphère terrestre, la friction en a chauffé la croûte jusqu'à ce qu'elle rougisse à blanc. La pierre étant mauvaise conductrice de chaleur, l'âme du bolide est restée froide. L'écart entre la température extérieure et la température intérieure aura néanmoins causé un grand stress. L'objet s'enfonçant de plus en plus dans l'atmosphère, l'air plus dense l'aura brutalement freiné, le ralentissant si fort que si quelqu'un s'était trouvé à l'intérieur, il en aurait été complètement aplati. En chutant, l'objet a naturellement adopté la configuration la plus aérodynamique, jusqu'à ce que les contraintes créées par la chaleur et la décélération deviennent assez fortes pour en arracher un fragment. L'équilibre des forces de traînée a alors été rompu, ce qui a fait culbuter l'objet à une vitesse supersonique jusqu'à son éclatement. De là viennent sans doute les bruits d'explosion entendus à Hundred Mile House. À mon avis, les débris se sont éparpillés quelque part entre Kelowna, Penticton, Kamloops et Princeton. Malheureusement, dans ce territoire couvert de forêts, il est peu probable qu'on découvre quoi que ce soit. Évidemment, j'ai raté le spectacle.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.