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Radioastronomie?

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Ken Tapping, le 10 décembre 2008

Dans le ciel, cette semaine...

> upiter et Vénus se frôlent au sud-ouest, peu après le coucher du Soleil.

> Saturne surgit aux aurores.

> La Lune sera pleine le 12 décembre.

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Pendant 11 ans, une partie de mon travail consistait à défendre les intérêts des radioastronomes canadiens tant au pays qu'à l'étranger comme membre de la délégation canadienne aux rencontres de l'Union internationale des télécommunications de l'ONU, à Genève. L'expérience pouvait varier d'angoissante à agréable ou d'ennuyeuse à captivante. Cependant, rester assis derrière un petit écriteau disant « Canada » demeure une expérience unique. Toutes ces rencontres concernaient la gestion du spectre électromagnétique; en ce qui me concerne, je m'intéressais surtout à la place de la radioastronomie dans ce tableau complexe.

Un des aspects les plus intrigants du travail est qu'on a droit à un avant-goût des nouveaux services radio longtemps avant leur apparition sur le marché. Ainsi, en 1997, la question du jour était de savoir où placer les appareils de communication, de divertissement et d'information personnels dans le spectre électromagnétique. Aujourd'hui, ces dispositifs sont en vente partout et beaucoup de gens en possèdent un.

Les pressions exercées pour intégrer plus de systèmes radio et d'appareils électroniques dans un spectre électromagnétique déjà très encombré pose un défi particulier à la radioastronomie. En effet, cette science recourt à la technologie radio la plus sensible qui soit, aux limites de ses capacités, si bien qu'elle s'avère très vulnérable aux interférences. Ce qui nous amène aux complexités de la gestion du spectre, alors qu'on doit tenir compte des intérêts de chacun.

Une façon d'atténuer le problème des interférences serait de placer les radiotélescopes ailleurs que sur Terre. Sur la face cachée de la Lune, par exemple, où ils seraient à l'abri des interférences venant de la planète. Une autre solution serait de les installer à l'un des points de Lagrange, ces lieux dans l'espace où la gravité du Soleil et celle de la Terre s'équilibrent pour former des îlots où les objets qui y sont placés ne dériveront pas.

Cette deuxième solution conviendrait aux instruments qui ne servent qu'à une chose, car impossible de changer d'idée une fois que l'appareil est en route. En théorie, la face cachée de la lune serait préférable, mais il faudra attendre quelques décennies avant d'y parvenir. Tant qu'il n'y aura pas de base lunaire habitée à proximité des radiotélescopes, les arguments ne manqueront pas pour que la radioastronomie se poursuive à la surface de notre planète, en dépit des difficultés que cela suppose. En effet, il est facile de perfectionner les radiotélescopes terrestres et d'appliquer rapidement de nouvelles idées. D'autre part, si les astronomes découvrent quelque chose de neuf, on peut très vite installer un instrument pour l'étudier. Les radiotélescopes spatiaux n'ont pas cette souplesse. Enfin, un aspect important de l'apprentissage d'une science ou d'une technique consiste pour les étudiants à travailler physiquement avec les appareils. Ces étudiants sont ceux qui piloteront la science et l'instrumentation canadiennes de demain. Pas besoin d'être astronaute pour s'occuper des appareils posés sur le sol.

De nouvelles technologies voient le jour pour les installations terrestres. Ici même, un groupe met au point de nouvelles antennes et quelques-uns de nos ingénieurs coopèrent avec l'Université de Calgary pour créer le récepteur radio le plus sensible de l'histoire. Ces travaux pourraient révolutionner la radioastronomie et les technologies des communications. Travailler aux frontières de la science et de la technologie est fort plaisant... du moins, la plupart du temps.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.