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Ken Tapping, le 24 septembre 2008
Dans le ciel, cette semaine...
> Mercure et Mars frôlent l'horizon à l'ouest, peu après le coucher du Soleil, près de l'étoile Spica.
> Saturne en fait autant dans les lueurs de l'aube.
> Jupiter domine toute la nuit dans la partie sud du firmament.
> Nouvelle lune le 29 septembre.
> La lueur qui éclaire le ciel peu avant le lever du Soleil est la lumière zodiacale, soit les rayons du Soleil réfléchis par la poussière tournant autour de l'astre solaire.
Une intéressante photo fait actuellement la une des manchettes en astronomie. Le cliché a été pris grâce au télescope Gemini North, situé au sommet du Mauna Kea, à Hawaï. Le Canada détient une part dans ce télescope, l'un des plus grands au monde, avec son miroir de huit mètres. Prendre une telle photo aurait cependant été impossible sans le système d'optique adaptative mis au point dans une large mesure au Canada. Ce système autorise la prise de photographies de qualité identique à celles du télescope Hubble, mais du sol, car il corrige le flou résultant des turbulences atmosphériques.
L'image montre une jeune étoile jaune très semblable au Soleil et la planète qui la voisine. On présumait que de telles étoiles existaient dans l'espace et que des planètes les orbitaient, mais en voici la première preuve concrète. Il s'agit d'une question importante pour l'humanité, qui cherche à savoir si la vie existe ailleurs dans l'Univers. Les étoiles plus massives que le Soleil brillent tant qu'elles consument leurs réserves d'énergie en l'espace de quelques millions d'années. La vie n'a donc pas le temps de se développer suffisamment pour prendre une forme tant soit peu évoluée sur les planètes à proximité. En revanche, les étoiles sensiblement plus petites dispensent leur énergie si chichement qu'elles pourraient durer aussi longtemps que l'Univers. Cependant, il faudrait énormément de chance pour qu'une planète se retrouve à la distance idéale pour supporter la vie. Plus près ou plus loin, la chaleur ou le froid ne le permettraient pas. Pour autant qu'on le sache, les étoiles les plus susceptibles d'engendrer la vie sont celles ressemblant au Soleil.
L'étoile sur la photo se situe à environ 500 années-lumière et jouit du nom assez abstrait et fort peu poétique de 1 RXS J160929.1-21 0524. Les Arabes s'y prenaient autrement mieux, affublant les étoiles de noms tels Mizar, Alcor, Aldébaran, Dubhe ou Kochab. La planète n'est pas vraiment de nature terrestre. Elle a environ huit fois la masse de Jupiter et la température à sa surface approche 1 500 degrés Celsius en raison de la proximité de l'étoile. Néanmoins, il s'agit d'une planète et elle tourne autour d'une étoile similaire au Soleil. La découverte a son importance.
Une vie comme la nôtre a besoin de planètes sur lesquelles s'installer. En trouver constitue donc la première étape qui établira si le système solaire est le seul lieu de l'Univers où existe la vie. Beaucoup de temps s'est écoulé avant qu'on découvre des planètes orbitant d'autres étoiles. Avant la fin du XXe siècle, on croyait la chose irréalisable.
Le problème est que les étoiles brillent énormément; les planètes ne sont visibles que parce qu'elles reflètent un peu de la lumière de l'étoile autour de laquelle elles gravitent. Imaginez trouver une luciole posée sur le bord d'un projecteur à quelques centaines de kilomètres de distance. Les astronomes ont toutefois imaginé d'autres moyens. En effet, on peut chercher la minuscule oscillation d'une étoile quand les planètes tournent autour d'elle ou les minuscules baisses de luminosité qui surviennent quand une planète passe devant l'étoile et bloque une infime fraction de sa lumière. Les appareils assez sensibles pour détecter des variations aussi faibles sont désormais à portée de bourse des amateurs. Jusqu'à présent, astronomes amateurs et professionnels ont découvert plus de 300 mondes tournant autour d'autres étoiles que le Soleil. Malheureusement, seuls les instruments dotés d'un système d'optique adaptative comme les télescopes Gemini permettent de les voir.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.