Conseil national de recherches Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Prospecter Mars

Avertissement L'information sur cette page a été archivée et n'est conservée qu'aux fins de référence, de recherche ou de tenue de dossiers. Visitez le nouveau site du CNRC pour y trouver les informations les plus récentes.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.


Ken Tapping, le 18 juin 2008

Dans le ciel, cette semaine...

> Mars et Jupiter naviguent haut dans le ciel, au sud-ouest, en soirée.

> Jupiter se montre vers 23 h.

> La lune sera pleine le 18 juin.

a

Près du Phoenix Lander, au bord de la calotte de glace de l'Arctique martien, deux traces marquent désormais le sol. La sonde a réussi à déployer son bras robotisé et a ramassé deux pelletées de terre martienne. Cela paraît anodin, mais il pourrait s'agir d'un grand pas vers notre quête de la vie sur la planète rouge.

Une partie de la poussière récoltée a été déposée dans l' « analyseur thermique et gazeux évolué », sorte de four techno dans lequel l'échantillon sera chauffé et les gaz libérés par la chaleur, analysés. Une photo retransmise par la sonde montre l'entrée du four maculée de poussière. Qu'espère-t-on tirer d'une telle expérience?

Imaginez qu'une version extraterrestre de Phoenix atterrisse dans votre jardin. Supposez qu'elle soit privée d'appareil photo, ce qui l'empêcherait de voir les automobiles, les enfants, les chats et les chiens ou d'autres choses bouger autour d'elle. Un bras mécanique se déploie, prélève de la terre et la dépose dans un four, où l'échantillon est cuit et les gaz, analysés. Comme la vie pullule sur notre planète, l'échantillon serait gorgé de composés chimiques organiques. La vie telle qu'on la connaît repose sur la chimie de substances réagissant énormément entre elles et qui, une fois libérées dans le milieu, disparaissent rapidement en se combinant à d'autres substances. Leur présence dans les gaz dégagés par l'échantillon durant son chauffage signifieraient que des formes de vie quelconques les produisent continuellement. Bien sûr, rien ne permet de présumer que la vie sur Mars repose sur la même chimie que la vie terrestre, mais on peut supposer qu'elle laisse des réactifs chimiques éphémères comme signature, des réactifs qui se renouvelleraient constamment.

Quand elle s'est posée sur Mars, il y a quelques décennies, la sonde Viking a prélevé des échantillons de sol puis les a testés, ce qui a révélé des substances chimiques très réactives. Au départ, on en avait déduit qu'il y avait de la vie sur Mars. Par la suite, les scientifiques ont toutefois montré qu'on obtenait des résultats analogues autrement. L'atmosphère martienne est trop ténue pour stopper les rayons ultraviolets du Soleil. Ces rayonnements énergétiques réagissent avec les composés chimiques présents dans le sol pour produire des super oxydes et des peroxydes très instables et réactifs, comme le ferait une forme de vie. Les résultats de ces expériences ont donc interdit toute conclusion sur la présence de vie sur Mars. Cette erreur ne se répétera pas. L'équipement d'analyse de Phoenix est beaucoup plus sophistiqué et sera plus précis dans la détection des produits chimiques.

Surveillez cette rubrique. De nouveaux résultats, passionnants, pourraient bien y apparaître dans les mois à venir. Une surprise a été la nature grumeleuse du sol. L'ouverture du four est protégée par un tamis qui laisse passer les particules de moins d'un millimètre. Chacun espère que de fins éléments ont pénétré à l'intérieur. Si ce n'est pas le cas, on procédera à d'autres essais.

Un autre instrument intéressant de Phoenix est un microscope pouvant examiner le sol et d'autres particules en détail. L'appareil détectera les bactéries ou les petites créatures, s'il y en a. Il décèlera aussi les particules issues des éruptions volcaniques et de l'impact des météores, ou de tout autre phénomène étrange susceptible de s'être produit sur la planète rouge.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.