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De l'ammoniac, de l'ammoniac!

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Ken Tapping, le 15 août 2007

Dans le ciel, cette semaine...

> Jupiter brille encore avec intensité dans le ciel du sud.

>  Mars se lève aux petites heures.

> La Lune atteindra son premier quartier le 20.

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Au début des années 1970, un magazine scientifique publiait une bande dessinée plutôt intrigante. Celle-ci montrait une créature extraterrestre rampant dans le désert, évidemment en grave danger, qui pleurait en disant « De l'ammoniac, de l'ammoniac! » C'était une façon très suggestive de souligner que si l'eau est une substance essentielle à notre survie, il pourrait toutefois exister ailleurs des créatures dont le corps utilise un autre liquide.

À notre connaissance, sur la Terre, la vie est d'abord apparue dans la mer. Si nous extrayons de notre sang tous les matériaux biologiques, il ne reste que de l'eau de mer, un rappel de notre histoire primordiale. Comme nous comprenons assez bien ce qui s'est passé ici sur Terre, nous sommes particulièrement intéressés à découvrir d'autres mondes aqueux pour voir si le même processus s'est déroulé là-bas. Pour le moment, il y a deux endroits dans le système solaire où nous pensons pouvoir trouver de la « vie telle que nous la connaissons », qui utiliserait une chimie basée sur l'eau liquide. Il s'agit de Mars, la quatrième planète à partir de notre Soleil, et d'Europa, un des satellites de Jupiter, la cinquième planète à partir du Soleil.

Même si Mars est maintenant un désert froid presque dépourvu d'air, ce n'était pas le cas il y a plusieurs milliards d'années. La preuve est très claire qu'il y avait des lacs, des rivières et des océans, depuis longtemps disparus. Il pourrait y avoir des traces de vie passée sur Mars, ou même quelques survivants robustes cachés sous la surface.

Le satellite Europa est tellement éloigné du Soleil qu'il n'y a pas assez de chaleur solaire pour faire fondre la glace. Toutefois, on croit que les distorsions des marées gravimétriques que Jupiter inflige au satellite libèrent de grandes quantités de chaleur, ce qui fait qu'en dessous de l'épaisse couche de glace qui couvre la surface, il pourrait y avoir un océan profond et sombre. Les forces gravimétriques créeraient des bouches hydrothermales, ou fumeurs noirs, semblables à celles que nous trouvons au fond de nos océans, qui sont couverts de formes de vie ne devant rien au Soleil.

Même s'il existe d'autres liquides que les êtres vivants pourraient utiliser à la place de l'eau, cette dernière substance est plutôt spéciale. D'abord, elle est très répandue dans l'univers et, deuxièmement, en raison de la structure et du comportement des molécules d'eau, c'est vraiment un liquide extraordinaire dans lequel « faire de la chimie ». Jusqu'à présent, nous n'avons trouvé aucun équivalent. Toutefois, nous tombons ici dans le vieux piège consistant à juger les choses selon nos propres normes. Si nous acceptons la possibilité de « vie autre que celle que nous connaissons », nous ouvrons la porte à toutes sortes d'options. Dans un monde froid où l'ammoniac est à l'état liquide, nous pourrions bien trouver notre extraterrestre assoiffé. Il y a beaucoup d'endroits aux confins de notre système solaire où il, ou elle (en supposant que ces extraterrestres utilisent les mêmes divisions sexuelles que les nôtres), pourrait être bien heureux, ou heureuse.

Selon Arthur C. Clarke et Carl Sagan, il existerait d'énormes formes de vie flottant dans l'épaisse atmosphère composée d'ammoniac et de méthane de Jupiter, où se produiraient des averses occasionnelles de pluie d'ammoniac. Certains scientifiques ont imaginé des êtres encore plus bizarres, comme des créatures en plasma, faites de gaz extrêmement chauds, liées les unes aux autres par des champs magnétiques.

Pour l'instant, toutes ces idées tiennent surtout de l'imagination. Cependant, dans un univers gigantesque comme le nôtre, comportant des milliards d'étoiles et au moins autant de possibilités, nous devons faire nos explorations avec un esprit ouvert. Nous pouvons être certains que les premières formes de vie extraterrestre que nous rencontrerons n'auront pas du tout l'air de ce que nous sommes, ou de ce à quoi ressemblent certains acteurs en costume de caoutchouc.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.