Conseil national de recherches Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Quelques inquiétudes magnétiques

Avertissement L'information sur cette page a été archivée et n'est conservée qu'aux fins de référence, de recherche ou de tenue de dossiers. Visitez le nouveau site du CNRC pour y trouver les informations les plus récentes.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.


Ken Tapping, le 29 mai 2007

L'espace est un endroit hostile; il est plein de radiations, de rayons gamma, de rayons X et de rayons ultraviolets, qui sont tous dangereux pour nous et pour les autres formes de vie avec lesquelles nous partageons la Terre. Ajoutons les pluies et les courants de particules à haute énergie qui nous parviennent du Soleil, comme les protons et les atomes dépouillés de plusieurs de leurs électrons. Ceux-ci peuvent également être mortels. Heureusement que notre atmosphère bloque la majorité de la radiation et que le champ magnétique de la Terre arrête ou dévie les particules. Une atmosphère et un champ magnétique, voilà de bonnes choses à avoir pour une planète, et ce sont des éléments importants pour notre bien-être. Il est donc un peu inquiétant de trouver des indications que le champ magnétique de notre planète peut à l'occasion s'inverser, et que pendant la transition il disparaisse tout à fait.

Le champ magnétique de la Terre est généré dans le noyau de la Terre par des flux de fer et de nickel en fusion, suivant une espèce de processus de dynamo. Nous avons des instruments qui peuvent le mesurer avec précision et, pour le moment, nous détectons une diminution d'environ 5 % par siècle. Pour contextualiser le tout, nous avons besoin de savoir ce qui s'est passé à long terme, pendant les millions d'années passées. Heureusement, la chose est possible parce que dame nature nous l'a écrit dans les roches.

Les roches sont composées de minéraux. Certains de ceux-ci, comme certains oxydes de fer, réagissent aux champs magnétiques. Quand la roche est en fusion, sous la forme de magma ou de lave, les particules minérales peuvent s'aligner librement selon le champ magnétique de la Terre. Quand la roche se solidifie, ces particules sont figées sur place, offrant ainsi un registre de l'intensité et de la direction du champ magnétique au moment où la roche s'est solidifiée. Si nous connaissons l'âge de la roche, que l'on peut déduire à partir des éléments radioactifs présents dans la roche, nous pouvons déterminer ce qui se passait, côté champ magnétique de la Terre, à ce temps-là. Il nous faut donc une belle longue série de roches dans une continuité chronologique. Heureusement nous en avons une dans les roches qui gisent au fond de l'océan Atlantique.

L'océan Atlantique s'élargit de quelques centimètres par année. La roche en fusion émerge du manteau de la terre à la dorsale médio-atlantique, créant un nouveau fond marin et, à mesure qu'elle se solidifie, enregistrant ce champ magnétique. Plus nous nous éloignons de la dorsale médio-atlantique, plus nous rencontrons des roches anciennes, qui forment un enregistrement continu sur une durée de plusieurs millions d'années. Il arrive que, en moyenne, le champ magnétique de la Terre s'inverse à peu près tous les 500 000 ans. La roche nous dit que le dernier renversement a eu lieu il y a environ 780 000 ans, c'est-à-dire que la prochaine inversion serait en retard. Au point de transition, le champ magnétique de la Terre disparaît, et notre protection s'envole. Des changements étranges dans le champ magnétique de l'Atlantique sud pourraient indiquer que la transition a commencé. Si c'est vrai, à quoi pouvons-nous nous attendre?

Les protons à haute énergie qui ne sont pas déviés vont griller les appareils électroniques dans les satellites et menacer les astronautes en orbite terrestre. Il va y avoir une augmentation des dangers dûs aux radiations pendant les vols en haute altitude et des niveaux de radiation plus élevés au sol. Notre espèce, nombreuse et très « haute technologie », n'a jamais eu à faire face à de tels dangers auparavant. Cette situation va nous lancer un défi de taille. Une des choses intriguantes qui vont se produire, c'est que toutes les boussoles vont se tourner vers le sud plutôt que le nord!

Mercure gît bas dans le crépuscule du couchant. Vénus et Saturne sont très proches dans le ciel de l'ouest en soirée. Jupiter se lève vers minuit et Mars, juste avant l'aurore. La Lune sera pleine le 31 mai.

Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Tél. (250) 493-2277, téléc. (250) 493-7767

Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.