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Terre : travaux en cours

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Ken Tapping, le 23 mai 2007

Il y a quelques jours les résidents du sud de la Colombie-Britannique ont vu une boule de feu, un objet brillant comme une étoile traverser le ciel en direction sud en laissant une traînée lumineuse rosâtre. On a rapporté, ce qui n'est pas encore confirmé, que l'objet a frappé le sol près d'Osoyoos, juste au nord de la frontière américaine. Des événements comme celui-là sont souvent considérés uniques. En fait, ils font partie d'un processus continu de construction du monde.

Par n'importe quelle nuit claire, un télescope ou des jumelles vont révéler des allées et des taches sombres contrastant avec la Voie lactée. Ces éléments sombres ne sont pas des trous; ce sont d'énormes nuages de gaz et de poussière. Il y a entre cinq et dix milliards d'années, un de ces nuages est devenu instable et a commencé à s'effondrer sous l'action de sa propre gravité. À mesure que l'effondrement s'accentuait, et que le nuage se condensait davantage, l'attraction gravitationnelle augmentait et l'effondrement s'accélérait.

Comme le disque devenait plus petit et plus dense, les collisions entre les particules devenaient plus fréquentes. Certaines d'entre elles se sont collées ensemble pour former des grumeaux de plus en plus gros. Éventuellement le matériau s'est fixé dans un énorme disque en rotation, avec la poussière et les grumeaux tournoyant lentement en spirales vers l'intérieur. Un plus gros grumeau se forma dans le centre et, sous le poids du matériau qui venait s'y ajouter, il devint de plus en plus comprimé et chaud. Il y a environ 5 milliards d'années, la température du milieu atteignit de 12 à 15 millions de degrés, et la fusion nucléaire commença. Le Soleil était né.

La chaleur et la radiation provenant de la jeune étoile commencèrent à éloigner et à vaporiser le matériau qui se trouvait dans le milieu du disque, et ce fut la fin de l'effondrement vers l'intérieur. De plus petits disques se formèrent dans le gros disque. Chacun de ces petits disques donna forme à une des planètes. Cependant, ce n'est pas un processus qui s'est produit un fois et qui est maintenant terminé; il se poursuit toujours. Comme les nouveaux mondes se formaient, de plus en plus du matériau présent dans les nuages fut aspiré et incorporé dans les planètes. Graduellement la matière restante diminua de beaucoup. Même aujourd'hui, environ 4,5 milliards d'années depuis que notre planète s'est formée à l'origine, il y a là-bas encore beaucoup de matière, et la construction des planètes continue. Cette matière va d'une poussière extrêmement fine à des objets qui ont des mètres ou même des kilomètres de diamètre. En moyenne notre monde en ramasse environ 100 tonnes par jour. La plupart de cette matière forme une poussière si fine que, lorsqu'elle pénètre notre atmosphère à des dizaines de kilomètres à la seconde, elle ne fait que ralentir et tomber lentement à la surface, sous forme de micrométéorites. Les morceaux plus gros, autour de la grosseur de grains de sable, sont chauffés et se vaporisent par friction; traçant les traînées passagères de lumière dans le ciel que nous appelons étoiles filantes, ou météores. Des corps qui ont grosso modo la grosseur de balles de baseball produisent un spectacle plus dramatique, comme celui qu'on a pu observer au-dessus du sud de la C.-B. récemment. Puis, bien sûr, il y a des masses encore plus grosses qui se errent là-bas. Heureusement qu'elles sont maintenant très rares, mais les grands cratères qui marquent le Bouclier canadien et l'Arizona montrent que notre monde a été frappé à plusieurs reprises. Il sera frappé encore; ce n'est qu'une question de temps. Même aujourd'hui, 4,5 milliards d'années après la formation du système solaire, les travaux de construction du monde sont encore en cours, incluant notre planète. Nous vivons sur un chantier de construction.

Vénus domine le ciel de l'ouest jusque vers 23 heures. Mercure gît bas dans le crépuscule du couchant; Saturne brille haut dans le ciel du sud pendant la nuit. Jupiter se lève vers minuit, et Mars, tôt avant l'aurore. On verra le premier quartier de lune le 23 mai.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.