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Ken Tapping, le 7 mars 2007
Dans le ciel, cette semaine...
> Vénus brille tel un phare, très bas à l'ouest, après le coucher du Soleil.
> Saturne trône dans la partie est du firmament en soirée.
> Jupiter apparaît aux petites heures du matin.
> La Lune entrera dans son dernier quartier le 11 mars.
Durant les semaines qui vont suivre, ne manquez pas de regarder à l'ouest après le coucher du Soleil, dès que la noirceur sera tombée. Si le ciel est limpide et la nuit obscure, vous aurez un aperçu de la matière laissée après la naissance du système solaire. Il en reste encore passablement là-haut.
Il y a environ 4,5 milliards d'années, un gigantesque nuage de poussières et de gaz s'effondrait sur lui-même. De masse informe, il s'est transformé en disque rotatoire. Son centre s'est condensé pour donner une étoile – le Soleil. Le reste de la matière en a fait autant, engendrant des corps de taille plus modeste, les planètes, qui se sont mis à orbiter autour du jeune Soleil. En périphérie, la poussière s'est également condensée, mais pour produire une multitude d'objets encore plus petits qui ne sont jamais devenus des planètes. Enfin partout ailleurs dans le système solaire demeure une grande quantité de poussière dont l'état n'a pas changé.
La poussière dans ces nuages interplanétaires est très raréfiée, quand on la compare à la celle qui flotte dans la maison, au gré des courants d'air. Toutefois, l'espace est vaste, de sorte que, même très raréfiée, la poussière s'accumule quand le regard traverse des millions de kilomètres et plus de nuages. C'est pourquoi nous aurons la chance de voir un peu de la matière la plus ancienne et la plus importante du système solaire au cours des semaines à venir.
Les objets du système solaire venant tous de ce disque primordial, les planètes se déplacent toujours dans le même plan, avec le résidu de poussière, un peu comme des billes roulant sur une assiette. D'où nous sommes, sur une des planètes posées sur ce disque, nous voyons les autres planètes voyager constamment dans la même bande de ciel. Cette bande traverse 13 constellations, si bien qu'on observera Saturne, par exemple, passer devant la constellation du Lion. Ces constellations sont celles du zodiaque, à savoir le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Serpentaire (Ophiuchus), le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Nos aïeux n'appréciant guère le chiffre 13, ils ont simplement escamoté la constellation d'Ophiuchus pour nous léguer les 12 du zodiaque, si bien connues aujourd'hui.
À cette époque de l'année, la bande du zodiaque, que ceux qui ne sont pas astrologues appellent l'écliptique, se soulève selon un angle très prononcé à l'ouest. Avec un peu de chance, si le ciel est clair et la nuit noire, regardez à l'ouest, où le Soleil s'est couché, dès qu'il fait assez sombre. Vous devriez voir une lueur pyramidale qui part du point où le Soleil a disparu et s'étire haut dans le ciel. On dirait un fragment très ténu et uniforme de la Voie lactée, mais ce n'est pas le cas. Il s'agit de la lumière zodiacale – les rayons du Soleil que les innombrables particules de poussière distribuées le long de l'écliptique dispersent dans votre direction. La diffusion est plus forte quand la lumière n'est que légèrement déviée par rapport à sa direction originale – vers l'avant (la prodiffusion) – ou dans le sens opposé – vers l'arrière (la rétrodiffusion). La prodiffusion crée cette lueur à l'ouest, le long de la ligne visuelle où s'est caché le Soleil. La rétrodiffusion laisse une lueur plus diffuse encore, à l'est, du côté opposé au Soleil. C'est la lumière antisolaire, plus difficile à voir. Vous ne serez pas déçu si vous prenez la peine de regarder la lumière zodiacale. Son aspect a quelque chose de magique, surtout quand on songe à ce qu'elle représente.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.