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Notre dépotoir dans l'espace

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Ken Tapping, le 31 janvier 2007

Dans le ciel, cette semaine...

> L'observation de planètes s'améliore rapidement. Saturne se lève vers 20 h.
> Jupiter se lève vers 6 heures du matin.
> Cherchez Vénus et Mercure dans le crépuscule de l'aurore.
> La Lune sera pleine le 1er février.

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Par une soirée sombre au ciel clair, quelques minutes d'observation vous permettront d'apercevoir au moins un objet aux allures d'étoile, qui se déplace lentement à travers le ciel. Ce que vous voyez sont des objets que nous avons mis en orbite, soit un satellite, soit une fusée d'appoint. Le 4 octobre 1957, on mettait en orbite Sputnik, le premier satellite de fabrication humaine. Aujourd'hui, les satellites artificiels sont monnaie courante. Ils nous apportent leur aide dans les domaines de la navigation, de la communication, de la science, de la cartographie des ressources naturelles, de la surveillance météo, de l'étude de l'environnement, de la diffusion radio et télévision, de l'espionnage et dans un tas d'autres applications. Ils font maintenant partie essentielle de nos vies quotidiennes. Le plus gros d'entre eux est la Station spatiale internationale.

Les satellites qui sont en orbite à quelques centaines de kilomètres ou moins au-dessus de la Terre se déplacent dans les minces parties supérieures de notre atmosphère.  À des vitesses d'environ 30 000 km/h, l'atmosphère exerce une résistance, faible mais incessante sur les satellites, ce qui les ralentit. Leur orbite baisse constamment jusqu'à ce qu'ils plongent dans l'atmosphère inférieure et qu'ils s'y consument. Aux altitudes supérieures, l'atmosphère est si mince que la force de résistance est négligeable, et les objets peuvent rester en orbite pendant des décennies, des siècles, des millénaires, ou plus. Lorsqu'un de ces satellites fait défaut ou est mis hors service, il demeure en orbite et devient ce qu'on connaît aujourd'hui comme "un déchet de l'espace", un danger grave pour les autres satellites, les vaisseaux spatiaux et les astronautes.

Les satellites abandonnés ne sont pas les seuls déchets là-haut. Lorsqu'un satellite est lancé, l'étage d'appoint final de la fusée de lancement, va habituellement en orbite avec lui. Très souvent, ceux-ci contiennent des restes de carburant liquide, lequel entre éventuellement en ébullition et peut, comme la vapeur dans une chaudière sans valve de sécurité, faire exploser ce réservoir et le réduire en miettes. En plus de satellites et de fusées d'appoint, il y a un assortiment d'anneaux de fixation, de ressorts et autres pièces de métal qui ont servi à joindre le satellite à la fusée et qui sont tous en orbite autour de notre planète. En plus, les satellites ont été lancés sur plusieurs orbites différentes, et les explosions et les collisions ont éjecté des fragments sur des orbites encore différentes. En plus on y trouve des gants, une ou deux caméras et au moins une balle de golf. Pour empirer encore les choses, divers pays ont fait des expériences de guerre de l'espace, où un satellite est attaqué et détruit par un autre. Cette activité a pour conséquence que notre Terre est maintenant entourée de plusieurs milliers de fragments de métal et de plastique, d'écrous, de boulons, d'objets plus gros, de morceaux de fusées d'appoint et de satellites morts, qui se déplacent à 30 000 km/h dans toutes les directions.

Les photos de morceaux de déchets de l'espace prises à partir de la navette ou de la station spatiale montrent ordinairement de petits morceaux de matière dérivant lentement le long du satellite, en tournant sans cesse sur eux-mêmes. Cette matière va dans le même sens que le vaisseau spatial. Les objets qui viennent de la direction opposée vont passer devant la navette à 60 000 km/h. Il serait très grave d'être frappé par un morceau. Une écaille de peinture qui se déplacerait à ces vitesses aurait l'énergie d'une balle de fusil. Un boulon qui frapperait la navette à de telles vitesses pourrait bien la démolir. Malheureusement, pour le moment, il n'y a rien que nous puissions faire. Il n'y a pas de gant de receveur pour les objets qui se déplacent à des vitesses orbitales. Tout ce que nous pouvons faire, c'est d'éviter d'en jeter encore d'autres. Un ami m'a dit que les principaux monuments faits de main d'homme, dans l'Arctique et l'Antarctique, sont des piles de vieux barils d'huile. C'est comme ça que nous sommes en train de traiter l'espace qui est voisin de nous.


Ken TappingKen Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.