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Ken Tapping, le 5 octobre 2005
Dans le ciel, cette semaine...
> Mars luit avec éclat à l'est durant la nuit.
> Saturne surgit peu avant l'aube.
> Premier quartier de lune le 10.
Au cours des semaines à venir, nous observerons quelque chose qui est à la fois magnifique, intrigant et insaisissable : la lumière zodiacale. Vous la verrez aisément. Trente à 60 minutes après le crépuscule, à l'ouest, ou 30 à 60 minutes avant l'aube, à l'est, un cône du lumière fantomatique se dressera dans le ciel, un peu comme la Voie lactée. La lueur paraîtra plus vive avec des jumelles, mais elle restera une lueur alors que s'il s'agissait de la Voie lactée, on y dénombrerait une multitude d'étoiles. Manifestement, cette étrange lumière dite « zodiacale » est quelque chose de tout à fait différent.
Notre système solaire est né il y a environ cinq milliards d'années de l'effondrement d'un gigantesque nuage de gaz et de poussières. Une multitude de nuages de ce genre émaillent la Voie lactée et d'autres galaxies, ainsi que des « systèmes solaires » en devenir. Le coeur du nuage s'est condensé pour créer le Soleil. Le poids de la matière s'accumulant sur le Soleil embryonnaire a comprimé celui-ci au point que la chaleur a déclenché le phénomène de fusion nucléaire. La jeune étoile s'est mise à briller. La matière restante a donné un immense disque tournant autour du jeune Soleil. Une partie s'est condensée en amas trop petits pour devenir des étoiles : les planètes. Le reste a en grande partie été balayé par les vents solaires.
Subsiste donc un disque très diffus de poussières orbitant le Soleil. Sans l'apport de nouveaux matériaux, ce disque ne durera pas longtemps, à peine quelques milliers d'années. Chaque nuit, on voit d'ailleurs comment cette matière disparaît, quand les particules se consument dans l'atmosphère pour donner météores et étoiles filantes. Aux confins du système existe un réservoir de matériaux de construction inutilisés, principalement des amas de quelques kilomètres de diamètre. Chaque année, bon nombre de ces amas quittent leur orbite pour en prendre une nouvelle qui les conduira à l'intérieur du système solaire. Ils deviennent des comètes. Une comète illustre l'interaction du Soleil avec la poussière et le gaz libérés par l'amas qui s'évapore lentement sous l'effet de la chaleur solaire. Éventuellement, une grande partie de cette matière aboutit dans le disque de poussières auquel on doit la lumière zodiacale.
Étant nées dans le disque rotatoire de gaz, la Terre et les planètes se déplacent dans une tranche de ciel située dans le plan du disque. On appelle cette ceinture l'écliptique et elle traverse les douze (treize en réalité) constellations du zodiaque : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, (Ophiuchus), le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. De toute évidence, le disque de poussières se situe également dans cette ceinture et il prend la forme de cette lueur sépulcrale le long du zodiaque, d'où l'expression « lumière zodiacale ».
La raison pour laquelle la lumière zodiacale n'est pas visible toute l'année est sa faible intensité. Pour qu'on la voie, l'écliptique doit monter de l'horizon aussi abruptement que possible, ce qui n'arrive qu'en février-mars et septembre-octobre. La meilleure façon de l'observer est de fuir les lumières de la ville. Heureusement, les nuits sont souvent claires en cette période de l'année, condition rêvée pour assister à cet étrange spectacle.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.