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Ken Tapping, le 4 juin 2004
Dans le ciel, cette semaine...
> Vénus est presque face au Soleil et se distingue mal dans les feux du crépuscule.
> Mars et Saturne se rapprochent aussi de l'astre.
> Jupiter trône haut dans le sud.
> Pleine lune le 2 juin.
Personne ne reste indifférent devant le lancement d'une énorme fusée. Si vous avez la chance de passer par Cape Canaveral, vous verrez l'éclair des flammes et le panache de fumée quand les moteurs s'allument, puis la lente ascension de l'engin de plusieurs tonnes sur son pilier de feu. Quelques secondes après, alors qu'on ne s'y attend plus, survient le bruit. Incroyablement fort. L'effet d'un poing qui vous heurte la poitrine. Dans leur cabine, les astronautes vivent une expérience encore plus dramatique. Les vibrations sont si fortes au départ que leur vision se brouille. Il faut dire qu'ils sont assis sur des centaines de tonnes d'explosifs qui s'embraseront en quelques minutes afin d'imprimer à l'engin une énorme poussée très précise avant de le laisser glisser vers sa destination. Les coûts associés au lancement d'un engin spatial ont convaincu maints pays comme le nôtre d'investir dans la construction de l'engin proprement dit en payant quelqu'un d'autre pour le placer sur orbite.
Heureusement, des solutions commencent à se dessiner. Certains engins sillonnent maintenant le système solaire mus par un moteur ionique. Au lieu de produits chimiques, ils transportent un réservoir de gaz inerte (souvent du xénon) et arrachent des électrons à ses atomes par haute tension. L'électricité amène les ions du xénon presque à la vitesse de la lumière puis ceux-ci sont expulsés de l'engin sous forme de faisceau. Au lieu des millions de kilos de poussée que procurent les fusées chimiques, le moteur ionique n'engendre qu'une poussée d'un kilo ou moins, mais il fonctionne des années durant. En outre, si l'engin accélère lentement, au bout d'un temps, il acquiert vraiment de la vitesse! Une poussée aussi douce est plus facile à maîtriser. Le hic est que les moteurs ioniques ne fonctionnent pas dans l'atmosphère. Et même s'ils le faisaient, la poussée ne suffirait pas au décollage.
Quoi qu'il en soit, à présent, il suffit d'amener l'engin spatial sur orbite et de laisser le reste au moteur ionique. Les lanceurs sont plus petits et meilleur marché. Ils polluent moins et on peut en créer de nouveaux, par exemple des lanceurs combinant statoréacteur à air et fusée. Au cours de la prochaine décennie, attendez-vous à voir plus de sondes à moteur ionique explorer le système solaire, voire raser l'atmosphère d'une planète pour y faire le plein, de sorte que leur mission se poursuivra presque indéfiniment.
Idéal pour les planètes du système, mais atteindre les étoiles est une autre paire de manches. Après le soleil, l'étoile la plus proche est Proxima du Centaure. Sa lumière met 4,3 années pour parvenir jusqu'à nous à la vitesse de 300 000 km la seconde. Il nous faudra du temps avant d'en faire autant, si jamais nous y arrivons. Avec les technologies actuelles, nous mettrons des décennies, sinon des siècles pour aller jusqu'aux étoiles voisines. En effet, les moteurs « supraluminiques » restent du domaine de la science-fiction. Cependant, il en allait naguère autant des moteurs ioniques.
Ken Tapping est astronome à l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches du Canada (IHA-CNRC). Il travaille à l'Observatoire fédéral de radio-astrophysique de Penticton (C.-B., V2A 6K3). Tél. : (250) 493-2277; téléc. : (250) 493-7767;
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca.