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ARCHIVÉ - Annuellement 4000 séismes secouent le Canada

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Comment la science peut-elle contribuer à notre sécurité?

L'expansion de la population dans le monde a pour corollaire des conséquences plus dévastatrices quand survient un séisme. Plusieurs grandes villes canadiennes n'y échappent pas. Découvrez ce que font les scientifiques canadiens pour prévoir quand et où surviendra le prochain tremblement de terre.

Regardez l'animation. Comment mesure-t-on les séismes?
Regardez l'animation.

À 14 h 46, le 11 mars 2011, la côte nord-est du Japon était secouée par un séisme d'amplitude 9.0 sur l'échelle de Richter. Le plus fort de l'histoire nippone. Vingt-six minutes plus tard déferlaient les immenses vagues d'un tsunami. Selon les chiffres de juin 2011, au-delà de 14 000 personnes ont perdu la vie, mais on ne connaîtra peut-être jamais le nombre exact de victimes.* La Banque mondiale a qualifié la catastrophe de plus coûteux cataclysme à avoir frappé la planète. Elle en estimait les dommages pour l'économie à 235 milliards de dollars.

Le tsunami du 26 décembre 2004, survenu dans l'océan Indien, avait été déclenché par un séisme encore plus puissant (d'une amplitude de 9.2). Plus meurtrier, avec au-delà de 250 000 personnes qui ont péri, dans 14 pays bordant cet océan. Évaluées à 14 milliards de dollars, les répercussions économiques demeurent néanmoins considérablement inférieures à celles du Japon, en grande partie à cause des faibles valeurs immobilières et foncières des régions affectées, d'après The Economist.

Ces deux cas illustrent la triste réalité des cataclysmes au XXIe siècle, estime John Clague, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les risques naturels et directeur du Centre for Natural Hazards de l'Université Simon Fraser. « Le nombre de décès augmente dans les pays pauvres, tandis que dans les pays riches, on assiste à une hausse des dommages économiques. »

Incidence des tremblements de terre au Canada

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Au Canada, par bonheur, aucun séisme majeur n'a causé d'importantes destructions, ni blessé ou tué beaucoup de gens jusqu'ici. Plusieurs de nos grands centres urbains ne sont toutefois pas à l'abri d'un tremblement de terre.

La côte ouest du Canada est la région sismiquement la plus active. Sur les 4000 secousses enregistrées annuellement au pays, la moitié ont lieu en Colombie-Britannique ou au large de celle-ci. Voilà pourquoi Vancouver et Victoria figurent au premier rang des villes à risque. Cependant, on ne peut écarter pour autant le danger d'un séisme à Montréal, Ottawa, Toronto ou Québec.

Risques d'un tremblement de terre au Canada
Risques d'un tremblement de terre au Canada. Reproduit avec l'autorisation de Ressources naturelles Canada 2011, carte de la Commission géologique du Canada.

Le Réseau canadien d'étude des risques et dangers a conclu qu'un séisme majeur est le plus important cataclysme qui pourrait s'abattre sur le Canada, car une bonne partie des infrastructures urbaines ont été construites avant l'adoption des codes du bâtiment des années 1970, qui intègrent des mesures antisismiques. Le séisme d'amplitude 6.7 survenu à Northbridge (Californie) en 1994 montre bien les dommages que pourrait subir la côte canadienne du Pacifique dans des circonstances analogues. Soixante personnes y ont perdu la vie, 7000 ont été blessées et au-delà de 40 000 immeuble endommagés à Los Angeles et dans les comtés voisins.

Ingénierie et tremblements de terre

Ressources naturelles Canada surveille l'activité sismique au pays. Le réseau de 160 sismographes qu'exploite le ministère suit les secousses et mesure les mouvements du sol partout au pays. Ses relevés sont intégrés au Code national du bâtiment du Canada, qui sert de modèle aux provinces et aux territoires, lesquels doivent s'assurer que les ouvrages sont construits en fonction des risques de séisme dans la région concernée.

Voyez la terre trembler! Constatez les vibrations du sol à Ressources naturelles Canada.

Bien qu'à l'heure actuelle il soit impossible de prévoir où et quand la terre tremblera, des scientifiques canadiens effectuent diverses études géophysiques, tant sur le continent qu'au large des côtes, afin d'élaborer des méthodes de prédiction fiables.

Mesurer les tremblements afin de prédire les secousses

À Ressources naturelles Canada, un projet susceptible d'engendrer d'importants avantages fait appel à la technologie des satellites du système de localisation mondial pour mesurer les minuscules secousses qui surviennent en série le long des failles engendrées à l'endroit où la plaque tectonique Juan de Fuca glisse (par subduction) sous la plaque nord-américaine. Cette région du Canada est celle où les risques de tremblement de terre demeurent les plus grands. Des secousses d'amplitude 9.0 ou plus y surviennent tous les 500 ou 600 ans. La dernière remonte à 1700.

Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, les tremblements de terre ont pour origine trois régions distinctes :

Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique

(1) la première est située relativement proche de la surface, dans la plaque nord-américaine (croûte continentale); (2) la deuxième se trouve à une plus grande profondeur, dans la partie subductée de la plaque Juan de Fuca (croûte océanique); (3) la troisième longe la limite entre la plaque nord-américaine et la partie subductée de la plaque Juan de Fuca (zone bloquée)

Reproduit avec l'autorisation de Ressources naturelles Canada 2011 ' graphique de l'Atlas du Canada.

Ces séquences de secousses minuscules, baptisées « trémors et glissements épisodiques », ont été identifiées pour la première fois par les sismologues de la Commission géologique du Canada en 2003. Elles se produisent ponctuellement tous les 12 à 16 mois et durent plusieurs semaines.

Bien qu'il faudrait entreprendre d'autres recherches pour mieux comprendre les phénomènes, les sismologues sont persuadés qu'ils sont la clé pour améliorer les prévisions quant au moment et au lieu où se produira le prochain grand tremblement de terre dans la région. D'autres pays à géologie similaire, tels le Japon et le Chili, adaptent cette découverte canadienne à leurs propres travaux.

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« La science et le génie peuvent nous aider à comprendre les tremblements de terre et à nous montrer prudents avec eux. Sur le plan individuel, il importe de connaître les précautions élémentaires aux situations d'urgence afin de multiplier les chances d'en sortir indemne, nous et ceux qui nous sont chers, si jamais en survenait un. »

John Clague, Université Simon Fraser
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Écouter l'océan pour prendre le pouls de la Terre

Une autre étude tire parti de NEPTUNE, l'un des grands projets les plus passionnants du Canada en sciences. NEPTUNE a câblé une boucle de 800 kilomètres sur le plancher océanique de la plaque Juan de Fuca et l'a parsemée d'instruments qui permettent aux scientifiques de tous les domaines d'entreprendre des expériences via Internet.

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Grâce à NEPTUNE, les chercheurs de Ressources naturelles Canada disposent d'un réseau de sismographes en eau profonde afin d'enregistrer l'activité sismique sur la plaque Juan de Fuca en temps réel. Ces données sont acheminées jusqu'au Réseau national sismologique canadien et servent à établir la puissance et l'emplacement des secousses au moment même où elles se produisent.

M. Clague songe à une autre application théorique intéressante. Si un séisme majeur survenait à l'interface des deux plaques, les sismomètres de NEPTUNE la capteraient sur-le-champ pour le signaler aux stations riveraines, soit environ une minute avant que l'onde de choc frappe Victoria ou Vancouver.

Certes, une minute n'est pas énorme. Cependant, le Japon disposait du même laps de temps grâce à son réseau de surveillance au début du séisme de mars 2011 et cela a suffi pour qu'on stoppe les trains à grande vitesse et évite leur déraillement consécutivement au séisme, ce qui aurait aggravé la tragédie.

Un tremblement de terre est toujours possible. Soyez prêt!

La Terre bouge constamment. Des secousses et des sursauts l'animent tandis que les plaques tectoniques glissent l'une sur l'autre. M. Clague précise qu'aussi dévastateurs qu'ils puissent être, les séismes sont dans l'ordre des choses.

« La science et le génie peuvent nous aider à comprendre les tremblements de terre et à nous montrer prudents avec eux, dit-il. Sur le plan individuel, il importe de connaître les précautions élémentaires aux situations d'urgence afin de multiplier les chances d'en sortir indemne, nous et ceux qui nous sont chers, si jamais en survenait un. » fin

* Site Web du premier ministre du Japon ' rapport de l'AIEA


ISSN 1927-0283 = Dimensions (Ottawa. En ligne)
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