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ARCHIVÉ - Suivre les satellites et les astéroïdes à la trace

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Les satellites endommagés peuvent semer la pagaille dans nos technologies préférées tels les téléphones cellulaires et les GPS. Parallèlement, des astéroïdes géants pourraient menacer la planète. Un nouveau télescope canadien de la grosseur d'une valise aidera les astronomes à prévenir de ces rencontres du type dangereux.

NEOSSat measures about 140cm x 80cm x 40cm ' the same size as a large suitcase. Image courtesy of the University of Calgary.
NEOSSat mesure environ 140 cm x 80 cm x 40 cm ' les mêmes dimensions qu'une grosse valise. Illustration : gracieuseté de l'Université de Calgary.

Avec près d'un millier de satellites en activité, environ 18 000 débris voguant dans l'espace et au moins 15 000 astéroïdes voisins de la Terre, savoir où tout se trouve devient une véritable nécessité. Et c'est exactement ce que le Canada compte faire dès que le télescope spatial du satellite de surveillance NEOSSat sera lancé sur son orbite circumterrestre au printemps de 2012.

NEOSSat sera le premier ?il spatial de la planète. Conçu pour surveiller à la fois les satellites et les astéroïdes, il sera conjointement exploité par l'Agence spatiale canadienne (ASC) et Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), une agence du ministère de la Défense nationale.

Une fois dans l'espace, NEOSSat passera son temps sur une orbite géocentrique, à une altitude d'environ 800 km, soit à peu près celle de la Station spatiale internationale et d'une suite de satellites. Il accomplira le tour de la Terre en une centaine de minutes.

Empêcher les carambolages spatiaux

L'utilité de NEOSSat dérive en partie de sa capacité à suivre les satellites à la trace, et à les empêcher d'entrer en collision les uns avec les autres ou avec des débris spatiaux. « Nous observons les objets qui gravitent de 15 000 à 40 000 km au-dessus de la Terre », explique Brad Wallace, scientifique spécialisé en défense à RDDC. À cette altitude, une foule de satellites de différents pays acheminent les signaux de communication (téléphonie cellulaire, télévision, radio), surveillent les systèmes météorologiques et la circulation maritime, alimentent les appareils personnels du système mondial de localisation (les GPS dans les voitures, par exemple) et effectuent bien d'autres tâches.

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« Beaucoup de choses qui se passent dans la société actuelle ont des liens avec l'espace, mais les gens ne s'en rendent tout simplement pas compte, reprend M. Wallace. Plus on se penche sur les liens qui existent entre la quincaillerie en orbite et les commodités que l'on tient pour acquises, comme le téléphone cellulaire ou le GPS, mieux on en saisit l'importance. » De toute évidence, un satellite endommagé peut semer une véritable pagaille.

Le hic est : comment suivre les quelque 18 000 objets qui se baladent autour de la Terre. Jusqu'à présent, la tâche était assurée par le Space Surveillance Network des États-Unis, ensemble de télescopes et de radars disséminés à la surface de la planète. Lorsqu'un risque de collision entre deux satellites (ou un satellite et un débris spatial) est détecté, il est possible de modifier légèrement la trajectoire du satellite à distance pour éviter le drame. Cependant, il arrive qu'on perde le contrôle d'un satellite, que ce soit à la suite d'une collision ou d'un court-circuit, ce qui peut signifier un problème pour les satellites voisins se trouvant sur le même chemin.

« Une des principales choses que doivent savoir ceux qui opèrent le satellite est l'emplacement d'un satellite en dérive par rapport au leur. C'est pourquoi la surveillance revêt tant d'importance », déclare Lauchie Scott, scientifique de la défense à RDDC. Le Canada a déjà joué un rôle sur ce plan grâce à ses télescopes terrestres entre les années 1950 et les années 1980, mais NEOSSat présente un avantage considérable sur ces derniers, car il restera au-dessus de l'atmosphère et ne sera affecté ni par les nuages, ni par la succession du jour et de la nuit. Il effectuera ses observations vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Voir de près les astéroïdes

La moitié du temps, RDDC utilisera NEOSSat pour suivre les satellites, l'autre moitié, l'Agence spatiale canadienne s'en servira pour étudier les géocroiseurs, ces astéroïdes voisins de la Terre, c'est-à-dire dont l'orbite passe périodiquement à moins de 45 millions de kilomètres de nous.

L'Agence spatiale canadienne coopérera avec les chercheurs de l'Université de Calgary dans le cadre de cette mission de surveillance. Selon Rob Cardinal, un chercheur membre de l'équipe universitaire, trois grandes raisons justifient l'observation des astéroïdes. La première est de glaner des précisions scientifiques sur le système solaire primitif. « Les astéroïdes sont des vestiges de la formation du système, dit-il. Il s'agit d'un échantillon passablement intact du système solaire primordial. »

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Les astéroïdes d'environ 140 mètres de diamètre pourraient entraîner des dommages localement, s'ils heurtent la Terre, dépendamment du lieu de l'impact, mais ils ne mettraient pas la planète en péril.
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La deuxième raison est de rassembler de l'information en vue d'une exploitation éventuelle des astéroïdes pour leurs ressources naturelles (le fer et d'autres métaux, par exemple). Cela ne pourra néanmoins se produire tant qu'on n'en saura pas davantage sur l'orbite de chacun, sur leurs dimensions et leur composition probable, sur leur cohésion et bien d'autres aspects. En plus d'aider les scientifiques à combler ces lacunes, NEOSSat s'attardera à une nouvelle catégorie d'astéroïdes découverte récemment, ceux appelés Atira, qui gravitent entièrement à l'intérieur de l'orbite terrestre.

La troisième raison est la protection de la planète. « Si un astéroïde doit heurter la Terre, nous tenons à le savoir bien avant, dans l'espoir d'éviter pareille collision », poursuit M. Cardinal. Par chance, un tel évènement est hautement improbable. Les impacts réellement dévastateurs surviennent environ une fois tous les 100 000 ans.

L'orbite des géocroiseurs ramène périodiquement ces astéroïdes à environ 45 millions de kilomètres de la Terre.
L'orbite des géocroiseurs ramène périodiquement ces astéroïdes à environ 45 millions de kilomètres de la Terre.

Les astéroïdes d'environ 140 mètres de diamètre pourraient entraîner des dommages localement, s'ils heurtent la Terre, dépendamment du lieu de l'impact, mais ils ne mettraient pas la planète en péril. On estime le nombre d'astéroïdes de cette taille ou plus gros à environ 15 000 dans le voisinage de la Terre.

« Les astéroïdes de plus de 1000 mètres de diamètre sont susceptibles de causer un cataclysme mondial. On en dénombre à peu près un millier à proximité de la Terre, termine le chercheur. Malgré la faible probabilité que l'un d'eux nous heurte, nous espérons que NEOSSat nous avertira à l'avance de l'approche de tels visiteurs. » fin


ISSN 1927-0283 = Dimensions (Ottawa. En ligne)

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