Conseil national de recherches Canada
Symbole du gouvernement du Canada
Dimensions

ARCHIVÉ - Formation en ligne pour chirurgiens

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.


Inspiré par un séjour au Botswana, un chirurgien canadien a imaginé un moyen bon marché mais efficace pour apprendre des procédures chirurgicales complexes aux médecins via Internet.

Un médecin de Toronto recourt au populaire service de téléphonie Skype, sur Internet, pour former des chirurgiens dans des coins reculés – tant au Canada qu’à l’étranger.

Le Dr Allan Okrainec, professeur adjoint en chirurgie à l’Université de Toronto, a eu l’idée d’utiliser Internet pour offrir des cours à distance lors de son retour du Botswana, pays où il venait d’apprendre à des médecins comment procéder à des interventions chirurgicales à effraction minimale avec son collègue, le Dr Georges Azzie, de l’Hospital for Sick Children.

Plus précisément, il enseignait aux médecins botswanais comment opérer l’abdomen par laparoscopie, technique qui consiste à insérer une longue caméra et de petits instruments dans la cavité abdominale.

Vidéo

Le Dr Allan Okrainec utilise Internet pour enseigner aux médecins de l’étranger comment effectuer des opérations à effraction minimale à l’abdomen.

Le Dr Allan Okrainec utilise Internet pour enseigner aux médecins de l’étranger comment effectuer des opérations à effraction minimale à l’abdomen.
Voir la vidéo (en anglais, avec transcription traduite)


Avec un vol de près de 30 heures dans les deux sens, plus le temps nécessaire pour dispenser la formation et tester les stagiaires, il avait passé près de deux semaines au Botswana. Mais le Dr Okrainec n’était pas satisfait de son voyage. En effet, seulement 10 % des médecins qu’il avait formés avaient réussi les épreuves qui leur auraient permis d’obtenir le certificat les autorisant à pratiquer la laparoscopie. Le Dr Okrainec pensait que ce faible pourcentage de réussite venait du temps insuffisant passé par les experts sur les lieux pour enseigner la matière.

« Cette méthode manquait beaucoup d’efficacité, dit-il. Nous avons essayé d’inculquer des compétences complexes à petites doses. » Sur le chemin du retour, il s’est dit qu’il devait exister une meilleure façon de procéder.

Eurêka!

Une partie de la formation s’effectuait sur un simulateur de laparoscopie mis au point par des chercheurs de l’Université McGill. L’appareil imite les aptitudes requises pour effectuer une opération à l’intestin ou à l’abdomen. (Le simulateur est utilisé dans le cadre du programme de certification largement reconnu Fundamentals of Laparoscopy Surgery (FLS).) Comme dans une vraie laparoscopie, l’intervention réalisée avec le simulateur peut être suivie sur l’écran d’un grand moniteur, ce qui permet au médecin de voir ce qui se passe dans l’abdomen virtuel.

Bref, toute l’information est numérique. Or, ce qui est numérique peut être transmis sur Internet, d’où l’idée de génie du Dr Okrainec. Eurêka!

« Je me suis dit : pourquoi ne pas installer des cybercaméras et enseigner d’ici comme on le fait là-bas? explique le médecin. On pourrait créer une sorte de classe virtuelle sur Internet. » Le concept de ce que le Dr Okrainec appelle la « télésimulation » était né.

Scientifique de vocation, le Dr Okrainec savait que son idée devait d’abord être testée. Il a donc entrepris une étude dans laquelle un groupe de chirurgiens du Botswana a communiqué hebdomadairement 15 minutes avec les instructeurs de Toronto, pour un total de huit séances de formation. Un second groupe a été prié de s’entraîner sur le simulateur par ses propres moyens.

« Tous les membres du groupe qui avait profité de la télésimulation ont obtenu leur certificat, contre 38 % seulement pour ceux de l’autre groupe », déclare le Dr Okrainec. Les résultats de cette étude ont été publiés en 2009.

Une formation moins coûteuse

Depuis, au-delà de 130 chirurgiens dans 12 pays ont reçu la formation à distance avec la télésimulation.

« Cette méthode d’enseignement est formidable pour les médecins des pays où les ressources sont limitées », s’enflamme le Dr Okrainec. Mieux : les communications entre ordinateurs sont gratuites sur Internet, de sorte que les régions défavorisées réalisent des économies.

La nouvelle technique de formation s’étend maintenant à d’autres spécialités médicales que la chirurgie par laparoscopie. Ainsi, on recourt désormais à Internet comme moyen de communication et médium visuel pour enseigner l’anesthésie, les soins infirmiers et la traumatologie. La neurochirurgie pourrait bientôt se retrouver sur cette liste.

« La prochaine application consistera à enseigner la chirurgie en direct, reprend le Dr Okrainec. Nous l’avons déjà fait à trois reprises au Pérou. L’image du laparoscope dans l’abdomen est retransmise par Internet, ce qui nous permet de former et de superviser les chirurgiens à l’étranger. »

Perfectionnement des médecins canadiens

Cette approche permet également aux médecins canadiens des régions éloignées d’acquérir de nouveaux talents. Ceux qui souhaitent obtenir un certificat en FLS doivent en effet se rendre dans un des trois lieux où le cours est dispensé au pays et où se déroulent les épreuves : Toronto, Montréal ou Vancouver.

Des projets pilotes en Ontario démontrent que les médecins canadiens peuvent eux aussi acquérir les compétences voulues en FLS avec Internet. Jusqu’à présent 30 chirurgiens de localités lointaines du nord de l’Ontario ont suivi la formation par télésimulation et obtenu leur certificat en FLS.

Les travaux du Dr Okrainec sont financés grâce à une subvention pour l’innovation du ministère de la Santé de l’Ontario. Celle-ci permettra la formation par télésimulation de 100 chirurgiens dans la province. L’approche fera sans nul doute des petits, étant donné la population clairsemée qui caractérise le Canada. Un des projets à l’étude consiste à enseigner la neurochirurgie sur Internet grâce au Neurotouch, un neurosimulateur mis au point au Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

« Nous espérons nous associer à diverses organisations canadiennes ou étrangères pour appliquer le programme de télésimulation au simulateur du CNRC », poursuit le Dr Okrainec.

« L’engouement des groupes médicaux est phénoménal. Pourtant, l’idée est si simple! Ce n’est pas de la grande science, mais de la science qui a du sens. » Fin

Partager