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ARCHIVÉ - Progrès contre la maladie de Parkinson : revoir la maladie autrement

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Des progrès récents nous aident à mieux comprendre la maladie de Parkinson et ébranlent certaines convictions tout en traçant la voie à une cure éventuelle.

Il n’y a pas si longtemps, la maladie de Parkinson était un mystère. Les scientifiques savaient qu’il s’agissait d’une affection neurodégénérative associée à une lacune de dopamine, un neurotransmetteur, mais on ignorait ce qui la déclenchait et comment elle évoluait.

Maints indices glanés au cours des dernières années nous incitent maintenant à voir la maladie sous un autre angle – de sa cause principale aux signes avant-coureurs, en passant par sa propagation dans le cerveau. Bien que le mystère soit loin d’être résolu, ce changement d’optique ouvre de nouvelles perspectives en matière de prévention et de traitement.

Des techniciennes du CNRC effectuent de la recherche.

De nouvelles pistes de recherche pourraient élucider une partie des mécanismes à l'origine de la maladie de Parkinson.

Les mutations génétiques : une nouvelle piste palpitante

Un véritable point tournant dans notre compréhension de la maladie est survenu en 1997, quand des chercheurs ont découvert un gène anormal apparemment responsable du déclenchement précoce de la maladie. Cette découverte a donné une toute nouvelle direction aux travaux sur la maladie de Parkinson.

« Il y a 15 ans, on soutenait que la génétique n’avait strictement rien à voir avec la maladie », se rappelle Edward Fon, président du Conseil consultatif scientifique de la Société Parkinson Canada et directeur du programme de recherche sur cette maladie à l’Université McGill. « Le changement de paradigme s’avère donc radical. »

Au-delà de 100 000 Canadiens composent avec cette maladie, le trouble neurologique le plus courant après la maladie d’Alzheimer. Les personnes qui en souffrent manifestent couramment des tremblements, de la lenteur et de la raideur, des problèmes d’équilibre et la rigidité musculaire. On la diagnostique chez environ 1 % des Canadiens de 65 ans et plus et 4 % de ceux âgés de plus de 85 ans.

Depuis, les chercheurs ont identifié des mutations dans sept gènes directement liés au développement de la maladie. La variabilité génétique d’au moins cinq autres gènes est associée au risque accru de voir la maladie se déclarer. Quoiqu’elles n’expliquent qu’un petit nombre de cas, ces mutations pathogènes (causes de maladie) nous mettent sur la piste d’un traitement potentiel, tout en nous en apprenant davantage sur la nature de cette affection.

Environ une personne sur cinq souffrant de la maladie de Parkinson compte un parent qui en est également atteint.

« Nous sommes à un doigt d’un traitement, bref du gros lot », s’exclame Matt Farrer, titulaire de la chaire d’excellence en recherche du Canada en neurogénétique et en neurosciences translationnelles à l’Université de la Colombie-Britannique (UCB).

La mutation la plus courante, par exemple, touche une protéine baptisée LRRK2 et sa suractivité. En bloquant le fonctionnement de cette dernière, des scientifiques croient pouvoir mettre les patients à l’abri de la neurodégénérescence associée à la maladie.

Identifier les personnes à risque

Une chose est devenue claire depuis quelques années : le neurotransmetteur qu’est la dopamine n’est pas seul fautif dans la maladie. Bien que les symptômes débilitants (comme les tremblements et la raideur) semblent résulter de la destruction des cellules qui libèrent ce neurotransmetteur dans une partie précise du cerveau, les scientifiques croient maintenant que des changements surviennent ailleurs dans l’encéphale, et ce, longtemps avant l’apparition de ces symptômes.

Après étude, les images du cerveau des personnes très susceptibles de développer la maladie en raison d’antécédents familiaux, voire ancestraux, semblent appuyer cette théorie. Toutefois, sans scintigraphies cérébrales courantes, comment les médecins pourraient-ils identifier ceux qui ont la maladie sans en présenter encore des symptômes visibles?

Apparemment, bon nombre de patients atteints du Parkinson ont dans leur dossier médical la perte de l’odorat, un sommeil paradoxal anormal, une somnolence excessive, la constipation chronique et diverses autres conditions.

« Beaucoup de ces manifestations surviennent des années, voire des décennies avant les symptômes moteurs. Elles pourraient donc concourir à identifier les patients avant qu’il soit trop tard », suggère M. Fon.

Ron Postuma étudie ces liens au Centre médical de l’Université McGill à Montréal, avec l’appui financier de la Société Parkinson Canada. Jusqu’à présent, l’un des plus prometteurs semble le trouble du sommeil paradoxal (TSP). En effet, le tiers environ des personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffrent de TSP. Des études ont révélé que 20 à 35 % des personnes aux prises avec le TSP développent la maladie de Parkinson au terme d’une dizaine d’années.

Joyce Gordon, présidente et chef de direction, Société Parkinson Canada

« Nos connaissances sur la maladie de Parkinson ont considérablement augmenté depuis dix ans. Les chercheurs canadiens ont tant fait progresser le savoir en la matière que nous en saisissons désormais l’extrême complexité. Nous savons que la maladie n’a pas une origine, mais de nombreux coupables potentiels. »

Joyce Gordon, présidente et chef de direction, Société Parkinson Canada

Même si les personnes atteintes de TSP ne contractent pas toutes la maladie de Parkinson, cette solide association laisse croire qu’on devrait les suivre régulièrement pour s’en assurer. Qui plus est, ces personnes forment le groupe idéal pour étudier ce qui peut survenir durant les stades précoces, asymptomatiques, du Parkinson.

« Notre but est de mettre au point des outils efficaces pour dépister la maladie et stopper sa progression avant qu’apparaissent les symptômes », explique M. Postuma.

Des scientifiques du Conseil national de recherches du Canada et de l’Université de Windsor coopèrent avec l’entreprise du New Jersey Zymes LLC pour évaluer les effets d’une formule à base de coenzyme Q10. L’antioxydant CoQ10 fait l’objet d’études comme traitement susceptible de modifier l’évolution de la maladie de Parkinson depuis des années, mais jamais on n’en a établi les avantages potentiels de manière concluante. Zymes tente de déterminer si sa formule hydrosoluble pourrait intensifier l’activité du CoQ10 dans le cerveau, donc avoir un effet bénéfique sur le patient. Ces recherches sont financées par la Michael J. Fox Foundation for Parkinson’s Research.

La maladie de Parkinson se propage-t-elle comme une infection?

Une autre idée relativement inédite au sujet de la maladie de Parkinson a trait à la manière dont elle se propage dans le cerveau. Une théorie qui retient de plus en plus l’attention est qu’elle ressemble à un trouble semblable à la maladie de la vache folle, impliquant des protéines anormales appelées prions.

Les chercheurs ont toujours cru que les neurones des personnes atteintes de la maladie de Parkinson mouraient en raison d’un dérèglement des mécanismes qui régulent la mort naturelle des cellules. Les affections causées par les prions, elles, sont plutôt considérées comme infectieuses : des prions se propagent d’une cellule à l’autre pour en entraîner éventuellement la destruction.

Or, des recherches récentes donnent à penser que là pourrait se trouver l’explication à l’accumulation d’une protéine anormale, l’alpha-synucléline, dans le cerveau des personnes souffrant du Parkinson. Les dommages aux cellules résultant de cette accumulation constituent « sans doute un des mécanismes principaux à l’origine de la maladie », avance M. Fon.

Si la chose s’avère, peut-être pourrait-on mettre au point des médicaments qui stopperont ou ralentiront les progrès de la protéine anormale. « En arrêtant sa progression, on parviendrait peut-être à ralentir sensiblement l’évolution de la maladie », affirme M. Fon. Encore une fois, une intervention rapide – précédant l’apparition des symptômes – pourrait se révéler cruciale.

« Nous vivons à une époque passionnante de la recherche sur la maladie de Parkinson, ajoute M. Fon. Je crois que nous pouvons vraiment tirer parti de ces découvertes. Il faut espérer que de nouveaux médicaments commenceront bientôt à enrayer certains mécanismes sous-jacents à la maladie. » Fin

Edward Fon, président, Conseil consultatif scientifique, Société Parkinson Canada

« De nombreux laboratoires canadiens et étrangers tentent d’élucider les rôles des défectuosités génétiques et des voies qui régulent les gènes dans la maladie de Parkinson. »

Edward Fon, président, Conseil consultatif scientifique, Société Parkinson Canada

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