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ARCHIVÉ - Médecine personnalisée pour les personnes atteintes de cancer

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À l’avenir, des soins adaptés en fonction des gènes et des protéines de la tumeur d’un individu aideront le médecin à dépister le cancer plus rapidement et à établir le meilleur traitement pour chaque patient. Une thérapie individuelle pourrait accroître le taux de survie, éviter des soins superflus et réduire les coûts pour le système de santé.

Non, il ne s’agit pas d’un remède miracle et moins du tiers des femmes atteintes du cancer du sein en bénéficieront. Cependant, pour celles souffrant de métastases qui surexpriment un gène particulier, l’Herceptine s’avère une véritable bouée de sauvetage. En effet, combiné à la chimiothérapie, ce médicament réduit sensiblement les risques de récidive après une intervention chirurgicale, ce qui accroît les chances de survie à long terme.

L’Herceptine se distingue pour un autre motif. Il s’agit d’une des premières illustrations de la thérapie moléculaire ciblée. Ce médicament vedette sert de vitrine à la « médecine personnalisée », une révolution dans le traitement du cancer qui promet de meilleurs résultats pour les patients, permettrait d’éviter les soins inutiles et, au bout du compte, réduirait les coûts des soins de santé.

À l’inverse des médicaments à spectre large employés en chimiothérapie, l’Herceptine est un anticorps qui bloque une protéine précise, la HER2, que les cellules des tumeurs produisent en surabondance chez certains malades.

L’histoire de l’Herceptine traduit une réalité que les chercheurs connaissent depuis des décennies : le cancer n’est pas une, mais plusieurs centaines de maladies réunies. Ce qui signifie qu’un traitement du type « prêt-à-porter » ne donnera jamais les résultats escomptés. « Le cancer, et plus particulièrement ceux du sein et de la prostate, est une maladie extrêmement hétérogène et les maladies de ce genre exigent un traitement individualisé », a résumé Maureen O’Connor, du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). 

Chaque tumeur possède son propre « code à barres » moléculaire.

Chaque tumeur possède son propre « code à barres » moléculaire.

Lire le code à barres moléculaire

Le système de soins de santé actuel personnalise déjà le traitement du cancer dans une certaine mesure. « Le médecin classe les tumeurs en divers sous-types, puis soigne son patient d’après la catégorie dans laquelle entre le cancer, mais le traitement repose rarement sur une catégorisation moléculaire », poursuit Mme O’Connor. Toutefois, avec l’avènement de sondes moléculaires capables de déceler les fluctuations génétiques et protéiques, classer les tumeurs et les combattre d’après leur « code à barres moléculaire » s’avère de plus en plus aisé.

Selon Mme O’Connor, une approche personnalisée pourrait influer sur trois grands aspects des soins dispensés au malade : le diagnostic, le pronostic et le traitement. « On devrait commencer par se demander : est-ce le cancer? dit-elle. Puis : la tumeur évolue-t-elle lentement ou rapidement (mauvais)? Enfin : comment traiter leur cancer? » Bref, quelle thérapie sera la plus efficace et mieux tolérée par le patient?

Plus sur le sujet

Vers un programme national de dépistage du cancer du poumon

Des recherches poursuivies aux É.-U. et en Europe laissent croire qu’une tomodensitométrie hélicoïdale (TH) à faible dose réduirait sensiblement les risques de décès par le cancer du poumon en dépistant celui-ci à un stade précoce, donc plus facile à soigner. « La TH est une technique très sensible. Elle détecte de très petites anomalies dans le poumon », affirme Victor Ling, président et directeur scientifique à l’IRTF. (Plus)

Diagnostiquer le cancer du poumon

Le cancer du poumon est le type de cancer le plus mortel au Canada. Au-delà de 21 000 hommes et femmes en sont morts en 2010. Même avec les meilleurs soins, moins de 20 % de ceux qui en sont atteints survivront cinq ans, une fois porté le diagnostic. L’explication réside dans le fait que celui-ci survient habituellement trop tard pour que le traitement soit efficace.

En 2008, l’Institut de recherche Terry Fox (IRTF) lançait une étude pancanadienne ayant pour but de repérer les personnes les plus susceptibles de contracter le cancer du poumon au cours des trois prochaines années. L’étude s’appuie sur un ensemble de technologies médicales et de logiciels. « Les résultats préliminaires du U.S. National Lung Screening Trial indiquent que la tomodensitométrie assistée par ordinateur (TAO) réduit le taux de mortalité du cancer du poumon de 20 %, comparativement à une banale radiographie. La difficulté consiste à identifier ceux qui devraient subir un tel test », explique Stephen Lam, de la BC Cancer Agency, un des directeurs de l’étude. « Notre principal objectif est de vérifier un modèle de prévision des risques de cancer du poumon qui permettrait d’identifier les personnes les plus enclines à profiter d’une telle épreuve de dépistage. Au bout du compte, nous aimerions mettre en place un programme de dépistage rentable dans le système et écarter les personnes à faible risque afin de leur épargner les affres d’une telle épreuve. » L’étude est cofinancée par le Partenariat canadien contre le cancer.

Victor Ling, président et directeur scientifique, IRTF

« Actuellement, le système canadien des soins de santé classe les cancers selon leur site anatomique. À l’avenir, nous pourrions le faire en fonction de leurs défectuosités
moléculaires. »

– Victor Ling, président et directeur scientifique, IRTF

Moins de traitements superflus du cancer du sein

En plus de rehausser le diagnostic, une approche personnalisée au cancer réduirait le nombre de patients qui suivent un traitement inutile contre la maladie. Par exemple, « les cancers du sein ne sont pas tous les mêmes, affirme Mme O’Connor. Des femmes ont besoin d’une chimiothérapie lourde pour que la tumeur ne réapparaisse pas après l’intervention chirurgicale, alors que d’autres n’auront absolument pas besoin de chimiothérapie. »

Pour aider le médecin à prescrire le traitement adéquat au patient, le CNRC a mis au point un outil qui déterminera quelles femmes atteintes du cancer du sein présentent peu de risques de récidive. Cet outil – un algorithme qui identifie les marqueurs biologiques associés aux personnes à faible risque avec un degré d’exactitude de 87 à 100 % – pourrait virtuellement mettre fin à la chimiothérapie jugée superflue, donc rendre la vie meilleure aux personnes à faible risque.

Edwin Wang recourt actuellement à cet algorithme afin de créer un test similaire qui prédira le cancer de la prostate.

Recherche dans un laboratoire du CNRC

Recherche dans un laboratoire du CNRC

Viser les tumeurs

Parallèlement à ces travaux sur les tests de pronostic, les chercheurs du CNRC mettent au point des anticorps contre des cancers très précis. « L’usage d’anticorps comme agents thérapeutiques repose sur leur spécificité naturelle, leur principal avantage. Le test détecte la présence de la cible de l’anticorps à la tumeur. De cette manière, il est possible d’établir pour qui l’anticorps donnera sans doute de bons résultats », déclare Denis Bourbeau, chef de projet au sein du programme de recherche sur le cancer du CNRC. On recourt à un test de ce genre pour identifier le tiers des femmes souffrant du cancer du sein qui recevront de l’Herceptine.

Plus sur le sujet

Un test pronostic pour le cancer de la prostate

En 2010, une équipe du CNRC pilotée par Edwin Wang annonçait la création d’un algorithme en mesure d’établir quelles patientes atteintes du cancer du sein présenteraient peu de risque de voir récidiver la maladie. (Plus)

En 2009, le CNRC octroyait une licence à l’entreprise montréalaise Alethia Biotherapeutics pour qu’elle exploite un anticorps s’attaquant à la clustérine – une protéine présente dans les tumeurs de certaines femmes souffrant d’une forme particulièrement agressive de cancer du sein. « Nous avons aussi accordé une licence d’exploitation pour une petite molécule peptidique (protéine) qui pourrait servir à visualiser les tumeurs », ajoute M. Bourbeau. Selon lui, le jour n’est pas loin où les médecins utiliseront ce peptide pour savoir si leur patient pourrait réagir ou non à l’anticlustérine du CNRC, ou voir si la tumeur se résorbe sous l’effet du traitement.

Chaque personne atteinte du cancer étant unique, les médecins auront éventuellement besoin d’un arsenal de thérapies nettement mieux garni si l’on veut dispenser les meilleurs soins possibles à chacun. « Un médicament efficace contre une tumeur au sein n’aura aucune incidence sur d’autres tumeurs du sein, prévient M. Bourbeau. Cependant, un médicament agissant contre une tumeur du sein pourrait aussi s’avérer efficace contre une tumeur du cerveau ou du côlon qui possède le même code à barres. » Fin

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