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ARCHIVÉ - Les technologies intelligentes réduiront-elles la consommation domestique d'énergie?

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Les contraintes qui s’exercent sur les réseaux d’électricité lors des canicules estivales et d’autres périodes à forte demande peuvent entraîner une hausse du coût de l’énergie. Des technologies qui automatisent des choix énergétiques intelligents pourraient concourir à une stabilisation du réseau et des prix.

Une femme et une jeune fille étendent leur lessive sur une corde à linge.

Plusieurs Canadiens et Canadiennes essayent de consommer moins d’énergie à la maison

Quand elle est partie vivre un an en Angleterre, Katherine Smith, de Hamilton (Ontario), a été vivement impressionnée par un moyen très simple de sécher ses vêtements sans électricité : un support pour vêtements posé au plafond que des cordes et un système de poulie abaissent à la bonne hauteur, le temps d’y suspendre les vêtements humides.

« Les habitants d’Angleterre avaient coutume d’avoir un tel séchoir dans leur maison. Le dispositif tire parti du fait que l’air chaud monte », explique Mme Smith. Mère célibataire, elle est encline à chercher comment alléger sa facture d’électricité. De retour au pays, elle a installé un de ces séchoirs, pour constater qu’elle économisait 25 $ d’électricité par mois. Elle a aussi posé un compteur intelligent, qui lui permet de surveiller sa consommation horaire d’électricité et de déplacer certaines activités lorsque les taux sont moins dispendieux. Elle, ainsi que son fils ont commencé à utiliser l’électricité avec plus de parcimonie. « Nous éteignons la lumière quand nous n’en avons pas besoin et lavons la vaisselle à la main. Nous réfléchissons vraiment à ce que nous faisons. »

Avec la hausse du prix de l’électricité, bon nombre de Canadiens cherchent eux aussi à réduire leur consommation. Les scientifiques du Centre canadien des technologies résidentielles (CCTR), à Ottawa, espèrent trouver comment leur faciliter la tâche par la technologie, plus particulièrement comment freiner la consommation d’électricité en période de crête dans les habitations canadiennes.

« Nous nous efforçons d’éliminer totalement ou presque la consommation d’électricité durant les périodes de crête », explique Guy Newsham, du CNRC. Ces périodes correspondent à celles où les appareils électriques exercent la plus forte demande sur le réseau. Habituellement, elles surviennent de la fin de l’après-midi au début de la soirée, quand les gens reviennent du travail et se préparent à souper, bien que de nombreux commerces n’aient pas encore fermé leurs portes.

Dans le sud et l’est de l’Ontario, la période de crête la plus problématique est celle des canicules estivales, lorsque les climatiseurs fonctionnent à plein régime. « Les après-midis torrides, il arrive que les gens utilisent le triple de l’électricité qu’ils utilisent en d’autres circonstances », reprend M. Newsham. Ailleurs au Canada, où l’on ne subit pas de longues périodes de chaleur et d’humidité, les périodes de crête les plus importantes sont les périodes de crête matinales et vespérales en hiver. Pour répondre à la forte hausse de la demande, il est nécessaire de recourir aux centrales thermiques ou d’importer de l’électricité, ce qui coûte cher. Les consommateurs finissent tôt ou tard par en payer le prix.

Grâce aux données des compteurs intelligents que leur fournissent les compagnies d’électricité participantes, les chercheurs analysent la manière dont l’électricité est utilisée dans les habitations durant les périodes de crête. Des simulations servent à évaluer divers aménagements domiciliaires et les activités susceptibles de réduire la demande pendant les périodes de crête, puis les chercheurs appliquent les techniques les plus prometteuses aux habitations expérimentales, de grandeur nature, du CCTR.

Ce graphique indique la quantité moyenne d’électricité utilisée par un vaste échantillon d’habitations dans le sud de l’Ontario, en 2008

Ce graphique indique la quantité moyenne d’électricité utilisée par un vaste échantillon d’habitations dans le sud de l’Ontario, en 2008. Il compare la consommation horaire d’électricité d’une journée de canicule et d’une journée d’été ordinaire. Vers midi, la demande d’électricité durant la canicule dépasse celle de la journée ordinaire de plus de 100 %. En soirée, la demande de crête est environ trois fois plus élevée par temps de canicule que la demande matinale d’une journée ordinaire.

Économiser l’énergie grâce à des changements simples

Une approche à l’étude dérive du programme ontarien Peaksaver. En vertu de ce programme à participation volontaire, un signal envoyé par le service public empêche les climatiseurs de fonctionner sans interruption pendant les périodes de crête. « L’appareil fonctionne 15 minutes puis s’arrête 15 minutes, même si la température désirée n’a pas été atteinte. Certes, la température à l’intérieur s’élèvera lentement, mais elle demeurera supportable et le réseau gagnera en stabilité », déclare M. Newsham.

Voici quelques autres solutions à l’essai.

  • Allumer le climatiseur plus tôt durant la journée pour refroidir la maison avant la vague de chaleur, pour voir si l’utilisation de l’appareil sera moins grande par la suite.
  • Couper brièvement l’élément chauffant des sécheuses afin que les vêtements sèchent uniquement à l’air jusqu’à la remise en marche de l’élément.
  • Doter les appareils comme les lave-vaisselles et les sécheuses d’une minuterie pour qu’ils fonctionnent hors des périodes de crête.
  • Poser des stores mécaniques aux fenêtres afin de réduire les besoins de climatisation.

Bien que ces technologies puissent concourir à réduire la demande d’électricité, M. Newsham précise que nos habitudes ont autant d’importance. Les chercheurs adaptent la consommation d’électricité des habitations expérimentales comme si une famille typique y vivait, en modifiant la fréquence d’utilisation des gros électroménagers et d’autres appareils électriques, un peu comme le font Katherine Smith et son fils.

Créer une habitation économe

Les chercheurs se penchent aussi sur des accumulateurs qui stockeraient l’électricité en dehors des périodes de crête pour la restituer par la suite. Idéalement, l’usage d’accumulateurs, la modification des habitudes et les technologies d’automatisation pourraient donner une habitation qui n’utilisera aucune électricité du réseau pendant les périodes de crête, peut-être durant une heure ou deux, quelques jours de l’année. Ces quelques heures feraient pourtant beaucoup pour les fournisseurs d’électricité et, éventuellement, le coût de l’énergie. Les approches de ce genre s’inscrivent dans le concept plus général du « réseau intelligent », un mouvement qui prend rapidement de l’ampleur, voulant que l’électricité soit répartie de façon plus judicieuse afin de rehausser la rentabilité et la fiabilité du réseau.

Selon M. Newsham, même si les vraies habitations n’abaissent pas leur consommation à zéro en période de crête dans un proche avenir, on aura prouvé que la chose est réalisable. « Nous aurons identifié des technologies et des stratégies réalistes et rentables. Il en résultera une habitation qui consommera sensiblement moins d’électricité durant les périodes de crête », conclut-il. Fin

Vous connaissez la famille Watt?

Les habitations jumelles utilisées aux fins d’expérimentation au Centre canadien des technologies résidentielles (CCTR) possèdent tout ce qu’une famille moyenne du Canada pourrait utiliser – laveuse et sécheuse, lave-vaisselle, appareils d’éclairage, électroménagers, chauffe-eau et bien plus. Quatre personnes « artificielles » y vivent même.

« Ce sont des ampoules, mais elles dégagent à peu près la même quantité de chaleur que des êtres humains », précise M. Newsham. Nous les avons baptisées « la famille Watt ».

Le CCTR est exploité conjointement par le CNRC, Ressources naturelles Canada et la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

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