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ARCHIVÉ - Ernest Rutherford : le lien qui l'unit au Canada

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Né en Nouvelle-Zélande dans une famille de douze enfants, Ernest Rutherford (1871-1937) posa les bases de la physique nucléaire et remporta le prix Nobel de chimie. Son contemporain, Albert Einstein, disait de lui qu’il était « le second Newton ».

Rutherford dans son laboratoire de l’Université McGill, en 1907, gracieuseté du Musée Rutherford, Université McGillt

Rutherford dans son laboratoire de l’Université McGill, en 1907, gracieuseté du Musée Rutherford, Université McGill

En 1904, Ernest Rutherford publiait son premier ouvrage « Radioactivité » dans lequel il prédisait ce qui suit : « Il y a tout lieu de croire que les atomes des éléments radioactifs renferment une énorme quantité d’énergie latente… Si on parvenait à contrôler la vitesse à laquelle se désintègrent ces éléments, une petite quantité de matière libérerait une masse colossale d’énergie. »

Rutherford, qui avait percé le mystère de la radioactivité, était persuadé qu’une telle prouesse était irréalisable, que ce n’était qu’un rêve. Prudent malgré tout, il émit le souhait que la race humaine ne découvre pas le moyen d’extraire l’énergie de l’atome avant que chaque pays n’ait fait la paix avec ses voisins.

Rutherford se trompait sur les deux plans, car c’est la menace des armes atomiques qui façonne le monde depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le bon côté de la médaille est que notre niveau de vie s’est considérablement amélioré grâce à l’électricité des centrales nucléaires, ainsi qu’aux traitements qu’a rendu possibles la médecine nucléaire. Ces progrès technologiques sont tous devenus réalité grâce aux travaux d’exploration révolutionnaires de Rutherford sur les mystères de l’atome et l’origine de la radioactivité.

Remontez dans le temps en lisant l’allocution prononcée par Rutherford lorsqu’il a reçu le prix Nobel de chimie, le 11 décembre 1908 (en anglais seulement).

Résoudre le casse-tête de la radioactivité

Rutherford obtint le prix Nobel de 1908 en chimie pour ses travaux sur la désintégration des éléments et la chimie des substances radioactives. Le phénomène de la radioactivité avait été observé pour la première fois en 1896. Depuis, les scientifiques redoublaient d’efforts pour le comprendre.

La clé de l’énigme fut découverte en 1902 par Rutherford, lequel prouva que la radioactivité résultait de la désintégration spontanée des atomes et de leur transformation en de la matière neuve. Il effectua les recherches étayant cette découverte monumentale tandis qu’il enseignait à l’Université McGill, à Montréal.

Le musée Rutherford

Le musée Rutherford de l’Université McGill (en anglais seulement) abrite la plus belle collection d’équipement de laboratoire du grand homme, grâce à l’intuition de son collègue Howard Barnes qui, peu après le départ de Rutherford de l’Université McGill, conserva soigneusement le matériel dans une armoire. Celui-ci y demeura jusqu’au décès de Rutherford en 1937, date à laquelle on l’y redécouvrit.

Rutherford et son collègue Frederick Soddy, du département de chimie de l’université, publièrent une série d’articles expliquant la radioactivité. Cette découverte fut aussi retentissante pour la science nucléaire que le premier alunissage pour l’exploration de l’espace. Le travail des deux chimistes devint comme un camp de base d’où partirent les expéditions subséquentes qui explorèrent les mystères de l’atome. Soddy lui-même devait remporter le prix Nobel de chimie en 1921 pour ses recherches sur les substances radioactives et les isotopes.

Rutherford a connu de nombreux honneurs au cours de  sa vie. D’abord nommé chevalier en 1914, il fut anobli en 1931 pour devenir Ernest, premier baron Rutherford de Nelson. Il mourut en 1937, à l’âge de 66 ans, deux ans avant que d’autres scientifiques prouvent que la fission de l’uranium libérait une quantité massive d’énergie. Rutherford est enterré à l’abbaye de Westminster, près d’autres grands savants tel Isaac Newton.

Dans son éloge funèbre, le New York Times le décrivait comme le principal explorateur de l’immense et infiniment complexe univers de l’atome, un univers qu’il fut le premier à pénétrer. Fin

Encadré : Rutherford au Canada

Ernest Rutherford arriva à l’Université McGill de Montréal en 1898, au grand dam du Laboratoire Cavendish de l’Université de Cambridge, où on le considérait comme une véritable étoile montante. Malheureusement, par ses règlements, cette université ne permettait pas à Rutherford d’obtenir de l’avancement en raison de son jeune âge.

L’Université McGill, en revanche, lui offrit un poste de professeur assorti d’un excellent salaire, de l’accès à l’un des laboratoires les mieux équipés au monde et de la promesse qu’il passerait plus de temps à poursuivre des recherches qu’à enseigner. Pareille offre s’avéra impossible à refuser pour un jeune savant si ambitieux, qui avait besoin d’un solide revenu pour assurer sa subsistance et celle  de  Mary Georgina Newton (aucun lien avec l’illustre Isaac Newton) qui allait bientôt devenir sa femme.

Le professeur J.J. Thomson, découvreur de l’électron et mentor de Rutherford à Cambridge, convainquit ce dernier d’abandonner l’étude de l’électromagnétisme pour la toute nouvelle branche de la radioactivité.  À l’Université McGill, Rutherford mit sur pied un brillant programme d’expérimentation, si bien qu’en 1902, il avait observé et nommé la désintégration radioactive spontanée, à l’aide de son assistant Frederick Soddy, du département de chimie de la même université.

Les établissements américains ne cessèrent de courtiser Rutherford durant son séjour à l’Université McGill,et cette dernière contrait chaque nouvelle proposition par une hausse de salaire. En 1907 cependant, Rutherford reçut une offre qu’il ne put refuser : la chaire de physique à l’Université de Manchester. Puis, en 1919, il boucla la boucle et revint à l’Université de Cambridge, en tant que directeur du Laboratoire Cavendish. 

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