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ARCHIVÉ - L'avenir de l'énergie propre au Canada

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Selon Marie D’Iorio, qui pilote la stratégie du CNRC en matière d’énergie, il nous faut avant tout changer d’attitude en matière d’énergie propre et passer de la consommation à la conservation.

Marie D'Iorio

En tant que directrice générale de l’Institut des sciences des microstructures du CNRC, Mme D’Iorio a assisté à l’adoption de plusieurs technologies. Elle est persuadée que nous pourrions devoir changer notre raisonnement actuel quant aux motifs initiaux pour lesquels de nouvelles technologies sont adoptées.

Question : Quelles sont présentement les plus grandes tendances en matière d’énergie propre?

L’objectif du Canada en vertu de l’Accord de Copenhague

Le 29 janvier 2010, le Canada s’engageait à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 17 % comparativement aux concentrations relevées en 2005, d’ici 2020.

Réponse : Une des principales tendances qui anime le CNRC est la quête de solutions de rechange aux technologies qui s’appuient sur les combustibles fossiles, des solutions de remplacement qu’on pourrait combiner et auxquelles on pourrait donner plus d’ampleur en réponse aux craintes concernant le changement climatique.

Hors du CNRC, une tendance persistante est que les consommateurs prennent de plus en plus conscience des liens entre l’énergie et l’environnement. Cette prise de conscience environnementale est alimentée par les préoccupations relatives au changement climatique, et la pression des consommateurs pourrait bien accélérer une vaste adoption des énergies vertes longtemps avant que les analyses économiques n’en confirment l’utilité.

Vidéo : Qu'est-ce qu'une énergie propre?

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Marie D'Iorio parle d'énergie propre.

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Q : Parlez-nous de quelques technologies fascinantes qu’il faut surveiller.

R: L’énergie solaire en est une. Quand on parle d’énergie solaire, on pense souvent aux grands panneaux installés sur les toits, mais d’autres technologies existent, des technologies plus personnelles dont l’impact sera plus frappant, des piles permettant de recharger son téléphone intelligent ou l’ordinateur portatif dans son sac à dos, par exemple. Le prix, l’efficacité, la longévité et la robustesse de ces technologies ainsi que l’attitude des consommateurs à leur égard sont autant de facteurs qui en régiront l’adoption. Celle-ci ira de pair néanmoins dans une large mesure avec l’adoption des grands panneaux solaires pour toitures, dont l’impact est plus grand, mais plus discret.

Une autre notion passionnante consiste à donner à chacun l’accès à un « réseau intelligent », bref à autoriser les gens à produire leur électricité et à en vendre l’excédent au réseau – grâce à des panneaux solaires sur le toit, aux batteries des voitures électriques, à une éolienne dans le jardin, voire à des appareils d’exercice évolués. Le concept a déjà été mis à l’essai. À Fribourg, dans le sud-ouest de l’Allemagne, par exemple, une des villes les plus écologiques d’Europe, on favorise la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en implantant des solutions qui font appel aux énergies vertes et à des systèmes de transport non polluants.

Ces habitations jumelles servent à tester les nouvelles technologies qui réduiront la consommation d’énergie au foyer (Centre canadien des technologies résidentielles).

Ces habitations jumelles servent à tester les nouvelles technologies qui réduiront la consommation d’énergie au foyer (Centre canadien des technologies résidentielles).

Q : Comment le Canada atteindra-t-il ses objectifs de réduction des GES?

R: Afin d’atteindre nos objectifs, nous devrons entreprendre considérablement plus de recherche et développement (R-D), et ce, de manière innovatrice. Nous progressons déjà vers la réalisation des objectifs de 2020 grâce à de nombreuses technologies, mais quant à 2050, les technologies cruciales n’existent pas encore. Il faut poursuivre la recherche fondamentale pour créer des technologies que nous n’imaginons pas présentement, des technologies susceptibles de remplacer ou de bouleverser les technologies actuelles.

Nous devons aussi passer à la vitesse supérieure avec bon nombre de nouvelles technologies qui en sont toujours au stade de la démonstration. Non seulement ces technologies devront-elles être transformées en produits, mais on devra les intégrer à des systèmes de distribution de l’énergie adaptables, puis les déployer. Les grandes entreprises étudient déjà les modèles d’affaires de demain et la nature des services nécessaires pour distribuer l’énergie et faire circuler plus efficacement l’information.

Les consommateurs devront peut-être changer d’attitude. Ne plus dire « Est-ce aussi bon marché que les sources d’énergie usuelles? », mais plutôt « Je suis prêt à payer plus cher pour atténuer mon empreinte carbone ». La plupart des consommateurs font déjà face à ce dilemme quand ils achètent une automobile, gèrent leur consommation d’électricité à la maison, remplacent leurs gros électroménagers, etc.

Le gouvernement concourra à accélérer le perfectionnement de ces technologies en investissant dans les innovations associées aux énergies non polluantes, en mettant en place des incitatifs financiers et en adoptant les règlements requis.

Q : Le passage à l’énergie propre sera-t-il différent des autres virages technologiques?

R: Eh bien, avant l’avènement de l’électricité, nous nous chauffions en brûlant du bois ou du charbon. Puis sont venues des chaudières plus efficaces utilisant le mazout ou le gaz naturel. Il s’agissait d’un changement majeur, car il fallait un réseau de distribution.

Ce changement en était un de commodité, car il nous a facilité la vie – plus besoin de couper du bois ni de mettre du charbon dans le poêle. L’efficacité y a gagné également, car nous avons sauvé temps et énergie.

Le changement qui se dessine à l’horizon ne se situe pas au niveau de l’efficacité ni des coûts. Il dérive de l’amenuisement des ressources et d’altérations environnementales. Nous ne devrons pas qu’utiliser des technologies différentes, nous devrons aussi moins consommer. C’est notre mode de vie qui doit changer.

Q : Comment allons-nous prendre ce virage?

R: Le problème ne touche pas que les économies émergentes ou florissantes. La planète entière devra orchestrer ses efforts pour réduire la consommation d’énergie et la production de GES.

En dépit des arguments récurrents que sont le rendement et les prix, la révolution de l’énergie propre ne consistera pas tant à exploiter de nouvelles sources d’énergie pour satisfaire à une demande grandissante, mais bien à diminuer les émissions de GES et à protéger l’environnement. Ce changement doit être d’envergure planétaire.

Par bonheur, quelques excellentes cartes tracent la route pour les 10, 20 ou 40 années à venir. Il est également encourageant de constater que de grandes entreprises privées ont décidé de relever le défi en atténuant leur empreinte carbone.

Ainsi, au Congrès international des technologies de l’information de 2010, à Amsterdam, le chef de direction d’Intel, Paul Otellini, a déclaré que les deux prochains milliards d’ordinateurs construits consommeront deux fois moins d’énergie que le premier milliard, tout en étant 17 fois plus performants. Il a ajouté que les technologies de l’information peuvent aussi concourir à écologiser d’autres technologies. Avec les technologies des microprocesseurs actuelles, M. Otellini est persuadé qu’on pourrait réduire les émissions de GES de 15 % d’ici 2020.

Q : Quels sont les pays les plus avancés dans l’adoption des technologies vertes?

R: Ernst and Young classe les pays en fonction de leur capacité à attirer les investissements dans les technologies des énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique, biomasse, infrastructure). En 2010, les dix meilleurs pays étaient, dans l’ordre, les États-Unis et la Chine (ex aequo), l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, et le Canada (9e), le Portugal et l’Irlande se partageant la dixième place. L’Allemagne a pris le pari ambitieux de couper ses émissions de GES de 40 % comparativement à celles de 1990 et assure que le pays tirera près de 20 % de son énergie de sources renouvelables.

Q : Quels sont les atouts du Canada et que pourrait-on faire pour s’améliorer?

Le Canada au nombre des meilleurs « points chauds » du globe

Le potentiel solaire de certaines régions canadiennes rivalise avec celui des endroits les plus ensoleillés du monde. Ressources naturelles Canada a classé les grandes villes que voici en fonction de leur potentiel d’énergie solaire.

  1. Le Caire, Égypte
  2. Le Cap, Afrique du Sud
  3. Nouvelle Delhi, Inde
  4. Los Angeles, É.-U.
  5. Mexico, Mexique
  6. Regina, Canada
  7. Sydney, Australie
  8. Rome, Italie
  9. Rio de Janeiro, Brésil
  10. Ottawa, Canada

Source : Le développement des cartes de la ressource photovoltaïque du Canada (RNCan)

R: Pour l’instant, le Canada profite d’un véritable engouement pour les énergies renouvelables de remplacement, en particulier le soleil, le vent, la bioénergie et l’hydroélectricité. La plupart des provinces et des territoires ont échafaudé une stratégie pour diminuer leurs émissions de GES en investissant dans de grands projets d’énergie verte.

Un atout du Canada concerne les fonds publics investis dans l’énergie verte par le biais des réseaux d’innovation, des centres d’excellence, des centres et instituts universitaires, ainsi que des ministères et laboratoires fédéraux. Technologies du développement durable Canada, une société sans but lucratif, par exemple, a reçu 1,05 milliard de dollars de l’État pour alimenter le développement et la démonstration de technologies adaptées au changement climatique et à l’assainissement de l’air, de l’eau et du sol.

Le Canada profiterait d’une approche nationale bien coordonnée au niveau de la recherche, susceptible d’accélérer la commercialisation et l’adoption des énergies non polluantes. Nous aurons absolument besoin de nouvelles technologies et d’une stratégie d’innovation pour atteindre nos objectifs de 2050.

À court terme, le CNRC peut travailler en étroite collaboration avec ses contreparties fédérales pour rehausser et multiplier les compétences dans les secteurs qu’on juge prioritaires au pays, c’est-à-dire ceux où existe déjà une masse critique. Prenons par exemple : les technologies des réseaux d’électricité et des bâtiments intelligents, la production, le stockage et la distribution des énergies durables, la capture et le stockage de carbone, les piles à combustible et à hydrogène, et des technologies plus écologiques pour les sables bitumineux.

Vidéo : L'énergie solaire

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Marie D'Iorio parle de l'énergie solaire et de ses possibilités au Canada.

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Q : En quoi nos vies pourraient-elles être différentes dans 20 ans, grâce aux technologies de l’énergie verte?

R: Difficile de faire une prédiction, mais j’espère que, dans 20 ans, la conservation de l’énergie occupera plus de place dans notre vie que la consommation, grâce aux technologies des bâtiments intelligents et à l’intégration de sources d’énergie verte au réseau de distribution. Les quartiers et les villes seront transfigurés – nous aurons des automobiles à haut rendement dont on remplira le réservoir à des stations-service d’énergie verte, des épiceries qui n’émettront plus de GES, ainsi que des édifices à bureaux et des habitations qui revendront de l’électricité au réseau. Fin

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