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ARCHIVÉ - Rouler vert avec du biocarburant extrait des algues

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L’huile des algues microscopiques pourrait bien nous affranchir de l’esclavage aux combustibles fossiles.

Cette photo montre les algues une fois récoltées. Les chercheurs recourront aux algues microscopiques locales qui présentent les meilleures caractéristiques pour produire du biocarburant. Les espèces environnantes sont sans doute celles qui se sont le mieux acclimatées aux conditions environnementales canadiennes. Y recourir minimiserait aussi les risques d’envahissement par une espèce exotique.

Cette photo montre les algues une fois récoltées. Les chercheurs recourront aux algues microscopiques locales qui présentent les meilleures caractéristiques pour produire du biocarburant. Les espèces environnantes sont sans doute celles qui se sont le mieux acclimatées aux conditions environnementales canadiennes. Y recourir minimiserait aussi les risques d’envahissement par une espèce exotique.

Pour beaucoup de gens, le mot « algue » n’évoque que de l’écume à la surface d’un étang. Voici le moment de chasser ces idées préconçues. En effet, les algues microscopiques ou unicellulaires renferment une huile semblable aux huiles végétales qui remportent déjà du succès comme biocarburant. Et cette huile pourrait bien être la solution la plus écologique qui soit pour alléger l’empreinte carbone que nous laissons dans l’environnement chaque fois que l’on saute dans son automobile, achète un fruit venu en camion de loin ou s’envole en avion.

Pourquoi l’huile des algues est-elle si écologique?

Activité scientifique pour les jeunes

Comparativement aux combustibles fossiles, l’huile des algues est une véritable bénédiction. Les premiers sont composés de carbone emprisonné dans le sol il y a des millions d’années. Lorsqu’on les brûle, ce carbone antédiluvien retourne dans l’atmosphère, ce qui en accroît la concentration. Les algues unicellulaires, en revanche, consument le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’air pour se multiplier. Le carburant qu’on en tire n’ajouterait donc rien aux émissions nettes de gaz carbonique.

À l’inverse d’autres sources de biocarburant comme le maïs, les algues microscopiques n’utilisent pas non plus de précieuses terres destinées à la production agricole. À vrai dire, au Canada, la solution idéale consisterait à cultiver les algues unicellulaires dans les eaux usées municipales, riches en fertilisants comme l’ammoniaque et les phosphates. Le carbone nécessaire à leur prolifération pourrait venir du dioxyde de carbone des cheminées d’usine. Aucun autre biocarburant ne pourrait être produit de la sorte.

Il n’y a que des avantages, et ce, sur de nombreux plans. Les algues unicellulaires transformeraient des résidus (le CO2, l’ammoniaque et les phosphates) en quelque chose d’utile (de l’huile, des aliments pour les animaux, des engrais). En outre, les gens pourraient acheter l’huile fabriquée localement.

Les algues microscopiques se multiplient si vite qu’on les récolte en l’espace de quelques semaines, alors qu’il faut des mois aux cultures servant à la fabrication de biocarburant pour parvenir à maturité. La cerise sur le gâteau : les algues donnent jusqu’à 20 fois plus d’huile!

Les algues : un combustible sans empreinte carbone

À la recherche d’une super algue

L’algue microscopique Botryococcus braunii que l’on trouve en eau douce est riche en huile. Les gouttelettes d’huile sont visibles dans les cellules.

L’algue microscopique Botryococcus braunii que l’on trouve en eau douce est riche en huile. Les gouttelettes d’huile sont visibles dans les cellules.

La production d’huile par les algues est néanmoins parsemée d’embûches, tant pour les ingénieurs que pour les aquiculteurs. Aucun manuel n’explique comment cultiver massivement les algues en vue de leur récolte. Pourtant, telle est précisément la méthode dont on aurait besoin pour que l’huile des algues devienne un carburant susceptible de remplacer de manière rentable une partie des 2,2 millions de barils de pétrole utilisés quotidiennement au Canada. Une fois les algues récoltées, il faut encore en extraire l’huile et la raffiner. Chaque étape exige des innovations au niveau de l’équipement et des méthodes de transformation à grande échelle. L’industrie a récemment mis au point un nouveau procédé qui convertit l’huile des algues unicellulaires en combustible utilisable dans l’aviation. Ce nouveau carburant a déjà fait l’objet d’essais sur des appareils commerciaux. « Nous savons donc qu’il est possible de fabriquer du carburant avec les algues, explique M. McGinn. La difficulté principale est d’en obtenir suffisamment. »

On peut cultiver et récolter les algues microscopiques dans des étangs ouverts. Photo : Seambiotic.

On peut cultiver et récolter les algues microscopiques dans des étangs ouverts. Photo : Seambiotic.

Que réserve l’avenir?

Selon M. McGinn, les difficultés sont de taille, mais le pronostic est bon. Son équipe n’est pas loin d’isoler quelques souches d’algues super productrices. Une fois qu’on les cultivera, les innovations se succéderont. Le chercheur s’attend à ce que les solutions techniques suivent rapidement. « Le carburant des algues unicellulaires pourrait devenir une solution viable dans cinq à dix ans, une réalité quotidienne dans une vingtaine d’années. » Fin

Algues unicellulaires 101

Les algues unicellulaires sont de minuscules organismes d’une cellule, uniquement visibles au microscope. Elles constituent une des plus anciennes formes de vie sur Terre et des fossiles font remonter leur apparition à il y a 3,5 milliards d’années. Les algues unicellulaires n’ont pas chômé durant cette longue association avec la planète. En effet, on leur doit la plus grande partie de l’oxygène présent dans l’atmosphère. En outre, parce qu’elles occupent le bas de la chaîne alimentaire, elles jouent un rôle primordial dans l’alimentation de presque tous les organismes. Assez impressionnant pour de minuscules végétaux microscopiques!

Les algues unicellulaires se caractérisent par une incroyable biodiversité. Jusqu’à présent, on en a recensé environ 35 000 espèces, et il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg (il pourrait en exister des millions). Omniprésentes et adaptables, les algues unicellulaires peuplent les eaux douces, saumâtres et salées, et tolèrent des conditions extrêmes allant de la neige et de la glace aux brûlantes sources thermales riches en minéraux.

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