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ARCHIVÉ - Fini le gaspillage

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Un projet auquel participent des chercheurs des secteurs public et privé vise à transformer les résidus agricoles et forestiers en nouveaux bioproduits qui diversifieront l'agriculture et la foresterie canadiennes.

L'industrie forestière canadienne cherche de nouvelles sources de revenus.

L'industrie forestière canadienne cherche de nouvelles sources de revenus.

Les scientifiques canadiens ne ménagent pas leurs efforts pour donner aux résidus agricoles et forestiers une deuxième vie sous la forme de produits plus écologiques.

Dans le cadre du Programme national sur les bioproduits canadien, des chercheurs poursuivent des expériences sur les résidus des cultures et du bois, dans l'espoir d'en tirer des produits durables sur le plan environnemental, qui revitaliseraient les industries agricole et forestière du Canada.

Leur matière première, la biomasse lignocellulosique, se compose de ce qui subsiste une fois qu'on a séparé « le bon grain de l'ivraie », ou le bois d'?uvre de l'écorce et des copeaux.

En fait, transformer les résidus du bois et des cultures en produits chimiques nous aiderait non seulement à nous affranchir de notre dépendance sur le pétrole, mais atténuerait aussi notre empreinte sur l'environnement et donnerait un coup de pouce à l'économie.

Baisse de la demande pour le papier journal

À une installation de FPInnovations à Pointe-Claire (Québec), un système de filtration par pression isole la lignine de la liqueur noire des papeteries.

À une installation de FPInnovations à Pointe-Claire (Québec), un système de filtration par pression isole la lignine de la liqueur noire des papeteries.

Ce sont les pressions du marché qui motivent ces recherches. En effet, en l'espace de 10 ans, la demande de papier journal – un produit fait des copeaux résultant de la préparation du bois d'?uvre – a baissé environ de moitié pour plafonner à six millions de tonnes annuellement, selon les estimations de John Schmidt, de FPInnovations, à Pointe-Claire (Québec), codirecteur du projet. (FPInnovations est l'organisme de recherche et de développement sans but lucratif de l'industrie forestière.) Les scieries, et les collectivités qui dépendent d'elles un peu partout au Canada, ont durement encaissé le coup.

« À présent, l'industrie cherche de nouvelles sources de revenus », explique-t-il.

Entre-temps, l'escalade du prix du pétrole pousse les fabricants de produits chimiques à trouver des solutions de rechange rentables et écologiques aux ingrédients pétroliers qu'ils utilisent. De leur côté, les agriculteurs comme l'industrie forestière explorent de nouveaux débouchés pour de précieux sous-produits tels la paille de blé et les copeaux de bois. Toute nouvelle application doit néanmoins justifier le coût de la collecte de la biomasse et de son transport jusqu'à l'usine qui la transformera – un résidu n'est pas nécessairement gratuit, pas plus qu'il ne constitue un déchet.

L'objectif de ce projet du Programme national sur le bioproduits est de découvrir des utilisations à plus forte valeur ajoutée pour cette biomasse. Plusieurs équipes de recherche du CNRC ont uni leurs talents pour s'attaquer à divers volets du projet, de concert avec Agriculture et Agroalimentaire Canada et FPInnovations. Les rôles du CNRC sont variés. Il concourra notamment à identifier le type idéal de lignine pour une application spécifique grâce à des techniques d'analyse très pointues, ou se servira de nanomatériaux pour rehausser les propriétés des nouveaux bioproduits.

« Personne n'a la réponse à toutes les questions, avoue M. Schmidt. Collaborer signifie que nous trouverons des usages commerciaux pour ces résidus beaucoup plus vite. »

Les scientifiques du CNRC Jalal Hawari (à gauche) et Behzad Ahvazi participent à la création d'une nouvelle colle à base de lignine pour la fabrication du contreplaqué.

Les scientifiques du CNRC Jalal Hawari (à gauche) et Behzad Ahvazi participent à la création d'une nouvelle colle à base de lignine pour la fabrication du contreplaqué.

Plus de bois dans le contreplaqué

Avec le concours des scientifiques de FPInnovations, les équipes du CNRC que pilotent Jalal Hawari et Benoît Simard ont jusqu'à présent réussi à ajouter du bois? au bois! Ils ont extrait un agent de liaison naturel des résidus ligneux (la lignine) et s'en servent à la place d'une colle dérivée du pétrole pour fabriquer du contreplaqué. De petits prototypes ont déjà été réalisés avec succès en laboratoire. La prochaine étape consiste à établir si on peut répéter ce succès à l'échelle industrielle. Pour le savoir, les chercheurs profiteront des relations que la division Forintek de FPInnovations entretient avec les fabricants de contreplaqué afin d'effectuer des essais.

Ailleurs, on s'efforce de voir s'il est possible de transformer les sucres présents dans les résidus forestiers en bioproduits. On en ferait des « composés chimiques polyvalents », c'est-à-dire les éléments à la base de la fabrication de plastiques industriels comme le nylon, de l'éthanol qui fait rouler les véhicules, du carburant d'aviation pour les avions, même du combustible diesel destiné aux tracteurs et à l'équipement forestier qui récoltent la paille et le bois en premier lieu.

« L'industrie chimique laisse entrevoir un énorme potentiel économique pour l'agriculture et le secteur forestier », conclut M. Schmidt. End

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