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ARCHIVÉ - De la fibre de verre aux biofibres

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Les recherches montrent qu'on peut comprimer et mouler les résidus de la production d'aliments et de l'exploitation forestière pour en faire des pièces d'automobiles, des composants d'avions et des matériaux de construction plus légers – moins onéreux et aussi robustes que le fibre de verre.

Plant de lin.

Plant de lin.

Quand Adrien Pilon contemple un champ de lin, il voit beaucoup plus qu'une récolte agricole « dansant » dans le vent.

Ce chercheur du CNRC voit un avenir plus léger.

À la tête d'une équipe de scientifiques qui se penche sur les usages potentiels des fibres naturelles, il ne s'arrête guère au charme campagnard d'une telle scène. Il y voit plutôt une source durable d'« écomatériaux » d'où sortira une toute nouvelle génération de panneaux de carrosserie automobile et de composants d'aéronefs plus légers, mais aussi des mousses, des adhésifs, des agents d'étanchéité et des revêtements écologiques.

L'équipe s'intéresse aux matériaux faits de fibres naturelles du chanvre et du lin, un oléagineux. Les essais initiaux révèlent qu'on peut comprimer les résidus des cultures destinées à l'alimentation (la cellulose et la lignine), puis les mouler pour en tirer un vaste assortiment de pièces d'automobile, de composants d'avions à réaction ou de matériaux de construction plus légers, moins onéreux et pourtant aussi robustes que leurs équivalents en fibre de verre.

Le linoléum à base d'oléagineux sert à fabriquer des composites naturels plus légers pour les avions et les automobiles.

Le linoléum à base d'oléagineux sert à fabriquer des composites naturels plus légers pour les avions et les automobiles.

Parallèlement, la fabrication de tels matériaux exige moins d'énergie. Et qui dit véhicule plus léger - qu'il s'agisse d'une automobile ou d'un avion, dit moins de carburant, ce qui ne peut être que bénéfique pour l'environnement.

« Il suffirait qu'on remplace 3,5 kilos de fibre de verre par des fibres naturelles dans chaque voiture construite en Amérique du Nord pour qu'on réduise les émissions de gaz à effet de serre d'un demi à un million de tonnes par année », affirme M. Pilon, qui orchestre les efforts du Programme national sur les bioproduits du Canada sur la question.

Les écomatériaux sont également biodégradables ou recyclables par définition. Quand une automobile arriverait à la fin de sa vie utile, ses pièces seraient donc broyées et réutilisées. Elles ne rouilleraient plus dans un cimetière de voitures ou n'auraient plus besoin d'être enfouies au dépotoir.

Les entreprises canadiennes s'écologisent

Devant l'intérêt grandissant pour un Canada moins dépendant du pétrole, le secteur privé se tourne du côté de l'écologisation.

La société Novik de St-Augustin-de-Desmaures, au Québec, par exemple, a prié le CNRC de l'aider à mettre au point de nouveaux produits et procédés pour le secteur du bâtiment. Novik se spécialise dans les matériaux pour toiture et le bardage en polymère qui imitent l'ardoise et d'autres variétés de pierre. L'entreprise, qui utilise un polymère dérivé du pétrole, espère bientôt le remplacer par un substitut écologique inventé au CNRC.

François Bouchard, directeur de la recherche et de la conception en ingénierie chez Novik, mise sur le développement de nouveaux produits pour permettre à la compagnie d'accroître ses ventes en Europe, où l'environnement pèse lourd sur le marché. Avec le temps, il est persuadé que le créneau des produits écologiques prendra également de l'expansion en Amérique du Nord, ce qui rapprochera les débouchés de l'entreprise.

Vue aérienne d'un champ en floraison.

Vue aérienne d'un champ en floraison.

Une bénédiction pour les régions rurales

Selon Daniel Babineau, directeur principal de Lanaupôle Fibres, les entreprises des grandes villes ne seront pas les seules à profiter de telles occasions. Il croit que l'érection d'usines qui conditionneront les écomatériaux près de la source même des matières premières revitalisera les communautés rurales.

C'est pour étudier cette possibilité que son entreprise s'est associée au Programme national sur les bioproduits et bâtit une usine expérimentale de traitement des biofibres. Le CNRC a commandé cinq machines de traitement enzymatique pour un site à 30 minutes de Montréal, dans la région de Lanaudière.

L'objectif consiste à transformer assez de paille de chanvre en fibres de qualité pour les recherches du Conseil et pour évaluer l'utilité de ce produit en tant qu'écomatériau. Le géant de l'aviation Boeing compare déjà l'utilité d'une étoffe tissée de lin à son équivalent en fibre de verre, dans l'intention de s'en servir dans ses avions. M. Babineau est convaincu que le projet dynamiserait l'économie régionale, car il rapprocherait les compagnies se spécialisant dans les diverses applications des fibres, les producteurs et les fournisseurs de fibres.

Entre-temps, à New Minas, en Nouvelle-Écosse, le CNRC aide BioVision Technology inc. à faire les preuves d'une technologie exclusive qui convertit la cellulose et la lignine en biomatériaux appelés à remplacer les dérivés du pétrole entrant dans la fabrication des plastiques et de la fibre de verre. Pour la présidente de Biovision, Anne Franey, l'idée est de trouver à ces dérivés une solution de remplacement durable qui ne laissera pas une trop grande empreinte carbone. End

Naturellement verts

Recourant à la pâte de bois issue de l'exploitation forestière et aux résidus agricoles des usines de transformation du lin, les scientifiques canadiens ont mis au point des « écomatériaux » capables de remplacer les produits dérivés classiques du pétrole employés dans les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale et du bâtiment. Les travaux s'effectuent dans le cadre du Programme national sur les bioproduits, auquel participent des chercheurs de Ressources naturelles Canada, d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, de plusieurs laboratoires du CNRC ainsi que divers partenaires industriels et universitaires.

Les écomatériaux seraient bénéfiques à la fois à l'environnement et à l'économie. En effet, non seulement ils valoriseront les forêts et les cultures canadiennes – tout en atténuant le problème épineux de l'élimination des déchets, mais ils aideront aussi les entreprises et les particuliers à réduire leur empreinte environnementale.

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