Un puissant appareil permet aux chercheurs de Halifax d'en apprendre davantage sur la mécanique des cellules humaines, ce qui devrait donner de meilleurs outils de diagnostic pour les maladies.
Pour une automatisation à fort débit, le SampleJet stocke 5 râteliers de 96 puits d'essai et 30 éprouvettes indépendantes à 4 °C. Un robot manipule chaque échantillon, ce qui automatise entièrement les opérations, y compris le préchauffage. L'affichage dans le coin supérieur droit indique que l'échantillon 13 est dans la bobine.
Les chercheurs du CNRC recourent à un nouvel appareil de spectroscopie ultra sophistiqué pour mieux diagnostiquer le cancer de la thyroïde, l'obstruction du canal urinaire et d'autres problèmes médicaux.
Logé à l'Institut des biosciences marines du CNRC (IBM-CNRC) de Halifax, l'appareil de 2,9 millions de dollars est le spectromètre à résonance magnétique le plus sensible au monde pour les petits échantillons, estime John Walter, de l'Institut. Grâce à lui, les universités, les services de santé et les entreprises en sciences de la vie de la Nouvelle-Écosse verront comment les médicaments et d'autres molécules interagissent avec les cellules humaines, ce qui accélérera l'élaboration de nouveaux tests diagnostiques et traitements.
La spectroscopie à résonance magnétique (RM) est une technique non invasive et peu énergivore qui permet d'étudier les biomolécules, mécanique des cellules humaines. « Les renseignements qu'elle fournit sur les structures moléculaires ne pourraient être obtenus autrement, déclare le chercheur. Notre instrument est le plus puissant spectromètre RM à haute résolution des provinces de l'Atlantique. Il est environ 50 fois plus sensible que son prédécesseur. Automatisé, il peut traiter 480 échantillons. »
L'appareil a été acquis avec l'aide de l'Université Dalhousie et de 36 entreprises et chercheurs en sciences de la vie locaux pour l'Installation de résonance magnétique biomoléculaire de l'IBM-CNRC. Il complète une série de technologies RM qui produiront des données moléculaires détaillées, de l'imagerie préclinique ou des diagnostics humains. « Il nous permettra d'examiner de nombreux composés et systèmes biomoléculaires qui échappaient aux appareils antérieurs », explique M. Walter.
Les échantillons sont placés sur un support bleu avec un profondimètre translucide afin que chacun se retrouve exactement au centre de la bobine.
Le CNRC recourra notamment à la spectroscopie RM pour déterminer ce qui distingue les tumeurs malignes des nodules bénins dans la thyroïde. « Pour l'instant, on opère tous ceux qui présentent des nodules, même si 80 % des interventions sont inutiles, ajoute Ray Syvitski, de l'IBM-CNRC. Nous cherchons des marqueurs biochimiques qui identifieront les cas justifiant une opération et ceux qui n'en ont pas besoin. »
Avec l'appareil RM, le CNRC étudiera aussi l'obstruction partielle du canal urinaire chez les enfants, en tandem avec l'IWK Health Centre de Halifax. Ce problème, qui affecte entre 1 et 2 % des enfants, empêche l'urine d'aller des reins à la vessie. L'objectif est d'identifier les marqueurs liés à une telle obstruction. « Nos collaborateurs voudraient élaborer un test non invasif qui indiquera si l'obstruction disparaîtra d'elle-même ou s'il faut procéder à une intervention », précise M. Walter.
Nadine Merkley (à gauche) place une éprouvette à l'aide du profondimètre pendant que Tobias Karakach (au centre) discute des contraintes du test avec Ray Syvitski.
Les chercheurs de l'Université Dalhousie affiliés à l'entreprise américaine Neuro-Hitech inc. souhaitent utiliser le spectromètre du CNRC pour les guider dans la création de nouveaux médicaments destinés à traiter des affections comme la maladie d'Alzheimer et l'épilepsie. Ils modéliseront d'abord sur ordinateur les composés prometteurs susceptibles de s'associer aux récepteurs connus du cerveau. Après les avoir synthétisés, « l'entreprise se propose d'utiliser le spectromètre RM pour s'assurer que le composé se lie bien aux récepteurs », poursuit M. Walter. L'appareil déterminera aussi quelle partie du composé s'attache au récepteur, de sorte que l'entreprise pourra établir si la modélisation informatique fonctionne ou pas.
La Nouvelle-Écosse, particulièrement Halifax, est de plus en plus réputée pour son savoir-faire en sciences de la vie. Environ 55 entreprises technologiques ou menant des travaux de R-D se sont établies dans la province et investissent plus de 110 millions de dollars annuellement.
L'IBM-CNRC met son Installation de résonance magnétique biomoléculaire (IRMB) à la disposition des chercheurs du secteur de la santé, des entreprises et des universités des Maritimes. L'Institut en permet l'utilisation directe, ou la saisie des données par un de ses spécialistes. Pour en savoir plus, on communiquera avec Ray Syvitski à Ray.Syvitksi@cnrc-nrc.gc.ca. ![]()