Le 25 octobre 2011 — Ottawa, Ontario
Le Conseil national de recherches du Canada a mis en service une soufflerie aérodynamique qui permettra aux constructeurs d’aéronefs de mesurer le bruit que génère le train d’atterrissage. Unique au Canada, cette installation aidera les constructeurs d’avions de ligne à respecter les normes internationales relatives au bruit, lesquelles sont de plus en plus rigoureuses.
Une des huit souffleries qu’exploite le CNRC à Ottawa a été dotée d’un revêtement insonorisant et équipé de technologie de pointe pour la mesure du bruit. Capable d’accommoder un train d’atterrissage, cette soufflerie peut simuler le régime des vents au moment du déploiement du train et en approche, et générer un vent d’une vitesse pouvant atteindre 150 nœuds. Les experts en aérodynamique du CNRC démontent le train d’atterrissage et le remontent une pièce à la fois, mesurant le bruit que produit le vent circulant autour de chaque composant et l’interaction entre les éléments. Cette recherche a pour but d’orienter les constructeurs d’aéronefs vers une conception particulière des composants qui permettra de réduire leur incidence sonore.
Il est désormais possible d’effectuer des essais pour mesurer le bruit que produit un train d’atterrissage dans des conditions de vol simulé. Les essais sont effectués dans une soufflerie aérodynamique de 2 m × 3 m située dans les laboratoires de CNRC Aérospatiale à Ottawa.
Le Groupement Aéronautique de Recherche et Développement en environnement (GARDN), un organisme établi par le gouvernement fédéral, est le fer de lance de cette recherche. Cette organisation est en fait un réseau de centres d'excellence réunissant des partenaires industriels, universitaires et gouvernementaux. Bombardier Aerospace, Bell Helicopter, Pratt & Whitney Canada et CMC Electronics sont parmi les partenaires qui avec neuf universités travaillent en collaboration avec le CNRC pour aider l’industrie aéronautique à produire des avions plus écologiques.
L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et la NASA par le biais de son Programme Environmentally Responsible Aviation (ERA) définissent les paramètres de la réglementation ainsi que les objectifs et les limites. Au cours de la prochaine décennie, l’objectif de la réglementation sera de réduire le bruit des avions de 32 décibels par rapport à la norme actuellement en vigueur.
Jusqu’à récemment, l’industrie s’était principalement attachée à mesurer et à réduire le bruit produit par les moteurs d’avion. Ainsi, un taux de dilution plus élevé, l’utilisation de matériau acoustique et les techniques de conception des nacelles ont permis aux avions de ligne à turboréacteurs à doubles flux et aux jets d’affaires de devenir progressivement moins bruyants afin d’atteindre les objectifs de plus en plus sévères de réduction du bruit.
Pourtant, un fait peu connu est que la cellule d’un aéronef produit également beaucoup de bruit issu des turbulences que crée l’écoulement de l’air autour du train d’atterrissage, du logement du train, des volets hypersustentateurs et des becs de bord d’attaque.
« Le courant turbulent autour du train d’atterrissage produit une portion importante de l’ensemble du bruit que génère un avion à l’approche du sol. » a indiqué Stuart McIlwain, chef du groupe de recherche en aérodynamique sur les aéronefs à voilure fixe du CNRC.
« Nous avons adapté une de nos souffleries de manière à pouvoir mesurer le bruit provenant du train d’atterrissage parce que la conformité aux exigences de l’étape 4 nécessitera la mesure de l’ensemble de l’empreinte sonore de l’aéronef, et non pas simplement la mesure du bruit du moteur. »
En combinant une multitude de paramètres d’essai, CNRC Aérospatiale, en collaboration avec un important avionneur, a mis à l’essai un train d’atterrissage de grandeur réelle.
« Nous avons examiné séparément les jambes et les essieux de train d’atterrissage, mais aussi l’interaction entre ces éléments, précise Jerry Syms, chercheur en aéroacoustique. Le bruit généré par la contrefiche longitudinale/la jambe et les trappes du train d’atterrissage principal, les conduites de freins, le logement de train et les autres éléments était suffisamment important pour mériter notre attention. »
« Notre travail consiste à trouver la source du bruit et à suggérer des moyens de l’atténuer, ajoute McIlwain. Les FEO peuvent soumettre une demande de certification de leurs solutions respectives selon les normes de l’OACI. »
Les fabricants d’équipement d’aéronefs peuvent désormais se prévaloir des services du CNRC pour ce type d’évaluation acoustique.
Reconnu mondialement pour ses travaux de recherche et son innovation, le CNRC est le chef de file du développement d'une économie du savoir novatrice au Canada. Le laboratoire d’aérospatiale du CNRC est le laboratoire national d’aérospatiale du Canada, appuyant l’industrie canadienne et internationale par la recherche et le développement de technologie dans des domaines comprenant la conception, la fabrication, la performance, l'utilisation et la sécurité des appareils aérospatiaux.
Manya Chadwick
Agente de communication
CNRC Aérospatiale
Conseil national de recherches Canada
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