Le 28 août 2011 — Saskatoon, Saskatchewan
Des chercheurs canadiens ont aidé à séquencer une partie du génome du canola, la culture principale d’oléagineuses du Canada. Les résultats de cette collaboration internationale seront publiés au cours du prochain mois dans la revue scientifique à comité de lecture intitulée Nature Genetics.
La détermination de la séquence d’ADN des cultures permet aux chercheurs de comprendre les mécanismes de la plante et de déterminer les positions relatives des gènes à traits intéressants. Ces informations pourront ensuite être utilisées par des phytogénéticiens pour développer, pour les agriculteurs canadiens, des cultures qui résistent mieux à la maladie, tolèrent mieux la sécheresse, sont plus aptes pour l’emplacement géographique et détiennent un rendement supérieur.
Des chercheurs du Conseil national de recherches Canada (CNRC) et de Agriculture et agroalimentaire Canada (AAC) ont contribué à un consortium international qui a réussi à séquencer le génome de Brassica rapa (B. rapa), parfois connu sous le nom de la « navette». Tout comme un grand nombre de plantes modernes, le canola a été formé à partir d’un événement d’hybridation entre deux espèces souches, dont l’une est B. rapa.
Brassica est un groupe de plantes de la famille de la moutarde, dont certains membres sont le canola et les cultures végétales comme le navet, le brocoli et le chou chinois. Cette famille de plantes est cultivée à la fois pour des fins alimentaires (dont les racines, les tiges, les feuilles et les fleurs) et pour les graines riches en huile. L’initiative canadienne cherche à produire des séquences génomiques pour chacune des espèces ancestrales Brassica ayant mené au développement des cultures oléagineuses principales du marché : le canola, la moutarde et la moutarde d’Éthiopie (voir l’illustration). Cela améliorera la façon dont les chercheurs comprennent les gènes clés et mènera, en bout de ligne, au développement de nouvelles variétés plus productives et profitables.
Le fait d’avoir complété le génome de B. rapa constitue un jalon important dans la génomique des cultures à l’échelle mondial.
L’Initiative canadienne de séquençage du génome du canola (CanSeq) est animée par le CNRC et l’AAC, et rassemble Genome Alberta ainsi que neuf partenaires privés de partout au monde. Les données générées par CanSeq pour B. rapa ont contribué au consortium pour le projet de séquençage du génome de B. rapa, mené par l’Institut des légumes et fleurs de Beijing et BGI-Shenzhen en Chine.
Grâce aux progrès au niveau des technologies de l’ADN, le génome de B. rapa a été effectué en moins de deux ans, et pour moins de 1 million de dollars (CDN). Pour faire contraste, lorsque le séquençage du génome humain a été terminé en 2003, ce fut le résultat de 13 ans de travail, à un coût d’environ 2,7 milliards de dollars (US).
Le canola (B. napus) est la culture oléagineuse la plus rentable au Canada, et rapporte plus de 13,8 milliards de dollars annuellement à l’économie canadienne. Elle a d’abord été développée comme culture au cours des années 1970 grâce à des contributions importantes en recherche de la part d’AAC, de l’Université du Manitoba et du CNRC. Brassica rapa est encore cultivée comme oléagineuse au Canada parce qu’elle peut croître dans les régions ayant une saison de croissance limitée, par exemple dans la région de Peace River, en Alberta.
