Le 4 janvier 2011 — Ottawa, Ontario
À l’aube du 21 juillet 2007, un immeuble à logements de quatre étages en construction à Edmonton prenait feu. Moins de 10 minutes plus tard, les pompiers étaient sur les lieux, mais les flammes s’étaient déjà propagées aux propriétés voisines. La conflagration devait raser 18 maisons en rangée et en endommager plus de 70 autres, mais aucune vie n’a été perdue.
Par bonheur, les incendies aussi dévastateurs sont rares et ils pourraient le devenir davantage dans les nouveaux quartiers bâtis selon les exigences du Code national du bâtiment – Canada 2010 (CNB). En effet, la plus récente édition du Code, publiée par le CNRC, intègre plusieurs mesures qui empêcheront le feu de se propager d’une demeure à l’autre.
Photo : Gracieuseté des services d’incendie d’Edmonton
« Les terrains coûtent si cher que les maisons ont tendance a être construites très près les unes des autres », déclare Philip Rizcallah du Centre canadien des codes, au CNRC. « Malheureusement, rapprochez trop des habitations les unes des autres, et vous courez le risque d’en voir plus d’une partir en fumée quand un incendie se déclare, à moins que des mesures de protection ne soient mises en oeuvre. Protéger les murs de chaque habitation demande peu d’efforts et d’argent et atténue le danger de voir le feu se propager »
Le Code national du bâtiment – Canada 2010 est l’un des trois codes modèles nationaux publiés par le CNRC, avec le Code national de prévention des incendies et le Code national de la plomberie. Les codes modèles sont élaborés au terme de vastes consultations et reflètent le consensus des secteurs concernés du milieu de la construction (organismes de réglementation, concepteurs, constructeurs, fournisseurs, chercheurs et grand public).
Le CNRC ne publie que des codes modèles, le secteur de la construction tombant sous la juridiction des provinces et des territoires. La plupart des provinces et territoires les adoptent tels quels, ou y apportent très peu de modifications, d’autres les adaptent en fonction des particularités régionales avant de les publier comme si c’était les leurs. Plus sur les codes.
Selon M. Rizcallah, le CNB de 2005 incluait déjà diverses exigences visant à réduire les risques qu’un incendie ravage plusieurs habitations, mais le nouveau Code va plus loin. Ainsi, la distance entre des maisons voisines pourrait devoir être élargie en fonction d’un des critères que voici :
Le nouveau Code du bâtiment se montre plus sévère quant au nombre et à l’emplacement des baies non protégées sur le mur des habitations situées à moins de deux mètres de la limite de propriété.
M. Rizcallah insiste sur le fait que le nouveau Code n’empêchera pas les entrepreneurs de construire des bâtiments très rapprochés. « On peut bâtir une maison directement sur la limite de propriété si le mur est aveugle, explique-t-il. Rien non plus n’interdit au promoteur d’ériger une deuxième habitation le long de cette ligne, de telle sorte que les deux maisons se touchent. » Cependant plus deux habitations sont près l’une de l’autre sans se toucher et plus les restrictions se multiplient en ce qui a trait au nombre et aux dimensions des fenêtres, ainsi qu’aux matériaux employés.
Les nouvelles mesures de protection contre le feu du Code national du bâtiment – Canada 2010 reposent en partie sur les recherches effectuées au CNRC. Ces photos montrent les expériences sur le feu réalisées à l’échelle, sur les murs d’une habitation de deux étages. Dans chaque cas, le mur pourvu d’une fenêtre faisait face à un second, une distance précise séparant les deux. Les chercheurs ont étudié l’extension des flammes sortant de la fenêtre ainsi que l’incidence de l’avant-toit sur la propagation du feu.
« Ces changements ne réduisent pas les risques qu’un feu se déclare, précise M. Rizcallah, mais plus il y aura d’habitations conformes au Code national du bâtiment de 2010 et moins d’incendies pourraient s’étendre à de nombreuses maisons. »
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